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Wendo Koksoy et l’exception congolaise

Kinshasa, 12/08/2008 / Musique
Décédé, à part la contribution de la Présidence de la République aux obsèques et la décoration, à titre posthume, de Wendo Kolossoy de la médaille d’or de mérite des arts par ordonnance présidentielle du 02 août 2008, aucun programme annoncé sur les funérailles dignes de cette figure majeure, doyen d’âge et ambassadeur de notre musique. Sur la pochette de son opus dans les années 90, Jean-Pierre Jacqmain, commentateur littéraire belge attitré par la culture « RD Congolaise », reprenait une maxime d’un penseur grec qui avait dit que les chanteurs étaient plus puissants que les politiques. Peut-être parce que les oeuvres de premiers peuvent rester immémoriales et sans rides tandis que les seconds ne durent souvent qu’un temps.

Maintenant que le père de la Rumba « RD Congolaise »  éternel et inaltérable - est bel et bien mort au-delà de sempiternelles rumeurs dont la population de Kinshasa seule a le secret, les tares de la politique socioculturelle congolaise apparaissent avec grossièreté face au miroir inquisi­teur de l’opinion tant nationale qu’internationale.

Hospitalisé, Wendo Kolossoy a été pratiquement dé­laissé, manquant le strict minimum, mourant parfois de faim. Décédé, à part la contribution de la Présidence de la République aux obsèques et la décoration, à titre posthume, de Wendo Kolossoy de la médaille d’or de mérite des arts par ordonnance présidentielle du 02 août 2008, à part une timide et tardive initiative du ministère de la Culture et des arts, aucun programme annoncé sur les funérailles dignes de cette figure majeure, doyen d’âge et ambassadeur de notre musique.

Pire encore, les médias con­golais n’ont pas fait mieux la Radio Télévision Nationale Congo­laise a annoncé le décès de ce musicien talentueux presque avec un revers de la main et aucune autre radio locale n’a consacre quelque édition ou plage horaire pour faire le point sur ce patrimoine national indéniable de notre mu­sique. Les quotidiens y ont con­sacré à peine quelques manchet­tes.

Alors, où sont les saisons de pluie d’antan ? Henri Bowane, son compagnon de tous les jours, est mort en manquant de quoi se faire arracher les dents chez le dentiste. Ce fut le cas avec tous ses congénères: Tino Baroza, Tenor Mariola, Desalo, Yayo, Sou­dam Maniol, Pewo, Tinapa, Honoré Liengo, Mama Lucie Eyenga, elle, avait vu (de l’au-delà) son corps exposé comme celui d’un chien sans maître, devant sa bi­coque, à l’époque, loin des regards de curieux. Faryala Wa Yembo dit Franck Lassan n’a eu droit qu’à un enterrement saccadé de ses chansons dans sa pauvre demeure de la commune-mère de Kins­hasa.

N’eut été l’intervention per­sonnelle de son oncle archevêque, le Cardinal Malula, le Grand Kallé, aujourd’hui modèle a Cuba, serait mort comme un anonyme. Et plus prés de nous, il en avait été de même pour Longomba Vicky, Gérard Madiata, Kassongo Brazos, Johny Bokelo pour ne ci­ter que ceux-là. Bien au contraire, la même population kinoise, un peuple d’exception qui semble n’avoir ni mémoire ni égards pour ses monuments, à trouvé bonheur en disséminant, à travers la capi­tale en particulier et la République en général, une folle rumeur sur la mort de Rochereau Tabu. Ley, un autre monument vivant en soins à Bruxelles.

Les politiques et les intellec­tuels congolais ont-ils oublié que notre pays n’est pas qu’un « scandale géologique », mais qu’il est aussi une pépinière de talents et une terre de la chanson ?

Tout cela relève de la culture de l’exception congolaise qui fait que des messieurs, dames en cos­tumes-cravates et autres tailleurs ne sont pas gênés d’encenser des héros vivants avec de beaux mots et de les oublier sans sourciller, dès qu’ils disparaissent, avec de la médisance en ambiance.

C’est Jean-François Kahn qui a écrit que l’ingratitude était un pouvoir dont on ne peut empê­cher celui qui en dispose d’en user et d’en abuser. Il aurait pu spéci­fier que notre monde politique con­golais dispose d’un réflexe jaco­bin dont il use et abuse à l’envi.

Surtout lorsqu’il s’agit de sauver les meubles tant culturels qu’historiques de la République. Encore faut-il de leur vivant que ce soit toujours le Chef de l’Etat qui intervienne en tant que « Père de la Nation » et qui envoie les artis­tes et les sportifs congolais célè­bres malades aux soins et enterre ceux qui nous quittent.

Après tous les honneurs ren­dus à Madilu « System » par la ville de Kinshasa, il faut veiller à ce que la loi de deux poids deux mesures ne se fasse des galons dans l’historique funéraire de la famille culturelle « RD.Congo­laise ».

A cause d’une certaine indo­lence dans la politique gouvernementale en ce domaine.

Jean-Marie Vianney Longonya

Adg de l’Agence Congolaise de Presse

(Ern.)


Uhuru


Last edited: 12/08/2008 16:28:39

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