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Littérature de la Rdc : la traversée du désert

Kinshasa, 12/08/2008 / Culture
La littérature congolaise ne fait donc pas le poids économiquement parlant, et, à défaut, ne dis­pose pas de l’entregent nécessaire, malgré son abondance éditoriale et les succès incontestables de certains de ces écrivains à l’extérieur. Les ouvrages litté­raires édités depuis 20 ans ont un tirage moyen 3 fois moins important que celui d’un livre d’un autre do­maine.

D’après les recher­ches effectuées dans le cadre de cette étude, le volume d’exemplaires im­primes tourne autour des 1000, ce qui classe La RDC au nième niveau que le Val d’Aoste dans la production littéraire francophone. Le public visé semble donc très restreint à la base. A ceci se rajoutent les éternels problèmes des pays du tiers-monde analphabétisme récurrent (autour de 45% d’après les derniers chiffres), difficultés finan­cières rendant l’achat de livres impossibles (les livres coûtent très chers en RDC), difficultés matériel­les (absence d’électricité pour la lecture ou l’écriture) mais aussi culturel­les, la vie communautaire rendant parfois difficile l’isolement nécessaire à la lecture.

Mais, en RDC se rajoutent d’autres difficul­tés, en particulier des pro­blèmes de diffusion énor­mes (routes inexistantes, absence de librairies...) et une absence de politique gouvernementale encoura­geant la lecture (taxes nom­breuses pour les libraires éditeurs, importateurs, bi­bliothécaires, etc..). Enfin, les publications sont sou­vent le fruit d’auto édition, ce qui rend le milieu édito­rial fragile et peu organisé.

Car, aujourd’hui, l’écrivain congolais est dans une impasse il n’est lu ni en RDC, du fait de problèmes énormes de distribution, d’une impossibi­lité de « médiatisation » et d’un lectorat confidentiel, ni en Occident, faute de pouvoir entrer dans les cir­cuits de l’édition parisienne, du fait de sa « belgitude » d’origine. La littérature congolaise ne fait donc pas le poids économiquement parlant, et, à défaut, ne dis­pose pas de l’entregent nécessaire, malgré son abondance éditoriale et les succès incontestables de certains de ces écrivains à l’extérieur.

Pourtant l’émer­gence, dans les années soixante-dix, d’une forte créativité marquée par l’or­ganisation de prix littérai­res (Prix Goethe, Prix Ngongo, Concours L.S. Senghor) et la naissance de nouvelles maisons d’édition comme le Mont noir avait fait naître beaucoup d’es­poir. Les œuvres produites a cette époque, souvent is­sues de ce que l’on a, un temps, appelé « L’école de Lubumbashi » restent tou­jours les textes de réfé­rence d’aujourd’hui, même s’ils sont introuvables du fait des problèmes impor­tants de conservation des documents dans ce pays. Lyliane Kesteloot et Jac­ques Chevrier d’ailleurs, ne citent que Pius Ngandu Nkashama et Valentin Yves Mudimbe dans leurs anthologie respectives.

( A suivre )

(Ern.)

Christophe Cassiau-Haurie-Sudpla.net/Le Potentiel

Last edited: 12/08/2008 16:05:16

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