La balle extraite de la tempe du défunt Daniel Botethi Loleke pose problème. Médecin légiste de Kinshasa, Dr Nzuzi (doyen des médecins légistes de Kinshasa) doute de sa provenance. Ceci, du fait qu’elle n’a subi aucune déformation, comme si elle a traversé du tissu mou. Ce qui, scientifiquement, est inadmissible pour une balle qui a traversé la voûte crânienne.

Lundi 18 août, l’audience du procès qui oppose devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema le ministère public et les parties civiles aux meurtriers présumés du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, a été consacrée à l’audition du commandant de district, le lieutenant-colonel Kanyama, du médecin légiste de Kinshasa et de l’embaumeur de la Clinique Ngaliema. Tous les trois étaient appelés à titre de renseignant. Le premier sur demande de la partie civile Botethi, et les deux autres sur celle des avocats de la défense.
En résumé, l’inspecteur Kanyama a éclairé le tribunal sur les conditions d’arrestation des prévenus Patrick Mwewa et Kady Munga, ainsi que sa rencontre avec le garde du corps Kankonde wa Kankonde, après, l’embuscade. Cette nuit-là, a-t-il dit, Patrick Mwewa s’est d’abord présenté comme étudiant. C’est par après qu’il avouera faire partie de la bande. Raison donnée, pour les événements du 5 au 6 juillet: Patrick Mwewa avait affirmé qu’ils avaient tenté d’escroquer, mais leur mission avait capoté à cause de la résistance du garde du corps.
Concernant Kady Mununga, il avait été pris à l’issue d’une autre embuscade tendue à Binza/Upn. C’est ce dernier qui leur a indiqué là où il avait caché l’arme FA enroulée dans un imperméable. Ceci, avec promesse de témoigner sur le meurtre du député Botethi. L’inspecteur Kanyama a déclaré que la nuit du crime, il avait d’abord envoyé ses éléments faire le ratissage. Il est revenu sur l’avenue Haute-Tension à 5H00”, après avoir d’abord entendu sommairement le garde du corps et le prévenu Patrick Mwewa.
Au cours de l’audience d’hier lundi 18 août, le renseignant à avoir attiré le plus d’attention a été le Dr. Nzuzi. Ce médecin légiste a révélé au tribunal que la balle présentée par le ministère public a été extraite de la tempe du défunt par l’embaumeur. Ce qui ne relevait pas des attributions de ce dernier. C’est pourquoi, il n’a pu procéder à un examen approfondi du corps, ni faire l’autopsie. Tâche devenue difficile, du fait que toutes les blessures de la tête étaient déjà nettoyées et suturées.
Même en examinant les photos prises avant le transfert du corps à la morgue, Dr Nzuzi a déclaré qu’il lui était difficile de distinguer l’orifice d’entrée et l’orifice de sortie de la balle. Raison pour laquelle, il avait blâmé l’embaumeur qui avait outrepassé ses devoirs. Mais le plus important est le doute soulevé par ce médecin légiste assermenté; il a déclaré qu’après avoir examiné cette balle, il est étonné de remarquer qu’elle n’a subi aucune déformation. Elle est restée presque intacte. Même sa pointe n’est pas endommagée. Ce qui est impossible scientifiquement, pour une balle qui a traversé la voûte crânienne.
A propos de l’acte posé par l’embaumeur, Dr Nzuzi a déclaré qu’en pareils cas, les militaires s’imposent. Il est donc difficile de résister. Mais selon l’embaumeur, il avait remarqué la présence de la balle quand il faisait le massage. C’est ainsi que deux membres de la famille du défunt, ainsi qu’un capitaine qui les accompagnait, l’avaient autorisé de l’extraire. Il l’a fait sur simple pression des doigts. Il n’y a pas eu d’incision.
Mais selon les avocats de la défense, cette balle n’a pas été extraite du corps. Elle a été plutôt ajoutée. Là, le ministère public a dit au tribunal que par le fait que le médecin n’ait pas procédé à l’autopsie, il n’a pas suffisamment d’éléments. Il y a eu deux balles à la tête. La première est sortie.
Mais la deuxième n’a pas traversé la voûte crânienne.
(Ern.)Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
Last edited: 19/08/2008 17:18:22