L’histoire, dit-on, est un éternel recommencement. Si tel est le cas, et le Président Joseph Kabila, qui détient le vrai pouvoir en RDC (politique et militaire) et le Premier ministre Gizenga avec son poids politique dans plusieurs provinces du pays, doivent demeurer sur leurs gardes.

Car, la première action consistera à les diviser grâce à l’appui de l’Occident pour disqualifier le Premier ministre pour ensuite les affaiblir et déblayer le chemin pour l’avènement de la troisième voie. Dans ce jeu, Kengo est très fort et ne recule jamais devant un obstacle. C’est généralement lorsqu’il a fini de déployer son dispositif qu’on se rend compte de son vrai rôle. Au départ, il lui faut toujours une impunité politico-juridique (Premier ministre, président du Sénat…). Ensuite, il excelle dans des contacts avec le monde occidental tout en se lançant à l’assaut des acteurs politiques congolais à travers des contacts.
S’il s’en prend ouvertement au Premier ministre ou au Gouvernement, il a toujours quelques allusions prêtes à creuser le fossé pour le chef de l’Etat. Il serait donc faux de croire qu’il ne vise que l’un deux. En réalité, la troisième voie sert à balayer, à défaut donc détourner sensiblement, les deux premières. Lorsqu’il se rend compte qu’il ne lui est pas facile d’achever les deux, Kengo choisit de se rapprocher du président de la République (le détenteur du vrai pouvoir en Afrique) pour enterrer le Premier ministre. Si donc Kengo fait peur ce n’est pas par hasard. Mais, c’est bien parce que son jeu commence à se mettre en place. Seuls les naïfs peuvent croire qu’il discourait sur le leadership en RDC et l’Etat de droit simplement pour se livrer à une gymnastique intellectuelle.
Quand le putsch de Mauritanie donne matière à réflexion
Le coup de force intervenu mercredi dernier à Nouakchott en Mauritanie donne matière à réflexion aux détenteurs du pouvoir en Afrique. Qui pouvait croire, il y a encore quelques jours, que le chef de l’Etat, en fait le chef de sa garde, pouvait faire arrêter le président et le Premier ministre au profit d’un conseil d’Etat ? Tout semble donc possible en Afrique où on doit scrupuleusement examiner ce qui se passe chez les voisins pour tirer des leçons. Surtout lorsque la convention avec la Chine dérange la communauté occidentale. Il faut donc éviter une surchauffe politique et économique pouvant faire le lit des agendas cachés. Mais, politiquement parlant, il ne serait guère exagéré de dire que Kengo est un danger pour Kabila et Gizenga.
Marcellin Manduakila/Forum des As
Last edited: 12/08/2008 16:51:25