« La Bande dessinée offre à nos pays composés de population en majorité de semi-lettrés, des possibilités de communication et de diffusion des messages et du savoir... »
De plus certains ouvrages écrits par Zamenga, grand écrivain populaire de la fin des années 1970, comme « Bandoki » et « Les hauts et les bas », pourtant publiés sous forme de feuilleton à l’origine, se vendaient à plus de 15.000 exemplaires. Malheureusement, ces maisons d’édition, si elles ont incontestablement contribué à l’éclosion d’un discours autonome congolais, ont vite été rattrapées par les difficultés économiques inhérentes au secteur de l’édition. A ces difficultés objectives, s’ajoute l’absence quasi totale depuis 20 ans de stratégie commerciale et éditoriale chez les éditeurs et écrivains congolais. La haute littérature » (essai, poésie, roman, critique littéraire) a toujours régné en maître alors que la para littérature est aujourd’hui inexistante pas de feuilletons ni de romans policiers ou à l’eau de rose dans les journaux.
De même, la BD est inexistante en RDC, si ce n’est à l’état de projet dans les cartons de jeunes créateurs doués, issus de l’Académie des Beaux-arts. La courageuse initiative de Barly Baruti avec le studio ACRIA n’a pas encore eu le temps de produire une œuvre locale conséquente. Il s’agit, sans doute, d’un rendez-vous manqué, tel que le soulignait Zamenga: « La Bande dessinée offre à nos pays composés de population en majorité de semi-lettrés, des possibilités de communication et de diffusion des messages et du savoir... alors que nos textes n’ont dépassé jusqu’a présent qu’une ou deux éditions, « Un Croco à Luozi » en est à sa huitième. »
La para littérature contribuerait à fidéliser le lectorat moyen, à créer des habitudes dans le public et, surtout, à produire un contre discours face aux stéréotypes dévalorisants de l’Africain présent dans les romans d’espionnage (tel la série S.A.S, très populaire à Kinshasa) et dans des œuvres comme « Tintin au Congo », dont les figurines sont vendues à tous les coins de rue. Dans ce désert ambiant, saluons tout de même l’originalité de la démarche de l’artiste papa M’fumueto 1èr qui, sur les marches de la capitale, distribue ces histoires ronéotypées en quelques centaines d’exemplaires, dessinées en bicolore et écrite dans un lingala de la rue sur des sujets quotidiens très populaires. Bel exemple d’une démarche, hors des sentiers battus, et des circuits commerciaux, dit traditionnels, copies sur l’Occident. (A suivre)
(Ern.)
Le Potentiel
Last edited: 14/08/2008 16:41:44