A Bukavu, certains gamins ont profité de leurs vacances pour ramasser les sachets plastique dans les rues et les dépotoirs de la ville. Ils ont ainsi quelques peu embelli la capitale du Sud-Kivu et ont, par la même occasion, gagné des sous.
Le 24 juillet dernier, la mairie de Bukavu a brûlé, un peu à l’écart de la ville, 8 tonnes de sachets plastique à Elakat, dans la vallée de la Ruzizi. Annoncée deux semaines plus tôt par le maire Prosper Mushobekwa, l’opération “ Bukavu, ville propre ”, qui visait notamment à débarrasser les rues de ces sachets, a drainé une foule de volontaires, en particulier chez les plus jeunes. Des le lendemain de l’annonce, le dépotoir de l’agglomération Camp Ngambo a été envahi, notamment par des enfants de la rue et des écoliers en vacances.
“ Toute personne qui apportera des sachets usages recevra 300 Fc (0,54 $) le kilo ”, avait explique, la veille, le maire sur les ondes des radios locales. Dépourvus de gants, les ramasseurs se sont pressés de séparer les sachets d’avec les autres ordures du dépotoir.
Patiemment, ils ont rempli jusqu’au soir de gros sacs. Certains enfants de la rue ont préféré faire du porte-à-porte en demandant aux gens s’ils n’avaient pas des sachets pour eux. Le lendemain matin, tous se retrouvaient devant le portail de la mairie, pour montrer leurs prises et obtenir en retour leur argent. Dans la file d’attente, Alain Ikunji semblait satisfait de ce qu’il avait glané la veille: “ Nous avons ramassé des sachets partout, mais les grandes quantités se trouvent dans les dépotoirs. ”
Travail d’équipe
Pour être plus performants, certains ont fait équipe. “ C’est très difficile de réunir tout seul plusieurs kilos. Nous nous sommes donc organisés en groupes de trois à cinq personnes ”, raconte Songa, 10 ans environ. Fikiri fait partie d’un groupe de cinq gosses qui ont apporté 27 kg de sachets. Content du travail abattu, il déclare: “ Nous allons partager équitablement. Je remettrai ensuite ma part à ma maman pour qu’elle ait de quoi nourrir notre famille. Nous pourrons même économiser pour acheter des cahiers pour la rentrée scolaire ”, se réjouit-il.
Après quinze jours, l’opération Bukavu, ville propre a pris fin. La ville est certes plus propre mais des Ong et la population se sont alarmées des fumées toxiques dégagées lors de l’incinération de ces tonnes de plastique. D’autant qu’il est possible de recycler ces sachets comme le font déjà certaines associations qui fabriquent depuis longtemps différents objets à partir de ces déchets.
Par ailleurs, pour tenter de résoudre le problème à la source “ la mairie est en train de rédiger une proposition d’arrêté suspendant l’importation des sachets ”, annonce le coordinateur urbain. Les efforts des jeunes vacanciers n’auront peut-être pas été vains…
(Ern.)Thaddóe Hyawe-Hinyi/Syfia Grands Lacs/Uhuru
Last edited: 11/08/2008 18:11:05