La grève qui a effectivement débuté lundi sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo est une réaction des médecins congolais à l’incapacité du gouvernement Gizenga d’apporter une suite favorable à leurs revendications sociales, affirment-ils.

Annoncée avec fracas le week-end dernier, la grève des médecins a effectivement débuté ce lundi à travers toute la République. Ce mouvement déclaré par le Syndicat National des Médecins, Synamed, que dirige le Dr Mankoy, est une réaction des médecins congolais à l’incapacité du gouvernement Gizenga de pouvoir apporter une suite favorable à leurs revendications sociales.
Et l’expectative des médecins a duré 7 mois depuis l’engagement pris par le gouvernement de la République. Le Dr Mankoy n’est pas allé par 4 chemins pour récuser le gouvernement. “ Dans la mesure où, a-t-il dit, ceux qui avaient pris l’engagement le renient ”. Et de s’exclamer: “ Quel gouvernement ! Pour lui, les réponses à leur cahier de charge proviendraient du Chef de l’Etat qu’ils considèrent comme le dernier rempart. Ou mieux, l’interlocuteur valable.
Dans l’entre-temps, les hôpitaux, cliniques et autres sont, depuis hier, paralysés par l’absence des médecins. Le mal est si profond que même le service minimum n’est pas autorisé. Jusque-là, ce n’est que le début.
Quid du serment d’Hypocrate ?
Informés de cette grève illimitée des médecins, certains congolais n’ont pas gardé leur langue en poche pour poser des questions. Histoire d’en savoir un peu plus sur le sens du serment d’Hypocrate que prêtent les Docteurs. Pour eux, ce serment empêche le médecin de privilégier quoi que ce soit, évidemment, au détriment du malade. Mais sans compter avec l’effritement du pouvoir d’achat des Congolais, la modicité des salaires, la fluctuation des prix sur le marché des biens et des services.
Il faut dire que les mêmes revendications débordent le cadre de la santé et sont observées dans les autres secteurs. Dans la foulée, celui de l’Epsp, où la rentrée scolaire prochaine est subordonnée à un certain nombre de préalables.
Les gouvernements provinciaux s’impliquent
Devant le silence terrifiant du gouvernement central, les Exécutifs provinciaux tentent de calmer le jeu. C’est le cas de la ville-province de Kinshasa où le gouverneur André Kimbuta Yango a reçu hier une délégation des médecins. Même son de cloche au Katanga où le gouverneur Moïse Katumbi a initié la même rencontre avec les médecins de son ressort. Va-t-on diviser le corps médical? Cette question vaut bien son pesant d’or dans la mesure où le mouvement de grève est une lutte d’ensemble.
Un terrain d’entente ?
Quel que soit le problème posé, ce qui prime, c’est d’abord l’intérêt supérieur de la nation. Mais également l’amour même de la profession que l’on a choisie. De quoi interpeller le gouvernement à sortir de son immobilisme afin d’ouvrir un dialogue avec les médecins. Dieu merci, ce dialogue, avons-nous appris, interviendra incessamment. Quant aux médecins, c’est ici le lieu de leur demander de faire un pas dès lors que ce dialogue est convoqué, c’est-à-dire tenir compte de la volonté du gouvernement. Ayons, en tout cas pitié de nos malades.
Rentrée scolaire 2008-2009 hypothétique
La rentrée scolaire annoncée officiellement le 1er septembre prochain demeure hypothétique. Le Synecat, indigné, déclare ne pas être disposé à reprendre la craie. C’est ce qui ressort de l’assemblée générale extraordinaire tenue dimanche et dont les conclusions ont été lues par Mme Kavuho Mahamba, secrétaire provinciale du Synecat/Nord-Kivu. Le Syeco, à son tour, pense que la rentrée scolaire 2008-2009 est hypothétique.
Ces deux syndicats ont refusé, samedi dernier, d’adopter un projet de fixation des frais scolaires au cours d’un atelier de deux jours organisé par les autorités. En effet, la commission provinciale de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel au Nord-Kivu, a réuni différents délégués et responsables de l’éducation ainsi que leurs partenaires sur la rentrée scolaire 2008-2009.
Selon la ministre provinciale de l’Education, Mutete Mundenga, le gouvernement a décidé de rétrocéder aux provinces la compétence de fixer tous les frais scolaires de l’Etat. A l’issue des discussions entre les autorités, les responsables de l’EPSP, les délégués des parents et les syndicats, la commission à travers un projet d’arrêté à soumettre au gouverneur, a fixé les frais scolaires pour les écoles primaires et secondaires, a dit Mme Kavuho. Ces frais varient entre 2.400 et 20.000 FC par trimestre selon les sections.
Pour leur part. le Synecat et le Syeco, ont émis des réserves lors de l’adoption de ce projet parce qu’ils n’y voient pas la responsabilité de l’Etat dans le paiement des salaires des enseignants. Ces derniers qualifient cette mesure de non constitutionnelle et se disent indignés de l’homologation de la prime.
(Th)Le Palmarès
Last edited: 19/08/2008 17:19:49