Visite de travail du gouverneur du Sud-Kivu dans la région de Kigoma en Tanzanie où il a sensibilisé les réfugiés congolais candidats volontaires au rapatriement et échangé avec l’autorité de cette entité voisine tanzanienne autour du renforcement de la coopération mutuelle.

Près des 90.000 réfugiés congolais de Tanzanie ont quasiment tous promis de revenir au pays dans les meilleurs délais. Ils l’ont annoncé au gouverneur du Sud-Kivu, Chirimwami Muderwa, à l’issue d’une visite de sensibilisation effectuée à Kigoma. Mais, ce retour se fera selon le rythme de rapatriement du HCR.
Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Chirimwami Muderwa, a séjourné du mardi 5 au vendredi 8 août 2008 dans la région de Kigoma en Tanzanie, où il a procédé à la sensibilisation pour le retour volontaire auprès de 47.979 réfugiés congolais qui habitent le camp de Nyarugusu et de 40.306 autres qui habitent le camp de Lugufu dans la région de Kigoma. Cette campagne de sensibilisation intervient conformément au calendrier établi par les Accords tripartites signés entre la RDC, la Tanzanie et le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).
Par ailleurs, le gouverneur du Sud-Kivu a saisi l’opportunité pour rencontrer son homologue, le commissaire de région de Kigoma, Joseph Simbakalia, en vue du renforcement des relations de bon voisinage qui lient la RDC à la République sœur de Tanzanie.
Dès son arrivée aux camps, les représentants du HCR à Kigoma lui ont fait minutieusement la cartographie des problèmes et des craintes des compatriotes congolais réfugiés dans les deux grands camps susmentionnés dans la région de Kigoma. Les informations échangées au courant de ce briefing étaient naturellement importantes dans la mesure où elles constituent un préalable nécessaire à la première mission du gouverneur Muderwa.
Comme il fallait se rendre compte de la réalité sur le terrain, le gouverneur, sa délégation ainsi que les représentants du HCR à Kigoma, Bukavu et Uvira ont effectué plus de deux heures de route jusqu’aux camps de Nyarugusu et Lufugu.
Dans l’un et l’autre, la joie des réfugiés était immense de découvrir le gouverneur de la province du Sud-Kivu dont sont ressortissants la plus grande majorité des réfugiés. “ Nous sommes très heureux de voir que le pays ne nous a pas oubliés et qu’il continue, au contraire, à se préoccuper de notre sort précaire ”, a déclare un réfugié.
Espoir et incertitude se mêlent
A ces filles et fils de la RDC qui vivent dans les dures conditions de réfugiés en Tanzanie, Mudenwa a apporté un message de compassion et d’espoir, au nom du chef de l’Etat Joseph Kabila. Pour faire comprendre aux réfugiés l’intérêt de retourner au pays, le gouverneur du Sud-Kivu a explicité le sens du communiqué de Naïrobi, du Programme Amani, du plan de désengagement, de l’idéologie de la reconstruction... chose jusque-là inconnue des réfugiés qui, douze ans après, continuent d’être tétanisés par la peur d’une guerre imminente en RDC.
Au terme de la visite des camps, on pouvait lire la satisfaction des réfugiés et des délégués du HCR. Le gouverneur, qui en était l’acteur principal, a eu les mots justes pour informer, exhorter et consoler ses compatriotes qui ont quasiment tous promis de revenir au pays dans les meilleurs délais. Ce retour se fera selon le rythme de rapatriement du HCR qui n’a pour presque 90.000 réfugiés à rapatrier qu’un bateau du nom de Mwongozo qu’il loue en plus auprès du gouvernement tanzanien.
L’étape la plus émouvante fut celle de la visite au camp de transit des réfugiés en passe de rentrer au pays. Muderwa s’est rendu jusqu’au peut du bateau Mwongozo, où il devrait assister au départ pour la RDC de quelque 507 candidats volontaires au rapatriement. Des moments de grande émotion certes, mais également de grandes incertitudes. Car, le Sud-Kivu se trouve aujourd’hui obligé de faire face au retour de près de 90.000 personnes, autre sans disposition que ses fonds déjà minces.
(Milor)Rich Ngapi/Le Potentiel
Last edited: 18/08/2008 16:13:51