La Commission Electorale Indépendante (CEI) se prépare à l’organisation des élections urbaines, municipales et locales, derniers scrutins du cycle électoral entamé en 2005, avec l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs. Pour ce faire, cette institution citoyenne s’atèle à la révision du fichier électoral.

Compte tenu du rapport des élections urbaines, municipales et locales pour 2009, la Commission Electorale Indépendante (CEI) s’emploie à actualiser son fichier électoral établi en 2005. Dieudonné Mirimo, rapporteur de cette institution d’appui à la démocratie, avoue que “ les données des opérations d’identification et d’enrôlement établies depuis 2005 sont largement dépassées, compte tenu des taux importants des cas de décès, des personnes déplacées ou de changement d’adresse ”. Le rapporteur de la CEI précise que cette opération est indispensable, car elle prendra en compte entre autres, les personnes qui ont atteint l’âge de la majorité, les personnes majeures qui ne s’étaient pas fait enrôler, ainsi que celles qui ont perdu leurs cartes d’électeur pour des raisons évidentes. “ Les jeunes Congolais qui étaient âgés à l’époque de 15, 16 et 17 ans sont aujourd’hui électeurs. Ils ont droit d’accomplir leur devoir civique, a expliqué Dieudonné Mirimo.
Par ailleurs, il a mis un accent sur le cas des combattants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), un parti politique de l’opposition extra parlementaire dont le leader, Etienne Tshisekedi, avait demandé à ses membres de ne pas participer aux opérations électorales en 2005 et 2006.
Concrètement, la Commission Electorale Indépendante devrait recommencer l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs appelés à prendre part au vote des maires des villes, des bourgmestres, des administrateurs des territoires, des chefs de quartiers... Cette opération sera lancée simultanément sur toute l’étendue du pays en installant des bureaux mobiles.
Dieudonné Mirimo a rappelé que la CEI devrait directement organiser les élections urbaines, municipales et locales après les élections législatives. Mais, soutient-il, elles ont été repoussées en attendant l’adoption des textes législatifs et réglementaires par des instances compétentes. Parmi les lois promulguées en 2008, il a cité la loi sur la décentralisation et les entités territoriales décentralisées.
Coût de l’opération
“ Pour la réussite de l’opération de la révision du fichier électoral, la CEI a besoin de 400.000 dollars américains, affirme Dieudonné Minimo. Le gouvernement congolais et la communauté internationale ont promis de contribuer pour la réussite de cette opération ”. Par ailleurs, il a indiqué que la CEI compte aussi sur l’appui logistique de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc) pour le transport du matériel électoral.
La classe politique soutient la démarche de la CEI
Des responsables des partis membres de la coalition au pouvoir, de l’opposition parlementaire, voire des formations politiques qui ne participent pas au gouvernement soutiennent la démarche de la Commission Electorale Indépendante (CEI) qui veut procéder à la révision du fichier électoral. Ce soutien augure la participation par tous les partis politiques aux prochaines élections urbaines, municipales et locales.
Président du comité organisateur du premier congrès de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), François Xavier Beltchika Kalubye indique que son parti a pris acte de la démarche de la CEI. “ C’est un point allant dans le sens de l’amélioration du processus électoral. Cela a fait aussi partie de nos revendications ”, s’est-il réjoui, avant d’exprimer le souhait de voir la CEI ne pas s’arrêter à mi-chemin dans la construction d’un bon processus démocratique pour un lendemain meilleur.
“ C’est une bonne chose de réviser le fichier électoral, mais cette fois-ci, nous serons vigilants et allons pleinement surveiller de près pour que les Congolais ne soient pas pris dans un piège ”, a martelé l’honorable Jean-Claude Vuemba, président du Mouvement du Peuple Congolais pour la République (MPCR). L’un des porte-étendards de l’opposition, il a rappelé que lorsque Etienne Tshisekedi, le leader de l’UDPS, demandait la réouverture de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs, “ les tenants du pouvoir avaient refusé pour des raisons électoralistes. Maintenant, a-t-il fait remarquer, ils sont obligés de se faire violence parce qu’ils se rendent compte que la population a vomi la coalition au pouvoir ”.
Une décision judicieuse
Du côté du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), aucune déclaration officielle n’a encore été faite sur la question. Parlant sous le sceau de l’anonymat, un ancien membre du Directoire national a laissé entendre que la mise à jour du fichier électoral est importante pour que les prochaines élections ne souffrent pas de contestation, comme ce fut le cas en 2006 ”.
Parti membre de la coalition gouvernementale, l’Union des Démocrates Mobutistes (Udemo), par la voix de Me Omari Lea Sisi, son secrétaire général, a jugé “ judicieuse ”, la décision prise par la CEI.
“ Les statistiques des opérations d’identification et d’enrôlement établis en 2006 sont largement dépassées compte tenu du taux important des morts, des personnes qui ont perdu leurs cartes d’électeur, des personnes déplacées, des jeunes qui ont atteint l’âge de voter, des réfugiés et des Congolais de la diaspora qui sont rentrés au pays, explique Me Omari Lea Sisi. Il est tout à fait normal d’avoir un fichier électoral réactualisé de manière à ce que nous ayons, lors de futures élections, un nombre exact et régulier des votants ”.
Au niveau de l’Eglise catholique, a révélé un prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa, on n’a pas encore pris une position officielle. Personnellement, j’estime qu’il est nécessaire de procéder à la révision du fichier électoral ”, a-t-il tranché.
(Ern.)Tshieke Bukasa/Journal du Citoyen
Last edited: 18/08/2008 18:00:41