Lundi 18 août, l’audience du procès qui oppose devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema le ministère public et les parties civiles aux meurtriers présumés du vice-pré­sident de l’Assemblée provin­ciale de Kinshasa, a été consa­crée à l’audition du commandant de district, le lieutenant-colonel Kanyama, du médecin légiste de Kinshasa et de l’embaumeur de la Clinique Ngaliema. Tous les trois étaient appelés à titre de renseignant. Le premier sur demande de la partie civile Botethi, et les deux autres sur celle des avocats de la défense.

En résumé, l’inspecteur Kanyama a éclairé le tribunal sur les conditions d’arrestation des prévenus Patrick Mwewa et Kady Munga, ainsi que sa ren­contre avec le garde du corps Kankonde wa Kankonde, après, l’embuscade. Cette nuit-là, a-t-il dit, Patrick Mwewa s’est d’abord présenté comme étudiant. C’est par après qu’il avouera faire partie de la bande. Raison donnée, pour les événe­ments du 5 au 6 juillet: Patrick Mwewa avait affirmé qu’ils avaient tenté d’escroquer, mais leur mission avait capoté à cause de la résistance du garde du corps.

Concernant Kady Mununga, il avait été pris à l’is­sue d’une autre embuscade tendue à Binza/Upn. C’est ce der­nier qui leur a indiqué là où il avait caché l’arme FA enroulée dans un imperméable. Ceci, avec pro­messe de témoigner sur le meurtre du député Botethi. L’inspec­teur Kanyama a déclaré que la nuit du crime, il avait d’abord envoyé ses éléments faire le ra­tissage. Il est revenu sur l’ave­nue Haute-Tension à 5H00”, après avoir d’abord entendu som­mairement le garde du corps et le prévenu Patrick Mwewa.

Au cours de l’audience d’hier lundi 18 août, le rensei­gnant à avoir attiré le plus d’at­tention a été le Dr. Nzuzi. Ce médecin légiste a révélé au tri­bunal que la balle présentée par le ministère public a été extraite de la tempe du défunt par l’embaumeur. Ce qui ne relevait pas des attributions de ce dernier. C’est pourquoi, il n’a pu procé­der à un examen approfondi du corps, ni faire l’autopsie. Tâche devenue difficile, du fait que tou­tes les blessures de la tête étaient déjà nettoyées et suturées.

Même en examinant les photos prises avant le transfert du corps à la morgue, Dr Nzuzi a déclaré qu’il lui était difficile de distinguer l’orifice d’entrée et l’orifice de sortie de la balle. Raison pour laquelle, il avait blâmé l’embaumeur qui avait outre­passé ses devoirs. Mais le plus important est le doute soulevé par ce médecin légiste assermenté; il a déclaré qu’après avoir exa­miné cette balle, il est étonné de remarquer qu’elle n’a subi aucune déformation. Elle est res­tée presque intacte. Même sa pointe n’est pas endommagée. Ce qui est impossible scientifi­quement, pour une balle qui a tra­versé la voûte crânienne.

A propos de l’acte posé par l’embaumeur, Dr Nzuzi a déclaré qu’en pareils cas, les militaires s’imposent. Il est donc difficile de résister. Mais selon l’embau­meur, il avait remarqué la pré­sence de la balle quand il faisait le massage. C’est ainsi que deux membres de la famille du défunt, ainsi qu’un capitaine qui les ac­compagnait, l’avaient autorisé de l’extraire. Il l’a fait sur simple pression des doigts. Il n’y a pas eu d’incision.

Mais selon les avocats de la défense, cette balle n’a pas été extraite du corps. Elle a été plu­tôt ajoutée. Là, le ministère pu­blic a dit au tribunal que par le fait que le médecin n’ait pas pro­cédé à l’autopsie, il n’a pas suf­fisamment d’éléments. Il y a eu deux balles à la tête. La première est sortie.

Mais la deuxième n’a pas traversé la voûte crânienne.

(Ern.)

Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel