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Bonjour | 02/12/2008 12:06 | English Make DC Home page | RSS feed

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Conflit de compétence éclaté entre l’OCC et le ministère de l’Economie autour de la saisie de 6.000 T de riz importé de Chine. Le ministère rejette et annule la décision de l’office congolais de contrôle déclarant le lot de riz concerné impropre à la consommation. L’affaire avait tout l’air d’un fait divers. Il commence, au fil du temps, à porter les germes d’un conflit de com­pétence entre une entreprise publique et sa tutelle tech­nique. La saisie, par l’Office congolais de contrôle au port de Boma, de 6.000 tonnes de riz a pris une autre tournure. Une correspondance du ministre de l’Econo­mie et Commerce, datée du samedi 16 août 2008, l’oblige à libérer ce lot dans les 48 heures.

L’interdiction par l’OCC de libérer près de 6.000 tonnes de riz importés de la Chine par Congo Futur continue à défrayer la chronique. On en re­parle, bien sûr, à la suite de la der­nière correspondance du ministre de l’Economie et du Commerce, An­dré Philippe Futa, adressée en date du 16 août 2008 à l’adminis­trateur délégué général de l’OCC, M. Kasongo Mukonzo.

Le ton de cette énième cor­respondance du ministre André- Philippe Futa tutelle technique de cette entreprise publique, traduit toute la nébuleuse qui entoure dé­sormais cette affaire. Y aurait-il une “ main invisible ” derrière l’entêtement de l’OCC à se sou­mettre aux instructions de sa hié­rarchique ? La question est désor­mais dans toutes les livres.

Dans sa correspondance, le ministre de l’Economie et Commerce note avoir reçu copie de la lettre adressée à l’OCC par l’avo­cat-conseil de l’importateur, lettre par laquelle ce cabinet d’avocat souligne que “ son client n’a pas encore eu accès au riz qu’il a importé.

“ Si j’ai bien compris, poursuit le ministre, vous n’avez pas encore à ce jour, exécuté ladite instruction ayant trait à la levée de la mesure de saisie de ce riz pour sa mise en consommation ”.  Réaffirmant son instruction, c’est-­à-dire celle de libérer les 6.000 ton­nes de riz saisis à Boma, André Philippe Futa conclut sa correspon­dance en ces termes : “ Il me revient de vous saisir pour que vous le récupériez à vos services provinciaux du Bas-Congo et ce, dans les 48 heures ouvrables, dès réception de la présente et de m’en faire un rapport complet et précis ”. C’est tout dit.

Atténuer les tensions

Le feuilleton dans lequel se trouvent désormais associés l’OCC et sa tutelle technique n’est pas de nature non seulement à sécuriser les opérateurs économi­ques, mais surtout de raffermir l’image de marque de cette entre­prise publique, spécialisée notam­ment dans le contrôle de qualité de tous les produits mis en vente en RDC. Et, le drame est que l’OCC n’est pas à sa première erreur dans ses évaluations de qualité des produits alimentaires à l’im­portation. Ne serait-ce pour  cette raison, et bien d’autres d’ailleurs, que le gouvernement se serait ré­solu à détacher de ses attributions toutes les activités liées à la douane pour les confier dorénavant à l’Of­fice des douanes et accises. On n’est pas bien loin de cette hypo­thèse.

En mai 2008, Congo Futur importait 6.000 tonnes de riz chi­nois ex-Solvenia, ce riz a été réceptionné à Boma. Dès leur arri­vée, les 112.000 sacs sont restés dans les entrepôts Onatra du Port de Boma, l’OCC a déclaré préci­pitamment ce riz impropre à la consommation se basant sur la co­loration de ce riz. Exerçant son re­cours à la tutelle technique, Congo Futur a obtenu du ministère de l’Economie nationale et du Com­merce extérieur, la contre- exper­tise.

Deux laboratoires congolais, à savoir l’Inera et le CRAA ont été désignés par le ministre pour effectuer cette contre-exper­tise avant toute décision. L’Inera s’est déclaré incompétent de mener des analyses demandées. Par contre, les experts du Craa, dépêchés depuis Lubumbashi pour le prélèvement des échantillons ont confirmé après diverses analyses le caractère propre à la consommation de ce riz. Entre­-temps, le ministre de l’Economie avait également sollicité de Bivac International une contre-vérifica­tion du même riz.

Bivac, n’ayant pas de labo­ratoire, a recouru au laboratoire spécialisé des analyses du riz basé à Aries en France (Labotoriz). Qu’il s’agisse du CRAA et du Labotoriz, des analyses microbiologiques, physicochimiques et organoleptiques ont déclaré le riz propre à la consommation humaine en dépit de sa coloration. Il faut en même temps, si­gnaler que ce riz provenant du même lot et du même navire, a été fourni dans trois pays frontaliers et rien n’a été signalé, commente-­t-on dans les couloirs du ministère de l’Economie. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, du Sierra Leone et de Gui­née/Conakry. Dans tous ses pays, rapporte-t-on, ce riz n’a causé aucun dégât pour que l’OCC puisse prétendre protéger la popu­lation contre une cargaison de riz impropre. Espérons que la dernière correspondance du ministre de l’Economie nationale et Com­merce extérieur  permettra le dé­nouement définitif de cette affaire.

(Th)

Faustin K./Le Potentiel

Last edited: 19/08/2008 17:00:11

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