Le syndicat national des médecins du Congo (Synamco) annonce une grève illimitée de ses membres œuvrant dans les hôpitaux publics sur toute l’étendue de la République en indiquant même que le service minimum généralement observé n’est pas prévu dans ce mouvement.

C’est un mouvement de grève illimité que vont entamer à partir de ce lundi 18 août, les médecins œuvrant dans des institutions hospitalières publiques de la Rdc. A en croire le docteur Mankoy, secrétaire général du Syndicat national des médecins, Synamco, il n’y aura pas de service minimum. Etonnant, mais que deviendront les malades internés dans les hôpitaux, cliniques et autres centres de santé concernés, peut-on d’emblée s’interroger ? Ces derniers, apprend-on, seront suivis par des médecins directeurs, médecins chefs de service ou chefs de centre. Le docteur précité lance déjà un appel à l’endroit des malades désireux de se rendre dans lesdits hôpitaux afin de s’abstenir. Autant se rendre dans des institutions hospitalières données afin de s’y faire soigner, a-t-il proposé.
En plaçant la barre haute, les médecins sont catégoriques, allant jusqu’à refuser tous les cas de maladie, y compris les urgences. Voilà qui ne va pas sans interpeller la conscience de chacun, dans une ville comme Kinshasa – ce n’est qu’un exemple – où les malades graves, les accidentés et autres patients qui piquent une crise quelconque, arrivent de fois nombreux.
Le gouvernement interpellé !
Les médecins demandent au gouvernement de respecter ses engagements. Et pas plus. A titre de rappel, il y a 7 mois que ces médecins avaient reçu, de la part du gouvernement, une promesse dans le sens d’accéder à leurs revendications sociales. Et après, rien ne s’en est suivi. Selon le même secrétaire général joint hier au téléphone par la presse, le ministre Victor Makwenge, en charge de la Santé, s’est emmuré dans un silence terrifiant, préférant renvoyer la balle dans le camp du gouvernement. Comme si lui-même n’en était pas membre. De quoi établir que le pire est réellement à craindre si cette grève perdure. C’est ici le lieu et le moment d’interpeller le gouvernement pour qu’un compromis soit vite trouvé. Ce, avant que la situation ne pourrisse complètement.
Pourquoi faut-il attendre que le taux de mortalité augmente au niveau des hôpitaux pour enfin se réveiller et convoquer le syndicat aux négociations ? Pourquoi faut-il tergiverser lorsqu’il faut réserver un début de solution aux revendications ? N’est-ce pas la question essentielle que l’on connaît déjà?
Des désaffectations frisant l’horreur
La situation qui prévaut présentement au sein du Programme élargi de vaccination (Pev), n’augure pas de lendemains meilleurs. Et pour cause la désaffectation de plus de 43 agents et leur remplacement par de nouvelles unités. Par sa commission d’affectation collective n° 1 250/CAB/MIN/S/016/ 2008 du 14 juillet 2008, 43 agents et fonctionnaires de l’Etat oeuvrant au ministère de la Santé, plus précisément au Programme élargi de vaccination, ont été obligés de quitter leurs affectations pour exercer d’autres fonctions dans divers programmes où la plupart sont fictifs et d’autres en voie d’être supprimés.
D’après des sources concordantes, le secrétaire général dudit ministère n’a pas donné les raisons valables qui ont justifié cette grave décision. Cette prise de position va à l’encontre de la note circulaire du ministère de la Santé publique n°CAB/MIN.FN/ LSIL/CJVBL/003/2008 du 6 février 2008 qui justement avait recommandé à tous les ministères de l’Etat l’observance stricte des dispositions légales en matières de régime disciplinaire. A cela s’ajoute l’instruction du ministre de la Fonction publique adressée à tous les gestionnaires du personnel de l’Etat qui suspendait tout mouvement de mutation, de permutation et de désaffectation des fonctionnaires et agents de carrière du service publique de l’Etat pendant cette période de recensement.
Le Premier ministre n’avait pas gardé le silence à ce sujet lorsqu’il avait instruit les mêmes gestionnaires de ne pas recruter de nouvelles unités. En outre, aucune action disciplinaire n’a été ouverte à l’encontre de ces 43 agents susévoqués qui sont d’ailleurs remplacés par 30 nouvelles unités sans aucune procédure en la matière. Selon la logique du droit administratif, le cadre organique d’une institution précède la désignation d’un animateur. Tel n’a pas été le cas dans ces mutations.
Pour revendiquer leurs droits, les agents et fonctionnaires lésés du Pev ont adressé au ministre de la Santé par la lettre n°04/RECOURS/AG.-PEV/2008 du l4 août, leur recours afin que l’autorité de tutelle, puisse examiner cette situation et qu’ils soient revenus dans leurs droits. D’après ces, derniers, ils ont décelé quatre erreurs graves parmi tant d’autres sur les documents qui les ont matérialisés. Il s’agit de la Division de l’Intendance qui est réduite à un simple service dénommé Maintenance. L’agent Bwanandogo engagé depuis 1976, exerçait les fonctions de chef de Division de Suivi et d’Evaluation et non comme l’indique cette fameuse commission.
Par contre, l’agent Mwamba, cadre universitaire depuis 1982 et chef des Services généraux s’est retrouvé chef de section d’entretien. Il y a aussi l’agent Iyoko qui’n’a jamais été au Pev et tant d’autres. L’opinion se pose plusieurs questions à ce sujet. Pourquoi ne pas envoyer ces unités à de nouveaux postes d’affectation et laisser les anciens oeuvrer comme par le passé? Cette mesure aura certainement des répercussions fâcheuses sur le plan social du personnel de la Pev surtout à l’approche de la rentrée scolaire. La manière dont la liste a été affichée à une heure tardive, c’est-à-dire à 20 heures, a étonné plus d’un observateur. Au ministre de la Santé publique d’agir en tant que bon père de famille afin de revoir cette mesure afin de restaurer le climat de quiétude au sein du Pev. La vie des gens en dépend!
(Th)Le Palmarès
Last edited: 18/08/2008 16:48:27