Ce jeudi, le tribunal militaire de garnison de Ngaliema va débattre des rapports des experts en balistique sur les douilles des balles tirées dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008.

A la lumière des conclusions de ces techniciens, on saura également les types de balles extraites du corps de Botethi, ainsi que les armes utilisées pour perpétrer le crime que tout le peuple congolais a condamné. L’audience d’aujourd’hui sera essentiellement technique et va éclairer le tribunal militaire sur les impacts des balles, leurs différentes trajectoires et les distances séparant les tireurs de leurs différentes cibles.
Rappelons qu’à l’audience de mardi, les débats de la juridiction militaire ont tourné autour du message radio de la police émis dimanche 6 juillet vers 2 heures du matin, et du témoignage accablant du taxi-man Ngoma sur Kady, lors de son arrestation par les policiers du poste du quartier UPN.
Un message radio peut-il conduire à la mort la personne qui l’a reçu ? Telle est la question fondamentale à laquelle les avocats de la partie civile Botethi se posent depuis bientôt un mois, devant le tribunal militaire de Ngaliema, et à laquelle ils attendent une réponse précise. Pour Mes Nyango et Claude Karl, il existe de fortes présomptions que cette communication radio ait été le point qui a conduit Daniel Botethi au point , celui de son meurtre sur avenue Haute tension où les assassins l’attendaient. Après que Patrick Mwewa eut renoncé à être confronté au commanditaire qu’il avait cité, que vaut encore cette affaire, surtout avec des prévenus friands de dénégations et de revirements?
Mardi, la justice militaire a manifesté elle aussi, au camp Kokolo, son intérêt à la recherche des indices orientant vers les responsabilités du crime perpétré dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008, sur le vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Voilà pourquoi le tribunal militaire a fait comparaître mardi, la bourgmestre de Ngaliema, le commandant du commissariat de cette commune, celui du point chaud rivière Luswaswa et l’opérateur radio du commissariat de Ngaliema. Le tribunal militaire a également entendu comme témoins l’opérateur de garde de la Snel de la sous station de l’avenue Haute tension, le policier Landu commis à la surveillance de ces installations, ainsi qu’un chauffeur de taxi agressé par Kadi, la nuit de son arrestation quartier au Upn.
Le poste de police du point chaud a reçu ce message comme tout le monde
Première à passer à la barre, la bourgmestre de Ngaliema a indiqué qu’elle fut informée du meurtre de l’honorable Daniel Botethi dimanche vers 4 heures du matin. Et qu’elle ignorait le message signalant des tirs au niveau le St Luc. Quel appareil de communication utilise t-elle ? Le simple téléphone portable, devait-elle répondre, avant de signaler que le walkie-talkie de la commune était en panne depuis son prédécesseur.
A 4 heures, a-t-elle précisé, elle a alerté le commandant du commissariat à qui elle a donné des instructions pour prendre des dispositions utiles.
A sa descente sur le lieu vers 6 H avec ses enfants à bord de sa voiture, elle a trouvé la police technique et scientifique en train de mener des enquêtes. La dépouille de Botethi n’était plus là. Où se trouvaient ses collaborateurs de la police ? La bourgmestre a reconnu que ni le commandant du commissariat, ni celui du point chaud, ni-même les agents de Ngaliema, personne n’était là jusqu’au moment où elle était répartie, une heure plus tard.
Comment la bourgmestre reçoit-elle les messages de sécurité ? Par téléphone verbalement. Le commandant du commissariat Ngaliema appelé à la barre a signalé au tribunal militaire que la nuit des faits, il purgeait une sanction au camp Lufungula, mais restait en contact avec certains de ses collaborateurs. C’est de cette manière là qu’il a reçu le message sur les incidents survenus sur l’avenue Haute tension avec mort d’homme.
L’opérateur radio du commissariat de Ngaliema a également comparu, pour dire qu’un seul message lui était parvenu vers 2 heures du matin. Il signalait des tirs entre St Luc et Mont Fleury. Après avoir répercuté cette communication aux souscommissariats et postes de police, et entendu lui-même deux coups de feu, il avait appris, par la suite, que tout était calme dans ce secteur. Le sous-commissaire Kanku avait regagné son domicile sans un autre message.
A la question de savoir quand avait-il appris les incidents survenus sur l’avenue Haute tension, l’officier a dit tout ignorer de ce qui s’était passé sur le lieu du crime. Jusqu’à ce jour, a-t-il poursuivi, il ne connaît pas l’autorité tuée dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008.
Me Nyango a sauté sur les réponses de l’opérateur de Ngaliema pour faire constater les dysfonctionnements des services de la police au niveau de cette commune.
(Milor)Le Phare
Last edited: 14/08/2008 17:54:32