Le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, le Général Denis Kalume Numbi s’attaque enfin au “ chantier partis politiques ”.

C’est sans doute l’illustration de l’exception “ zaïro- congolaise ”.
Après les élections quasi-générales de 2006, le nombre de partis politiques est toujours aussi impressionnant: 288 formations recensées au ministère de l’Intérieur. Ce sont les représentants de tous ces partis politiques que Denis Kalume a réunis samedi dernier, pour créer une passerelle entre la classe politique et le gouvernement. Pan difficile eu égard à la kyrielle des conflits de paternité et d’appellation qui opposent nombre de partis politiques.
Connu pour sa rigueur et son esprit de méthode, Denis Kalume ouvre, cette fois-ci, un chantier à hauts risques. Certes, la démarche du Général Kalume obéit au cahier de charges de son ministère. Le “ premier flic du pays ” a aussi dans ses attributions la gestion des partis politiques. Et le Général n’est pas homme à laisser un pan entier de son département échapper à son contrôle. C’est donc un Kalume sûr de son fait qui a rencontré les responsables politiques. Pour cet homme dont l’organisation du travail est son dada, les chefs des partis ont eu droit à un cours avec force supports numériques.
En somme, le ministre de l’intérieur a convié ses interlocuteurs à un partenariat républicain. Il s’agit pour les partis politiques de participer, de concert avec le ministère de l’intérieur, a l’évaluation du cheminement démocratique et d’apporter, chaque fois que cela est nécessaire, des correctifs. Cette collaboration implique aussi que les partis politiques s’imprègnent des textes en vigueur et indiquent leur traçabilité idéologique.
Ministre de l’intérieur, Denis Kalume a l’ambition de faire des partis politiques, dans leur diversité les partenaires du processus démocratique. Un registre des critères de performance sera établi.
Initiative louable au regard de la méfiance voir de l’animosité qui a souvent caractérisé les rapports entre le pouvoir zaïro-congolais et certains partis politiques.
Seulement voilà l’entreprise du ministre de l’Intérieur est loin d’être une sinécure. D’abord parce que nombre d’interlocuteurs du Général Kalume animent en fait des partis confidentiels ”. Ces formations politiques qui ont été activées juste pour participer aux différents partages du pouvoir depuis la CNS jusqu’à Sun City. La plupart de ces partis politiques ont été incapables de participer aux élections de 2006. Faute de militants. Les plus téméraires ont vu leurs géniteurs peiner à obtenir le moindre pourcent de suffrage!
Manifestement, le tamis qu’a été le scrutin n’a pas eu raison de “ partis alimentaires ”, puisque le Général Kalume a fait salle comble samedi dernier.
En plus l’autre écueil pour le ministre de l’intérieur, c’est le fameux dédoublement des partis politiques. Des formations, parmi les plus en vue, sont en proie à des conflits d’application ou tout simplement de paternité. La toute récente chronique charrie le cas Unafec: ce parti cher à feu Kisimba Ngoy fait face à un schisme qui est loin de s’estomper. Le cas le plus emblématique est celui de l’Udps dont au moins trois tendances sont reconnues.
Cette situation ne facilite guère le nécessaire dialogue entre le pouvoir et la frange la plus représentative de l’Udps à savoir celle que conduit Etienne Tshisekedi. C’est précisément là que le bat blesse. Pour socialement opportune et constitutionnellement nécessaire qu’elle soit, l’initiative de Denis Kalume gagnerait en efficacité si elle était recadrée. En clair, le dialogue républicain devrait prendre en compte le poids et la représentativité des partis politiques.
Déjà, le Parlement est un baromètre important de la fiabilité des partis politiques congolais. En plus de cet indicateur, nul besoin d’être devin pour identifier dans les formations non parlementaires, celles qui ont pignon sur rue, donc celles qui font problème.
(Ern.)Forum des As
Last edited: 11/08/2008 17:58:25