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Bonjour | 02/12/2008 13:37 | English Make DC Home page | RSS feed

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Une réunion conjointe de réévaluation de la coopération belgo-congolaise est attendue pour dénouer une crise que ni le Congo, ni la Belgique ne veut voir déboucher sur une rupture. La dernière crise diploma­tique consécutive aux propos peu courtois du ministre belge des Af­faires étrangères, Karel De Gucht soutenant “ l’obligation morale ” qu’avait son pays pour s’intéresser à ce qui se passe au Congo, s’inscrit également dans cette lo­gique d’une idylle s’abreuvant constamment des brouilles pour exister. Mais au finish, on savait que les choses allaient rentrer à la normale. Plusieurs faits peuvent être décryptés dans ce sens à l’image de la lettre que le ministre belge de la Coopération au déve­loppement, Charles Michel venait de transmettre en début de Semaine à son homologue congo­lais, Antipas Mbusa Nyamwisi, ministre des Affaires étrangères.

Le contenu de cette corres­pondance repose essentiellement sur la normalisation de la coopé­ration bilatérale entre les deux pays. Selon le diplomate belge Johan Swinnen interrogé à ce su­jet, la lettre a trait à la fixation de la date par la partie congolaise, pour le réexamen de cette coopé­ration bilatérale entre Kinshasa et Bruxelles conformément à la dé­cision du Conseil des ministres lors de sa réunion tenue dernière­ment à Matadi, dans la province du Bas-Congo.

“ La convocation rapide de cette rencontre permettra au comité des partenaires de se pencher sur un certain nombre de questions d’évaluation et de faire un état des lieux des relations de coopération entre les deux pays, a dit l’ambassadeur Johan Swinnen, rappelant les efforts en cours pour rechercher des voies et moyens pour aller vers une nor­malisation des relations entre les deux pays. Ceci n’est, en fait, que l’aboutissement d’une série d’ac­tions que les deux parties ont eu à poser sur la voie de l’apaisement traduisant par là, leur volonté à sau­ver les meubles. La diplomatie sécrète a fonctionné en plein ré­gime.

Haro sur l’orgueil néo-colonial

Des officiels congolais ont plus d’une fois effectué le voyage de la Belgique et vice-versa. La présence remarquée de la délé­gation belge à Kananga lors des festivités des 48 ans d’indépen­dance de la RD Congo, était perçue par maints analystes comme un signe de dégel. Car, la vérité enfouie dans le subconscient des opérateurs politiques de deux pays, repoussait toute idée de rupture, de césure et de mise à froid d’une coopération qu’on sa­vait mutuellement avantageuse.

Déjà, au plus fort de la crise alors que la tension montait dans la majorité sur l’attitude à tenir en­vers l’ancienne colonie - le Premier ministre belge Yves Leterme n’avait de cesse jouer la carte de l’apaisement en arborant le cos­tume de sapeur-pompier. “ Je veux rétablir la relation de confiance entre la Belgique et le Congo au cas ou celle-ci était en danger ”, avait-il soutenu au détour d’une interview.
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Aujourd’hui plus qu’hier, la côte d’amour de la Belgique pour son ancienne Métropole s’est ac­crue, consécutive sans doute aux diverses sollicitations dont la RD Congo est aujourd’hui l’objet de la part des pays asiatiques dont la Chine et l’Inde. La Belgique per­çoit aujourd’hui mieux que quicon­que le danger de perdre tout en­crage au Congo dont le position­nement géostratégique et regor­geant des potentialités énormes constitue un gage à sa propre survie.

Au moment où se profile cette éventualité de réévaluation de la coopération belgo-congo­laise, la Belgique veut certainement se racheter en développant une nouvelle approche de coopé­ration économique et militaire cen­trée sur les besoins de finance­ment auxquels fait réellement face la RD Congo. Une approche con­sistant à l’accompagnement des efforts déployés par le Congo, tout en demeurant exigeants sur les principes de gouvernance, de cor­ruption et de droits humains sur lesquels la Belgique s’est toujours montrée, à juste titre d’ailleurs, ­intransigeante.

Il est temps de passer l’éponge

C’est dans ce registre qu’il faut inscrire sans doute la volonté de la Belgique d’accompagner le programme “ Amani ” lancé après l’accord de Goma et portant sur un “ Acte d’engagement ” prévoyant un cessez-le-feu immédiat puis un désengagement progressif des troupes sur le terrain avant leur démobilisation. Pour le chef de la Mission diplomatique belge, son pays a aussi un rôle à jouer, un rôle constructif et d’encourage­ment des acteurs, y compris des groupes armés, dont certains re­lancent le recrutement qu’il quali­fie de “ signe inquiétant ”.

Il indique que la seule voie pour tout le monde est celle de la reconstruction de cette région, qui est une voie pacifique et de con­certation à laquelle la Belgique veut s’impliquer. Cette réévaluation conjointe de la coopération sera peut-être la porte de sortie qui permettrait de dénouer une crise que ni le Congo ni la Belgique fran­cophone ne veut voir déboucher sur une rupture.

A tout prendre, une page de l’histoire effective entre la Belgique et la RD Congo vient d’être tournée à la faveur de cette corres­pondance du ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel. Les deux pays qui, entre temps, avaient fermé leurs consulats respectifs à An­vers (Belgique) et à Lubumbashi et Bukavu en RD Congo, doivent dorénavant penser à leur réouver­ture. Comme qui dirait, tout est bien qui finit bien.

(Milor)

Alain Diasso/Uhuru

Last edited: 09/08/2008 15:33:00

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