Ces diplomates congolais arrêtés jeudi par la police nigériane, dont l’un est accompagné de son épouse, sont sensés être rentrés dans leurs pays depuis 3 années.

Des sources généralement bien informées, il nous revient que deux diplomates congolais ont été arrêtés au Nigeria. L’un de ces diplomates est accompagné de son épouse. Ils seraient séquestrés par la police nigériane d’immigration depuis jeudi. D’après le chargé de communication du ministère congolais des Affaires étrangères, le chargé d’affaires congolais s’active à s’enquérir des motifs de leur détention.
Claude Kamanga Mutond affirme tout de même que le mandat de ces diplomates avait déjà pris fin, et qu’ils auraient déjà regagné la RDC depuis 2005 : “ Il s’agit de diplomates qui ont perdu leur immunité depuis 2005. C’est-à-dire que ce sont des personnes qui sont sensées être rentrés en Rdc depuis 3 années. On pourrait peut-être comprendre à certains niveaux que les autorités nigérianes cherchent à connaître la raison de leur présence sur leur territoire. Quant à savoir ce qui est entrain d’être fait, notre chargé d’affaires s’emploie à éclairer les motifs de ce qui leur est arrivé. C’est dire que l’on en saura davantage auprès du ministère nigérian des affaires étrangères.
Mettre fin au calvaire des diplomates congolais
Les problèmes des diplomates congolais sont multiples. Comme de nombreux autres représentants congolais à l’étranger en fin de mission, nos compatriotes seraient concernés par le cas du manque de moyens pour retourner au pays.
Il existe d’autres cas de calvaire auxquels sont soumis nos diplomates. Prenons le cas de notre représentation à Brazzaville.
Pour avoir subi une nouvelle couche de peinture il y a quelque temps, le bâtiment de l’ambassade de la République Démocratique du Congo à Brazzaville, pimpant neuf, présente un visage joyeux. Située en plein centre de la capitale de la République du Congo, cette bâtisse à deux niveaux cache pourtant la misère des diplomates qui y travaillent. Cette ambassade abrite tous ses services sur la rive droite du fleuve Congo, mais aussi, elle sert de lieu d’habitation pour une bonne partie du personnel diplomatique de la RDC.
Sous couvert de l’anonymat, deux agents de cette ambassade racontent leur calvaire et les difficultés qu’ils éprouvent pour acquérir de Kinshasa les frais de fonctionnement. Personne, dans cette ambassade ne veut s’exprimer à découvert à la presse. Tous se retranchent derrière l’anonymat et préfèrent que ce soit Mme l’ambassadeur qui parle.
Malheureusement, celle-ci a quitté Brazzaville la veille pour traverser le fleuve. Elle va participer à la conférence sur l’état de lieux qui s’ouvre ce jeudi à Kinshasa.
Les difficultés de fonctionnement de l’ambassade et la clochardisation de nos diplomates à l’étranger ne vont pas sans conséquences négatives. A Brazzaville, les demandeurs des services à l’ambassade de la RDC en sont les premières victimes. Ils se plaignent de la lenteur dans l’acquisition des cartes consulaires, passeports et visas, mais surtout de leur coût trop élevé.
Des raisons d’espérer
Pendant trois jours, à partir de jeudi dernier, le fonctionnement des ambassades et les conditions de travail et de vie des ambassadeurs congolais à l’étranger sont entrain d’être passés au crible à Kinshasa. Les participants sont les ambassadeurs congolais eux-mêmes, les directeurs et chefs des services du ministère des Affaires étrangères.
Ces assises ont pour thème “ la diplomatie de paix et de développement pour la RDC ”. Selon le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, M. Mukeya Kyamwimbi, l’objectif est que la réflexion débouche sur une politique qui puisse donner au diplomate congolais les moyens d’être performant et apte à suivre ce qui se passe dans le monde et en tirer profit pour la RDC. “ Il faudrait qu’à la fin de cette conférence, ça s’arrête pas au verbe, mais que soient appliquées les résolutions qui en sortiront ”, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, ancien ambassadeur et ministre des Affaires étrangères, le sénateur Raymond Ramazani Baya estime que cette conférence tombe à point nommé. Il explique: “ Nous envoyions un minimum de fonds pour que nos ambassades puissent fonctionner. Mais ce qu’on envoyait était loin d’être à la mesure des besoins de nos ambassades.
Donc, il s’agit, je crois, à la fois de définir les moyens dont ont besoin nos ambassades pour fonctionner, mais aussi de définir les grandes lignes d’action, parce que les ambassades ne peuvent pas fonctionner comme des électrons libres ”. Et de poursuivre : “ Il n’est pas normal que le barrage d’Inga aujourd’hui, ne fasse pas l’objet des préoccupations de tous nos diplomates. ” Raymond Ramazani pense, pour ce cas d’espèce, que nos diplomates devraient contribuer à la fois au financement et à l’apport technique et technologique des pays dans lesquels ils sont accrédités afin d’attirer le maximum des moyens pour réhabiliter Inga.
Pour l’ancien diplomate, le processus d’intégration en Afrique au sein des organisations régionales dans lesquelles le Congo doit pouvoir jouer un rôle, y compris au niveau de l’intégration continentale, de l’Union africaine, le paiement régulier des cotisations par la RDC dans ces organisations figurent parmi les priorités de la diplomatie congolaise.
(Milor)Le Palmarès
Last edited: 16/08/2008 14:34:48