Le Procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a effectué lundi dernier, le déplacement de Dakar pour y rencontrer le président Abdoulaye Wade du Sénégal et lui présenter le bilan des activités judiciaires de son Bureau.

Le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo s’est rendu lundi dernier au Sénégal où il a été reçu par le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade.
L’objectif principal pour le patron de la CPI était de présenter le bilan des activités judiciaires du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale. Il sied de rappeler, à cet effet, que l’action de la CPI en Afrique a été diversement commentée.
Luis Moreno est appelé à expliquer aux Africains qu’en vertu de l’Article 5 du Statut de Rome, le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale concentre ses efforts en matière.
D’enquêtes et de poursuites sur les personnes qui ont la plus lourde responsabilité dans les crimes les plus graves.
Selon le document de présentation de la CPI, le Bureau du procureur a décidé de lancer des enquêtes et des poursuites après avoir analysé les conditions de compétence, de recevabilité et les intérêts de la justice.
La CPI gère quatre situations : la République démocratique du Congo (Rdc), la République centrafricaine, dans le Nord de l’Ouganda et le Soudan. (Darfour).
La CPI s’est illustrée depuis sa création par l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, sénateur de son état, principal challenger
des élections présidentielles, le leader du parti majoritaire de l’opposition en RDC... et par le mandat d’arrêt lancé contre le Président soudanais El Béchir. Dans certains milieux africains, l’acharnement de Luis Moreno contre les figures de proue du continent, dépasserait tout entendement.
De ce fait, Abdoulaye Wade compterait parmi les chefs d’Etat africains qui auraient protesté contre l’arrestation de Jean-Pierre Bemba.
Le mandat d’arrêt contre le Président soudanais n’a pas été bien accueilli par son homologue sénégalais qui a demandé avec d’autres chefs d’Etat africains de surseoir à ce mandat en vue de soutenir l’élan de réconciliation amorcée en faveur du Darfour.
Les explications de Moreno
Pour le procureur, il est utile que les populations africaines sachent que la Cour pénale internationale est leur cour. Il a expliqué que son mandat est placé sous le signe de la lutte contre l’impunité pour prévenir la violence et contribuer à la paix durable. Luis Moreno-Ocampo a aussi précisé que son mandat est strictement judiciaire.
Interpellé sur le mandat d’arrêt international contre le Président soudanais, Luis Moreno Ocampo a indiqué que le sujet a été abordé avec le président Wade qui a précisé que la communauté internationale ne peut pas rester indifférente à la situation de plus de 2,5 millions de personnes qui subissent des exactions.
Le procureur a dit que le président Wade et ses pairs africains ont une responsabilité immense au Darfour. Il a reconnu qu’ils partagent un même objectif, celui de protéger les victimes et mettre fin à l’impunité et aux crimes.
Il a, par ailleurs, rendu un hommage particulier au Sénégal, le premier Etat dans le monde à ratifier le statut de la Cour, l’Europe, le Canada et, aujourd’hui, cent huit pays ont suivi.
La démocratie sénégalaise a été aussi saluée par l’exemplarité de son alternance démocratique. A travers différentes initiatives, le Sénégal, le président Wade et les autres leaders africains sont en train de transformer le continent où règnera la paix mais aussi la justice.
Le 14 juillet 2008, le Procureur de la :CPI a présenté des éléments de preuve aux magistrats de la Chambre préliminaire qui démontrent que le président du Soudan, Omar Hassan Ahmad El Béchir, a commis des crimes de génocide, contre , l’humanité et des crimes de guerre au Darfour.
Le Palmarès
Last edited: 13/08/2008 17:11:07