L’audience du procès qui oppose l’Officier du Ministère public au prévenu Patrick Mwewa et consorts, devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, a été consacrée mardi à l’audition des prévenus et renseignants , après la seconde descente de cette juridiction sur le lieu du crime sur l’avenue Haute Tension.

Invités en premier, les prévenus Patrick Mwewa et Kady, ont, comme à leurs habitudes, embrouillé le Tribunal en apportant une nouvelle version de leurs déclarations, lesquelles contredisent leurs dépositions antérieures.
Patrick Mwewa a étonné en déclarant qu’il ne connaissait pas la raison de sa présence sur les lieux du crime. Tout en niant au passage le rôle d’éclaireur qu’il avait joué lors de l’assassinat du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le Mlc Daniel Botethi, et la provenance des 1.200 $ Us qu’il aurait perçus. Pour lui, certains aveux qu’il avait faits antérieurement, étaient dus à l’action de l’anesthésie. Kady, de son côté. a tenté de rouler le Tribunal dans la farine quand il a présenté les circonstances de son arrestation, qui contrastent avec celles présentées par le chauffeur Apollinaire Ngoma. Ce dernier, invité au Tribunal militaire à l’initiative de la partie civile Kankonde, a fait savoir que Kady était arrêté en une nuit de samedi. C’était dans son taxi par quelques agents de la Police nationale qui étaient montés à bord de son taxi. Au fait, M. Ngoma était tombé dans une embuscade dressée par la Bande à Kady. Il y avait échappé, grâce notamment à l’un de ces éléments de la Police qui avait ouvert le feu sur Kady le blessant à l’avant-bras. Ce qui a permis son arrestation, il sera ensuite acheminé au camp Lufungula avant que les instances judiciaires ne se chargent de son cas.
Mais, Kady a totalement nié cette version des faits en disant que son arrestation était la résultante d’une incompréhension entre quelques policiers commis à un poste de sécurité à Kinshasa/Ngaliema (Quartier Binza/Upn) et lui, alors qu’il rentrait de Bas-Congo. Il faut ajouter, au sujet du chauffeur, qu’il avait demandé à la cour de le protéger, car les amis de Kady en cavale constituent un risque pour sa sécurité. Répondant à sa préoccupation, le président du tribunal lui a demandé de prendre contact avec le ministère public pour toute fin utile.
La bourgmestre de la commune de Ngaliema a été aussi invitée à titre de renseignant. Mme mona Fatuma, interrogée d’emblée sur l’heure à laquelle elle était informée de cet assassinat, a dit n’avoir été mise au courant par ses services qu’à partir de 4 heures, par téléphone et non par radio (Motorola) qu’elle ne possède d’ailleurs pas.
Après s’être rendue sur les lieux du crime vers 6h00', Mme Inona, accompagnée de son chauffeur et de son enfant, a affirmé n’avoir pas trouvé le corps du défunt évacué déjà par les policiers. Mais bien avant, a-t-elle renchéri, elle avait informé son supérieur hiérarchique, M Godard Motemona, ministre provincial en charge de l’intérieur.
Autres renseignants, l’opérateur-radio la responsable de la zone de sécurité incluant la municipalité de Kinshasa/ Ngaliema, M. Biriko, a témoigné avoir transmis le message lui parvenu du camp Lufungula. Ses contacts radio avec le commissaire de district, M. Kanyama, absent de son bureau parce qu’en punition, cette nuit-là du crime, au camp Lufungula pour des raisons non communiquées, devaient amener la Cour à interroger les responsables des Sous-Ciat Ces derniers ont reconnu avoir reçu ces messages, des coups de fusils au niveau de la Haute Tension, pour celui du S.Ciat Point chaud, et, concernant le message de l’insécurité dans les environs de la paroisse St Luc, pour l’autre S.Ciat. Quelques dysfonctionnements des services ont été constatés par la Cour.
Protection des installations de la Société nationale d’électricité (Snel) situées à quelques mètres des lieux du meurtre. le brigadier Kipulu a surpris en disant qu’il dormait... ce qui a contraint la Cour à procéder à sa mise dans un état d’arrestation. M Boyika chargé du contrôle des appareils électriques a reconnu avoir entendu des coups de fusil vers 2 H°° mais, n’étant pas concerné, il n’en pouvait rien, a-t-il indiqué. Audience suspendue vers 17 heures, la Cour a fixé la prochaine audience à jeudi 14 août 2008 dans le même cadre du camp Lt. Col. Kokolo à partir de 9 h°°, où il sera essentiellement question des analyses des conclusions des experts en balistique.
Kady a nié les affirmations du chauffeur Apollinaire Ngoma, les zones d’ombre, que tout le monde déplore, semblent persister Dommage. Mais les espoirs sont permis au regard des compétences en charge de la gestion de ce dossier dont le verdit est attendu par toute la nation congolaise.
(Milor)Le Palmarès
Last edited: 13/08/2008 17:13:01