La nouvelle reconstitution des faits réclamée jeudi par les parties est intervenue finalement le vendredi, sur l’avenue Haute tension, à Ma Campagne, sous un climat presque glacial.

Lors de cette séance essentiellement technique, deux thèses avancées par la défense et la partie civile se sont entréchoquées. Il y a d’une part la défense de Mwewa qui, s’appuyant sur les anciennes dépositions du brigadier Kankonde, attribue le meurtre du vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa à son garde du corps dont Me Théodore Mukendi a déploré l’état de panique, les tirs en désordre à la suite d’une formation inappropriée en maniement des armes et à la protection des V.I.P.
Mes Kazadi et Théodore Mukedi, avocats des prévenus Patrick Mwewa et consorts, allèguent en effet que ce jeune policier n’a pas su protéger son chef. Pire, alors que Daniel Botethi était sorti le premier de la voiture pour chercher un abri, les avocats de Mwewa font remarquer que le brigadier Kankonde ne l’a pas cherché. Il s’est plutôt empressé daller se mettre à couvert pour sa propre sécurité.
Et même quand le garde du corps a quitté le lieu, ont-ils noté, aucun objet, ni corps étendu par terre n’a attiré son attention. Pour ces deux avocats, il est probable que le meurtrier de Daniel Botethi soit son garde du corps. Ils ont ainsi réclamé que soient produits à l’audience de mardi prochain les rapports d’expertise en balistique sur les douilles des balles tirées la nuit des faits, celte extraite de la tempe de Botethi et les types d’armes utilisées. Kankonde, visiblement troublé par cette version, a maintenu ses anciennes déclarations. Il a rappelé qu’il faisait sombre sur le lieu et qu’il n’a pas pu découvrir quelque chose par terre.
Sur base des enquêtes menées et des éléments très fiables dont il dispose, l’Omp s’est dit convaincu par la thèse du meurtre, mais commis par Mwewa et sa bande. Il a souligné à ce sujet que cette même bande s’est illustrée par plusieurs crimes dans le passé. D’autres dossiers judiciaires sont en instruction et montrent que Mwewa et ses acolytes rien sont pas à leur premier forfait.
Le général Botethi soutient la thèse de l’assassinat
La seconde thèse, celle de l’assassinat, a été formulée par les avocats de la partie civile Botethi. En effet, par a voix de ses conseils. le général Botethi pense de plus en plus que son fils a été extrait de sa voiture, juge, condamné et exécuté par ses assaillants. Et c’est probablement avec une arme Aka qu’il a été tué.
Dans cette logique, Me Karl relève deux faits distincts. Un le corps de Botethi a été atteint par trois balles, une première à la mâchoire supérieure, une seconde à l’avant-bras et une troisième à la main. Il croit que trois assaillants ont tiré sur lui avec trois armes de même type où un seul assaillant aurait tiré trois coups de balles. En outre, la veste du député provincial, selon le constat fait par la famille lors du transfert du corps à la morgue, était trouée au niveau de l’épaule. La famille reste donc convaincue de la thèse de l’assassinat jusqu’à preuve du contraire. Un assassinat précédé par des scènes de violence.
A une question du tribunal au sujet de la position de Kadi, Patrick Mwewa a rappelé qu’ils étaient cinq sur le lieu. Fidèle, Kadi, deux autres membres de sa bande et lui-même. A part lui, le guetteur, tous ses amis portaient des armes. Kadi qui avait l’Aka 47, a-t-il soutenu, s’était posté du côté du mur. Les autres tenaient des Fa. Confronté à cette de position, Kadi a rétorqué qu’il n’était pas à Kinshasa cette nuit-là. Selon lui, la version de Mwewa relève de la pure invention.
Les hypothèses de la police scientifique
Appelé à expliquer de nouveau la scène du crime, le colonel, Van a indiqué que la voiture portait plusieurs impacts de balles, tirées l’une du dehors vers l’intérieur et les autres de l’intérieur vers l’extérieur. La police scientifique a trouvé des douilles dans la voiture trois du côté gauche de la Mercedes et trois autres non loin du corps de Botethi.
Le président du tribunal s’est particulièrement intéressé à la position des tireurs par rapport aux balles qui ont atteint le corps de la victime, et celles trouvées non loin de la voiture. Cela pour permettre une meilleure reconstitution de la scène du crime, Cette tâche n’est pas aisée avec la versatilité des prévenus et des différents témoins.
Le responsable de la PTS ne sait pas dire avec exactitude combien d’assaillants étaient présents sur le lieu et combien ont effectivement tiré. Le colonel Van a toutefois tenté de donner la position probable que devaient occuper les tireurs si Botethi était devant eux et debout. A l’en croire, l’un devait être accroupi. Ce qui indique la trajectoire de la balle de la mâchoire à la tempe. Dans son rapport la police scientifique avance des hypothèses qui peuvent se confirmer avec des déclarations des prévenus et des témoins des scènes des crimes, devrait-il conclure.
Une association de malfaiteurs ?
Patrick Mwewa est revenu à la barre pour décrire tous ses mouvements, de son poste d’observation sur l’avenue Nguma jusque sur le théâtre de la fusillade sur l’avenue Haute tension. Quand il a entendu des coups de feu, a-t-il indiqué, il est monté sur la colline et c’est à cet instant que son ami Fidèle a tiré sur lui au motif qu’il était paniquard.
Mwewa déclare avoir fui vers l’avenue dite “ 80 jours ” où la police l’a récupéré. L’organe de la loi est revenu à la thèse du meurtre qui impute à Patrick Mwewa, Kadi, Fidèle et consorts. Car, pour lui, cette même bande s’est illustrée par d’autres forfaits en recourant au même modus operandi. Le chauffeur Ngoma, braqué dernièrement par la bande à Kadi, et convoqué pour déposer au prétoire en plein air du tribunal militaire, n’a pas été entendu, parce qu’il fallait régulariser la procédure.
(Th)J.R.T./Le Phare
Last edited: 11/08/2008 18:00:10