La littérature congolaise ne fait donc pas le poids économiquement parlant, et, à défaut, ne dispose pas de l’entregent nécessaire, malgré son abondance éditoriale et les succès incontestables de certains de ces écrivains à l’extérieur.
Les ouvrages littéraires édités depuis 20 ans ont un tirage moyen 3 fois moins important que celui d’un livre d’un autre domaine.
D’après les recherches effectuées dans le cadre de cette étude, le volume d’exemplaires imprimes tourne autour des 1000, ce qui classe La RDC au nième niveau que le Val d’Aoste dans la production littéraire francophone. Le public visé semble donc très restreint à la base. A ceci se rajoutent les éternels problèmes des pays du tiers-monde analphabétisme récurrent (autour de 45% d’après les derniers chiffres), difficultés financières rendant l’achat de livres impossibles (les livres coûtent très chers en RDC), difficultés matérielles (absence d’électricité pour la lecture ou l’écriture) mais aussi culturelles, la vie communautaire rendant parfois difficile l’isolement nécessaire à la lecture.
Mais, en RDC se rajoutent d’autres difficultés, en particulier des problèmes de diffusion énormes (routes inexistantes, absence de librairies...) et une absence de politique gouvernementale encourageant la lecture (taxes nombreuses pour les libraires éditeurs, importateurs, bibliothécaires, etc..). Enfin, les publications sont souvent le fruit d’auto édition, ce qui rend le milieu éditorial fragile et peu organisé.
Car, aujourd’hui, l’écrivain congolais est dans une impasse il n’est lu ni en RDC, du fait de problèmes énormes de distribution, d’une impossibilité de « médiatisation » et d’un lectorat confidentiel, ni en Occident, faute de pouvoir entrer dans les circuits de l’édition parisienne, du fait de sa « belgitude » d’origine. La littérature congolaise ne fait donc pas le poids économiquement parlant, et, à défaut, ne dispose pas de l’entregent nécessaire, malgré son abondance éditoriale et les succès incontestables de certains de ces écrivains à l’extérieur.
Pourtant l’émergence, dans les années soixante-dix, d’une forte créativité marquée par l’organisation de prix littéraires (Prix Goethe, Prix Ngongo, Concours L.S. Senghor) et la naissance de nouvelles maisons d’édition comme le Mont noir avait fait naître beaucoup d’espoir. Les œuvres produites a cette époque, souvent issues de ce que l’on a, un temps, appelé « L’école de Lubumbashi » restent toujours les textes de référence d’aujourd’hui, même s’ils sont introuvables du fait des problèmes importants de conservation des documents dans ce pays. Lyliane Kesteloot et Jacques Chevrier d’ailleurs, ne citent que Pius Ngandu Nkashama et Valentin Yves Mudimbe dans leurs anthologie respectives.
( A suivre )
(Ern.)
Christophe Cassiau-Haurie-Sudpla.net/Le Potentiel
Last edited: 12/08/2008 16:05:16