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Bonjour | 02/12/2008 15:54 | English Make DC Home page | RSS feed

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Remaniement ministériel, sécurité au Kivu, préalables des enseignants, audit des régies financières et entreprises publiques, élaboration du projet de Budget 2009 ; cinq dossiers importants qui méritent un traitement d’urgence au regard de leur implication sur les grandes questions nationales. Déjà, l’on s’agite le spectre de septembre noir. L’heure est cruciale pour la Ré­publique démocratique du Congo. Le moment est venu de prendre des décisions courageuses pour donner une nouvelle impulsion au processus politique en cours. Un état d’esprit qui interpelle parti­culièrement le président de la République et le gouvernement. En fait, il convient de réagir à de nombreuses observations sur l’action du gouvernement. Pas plus tard que lors de la célébration de l’anniversaire de son parti, le président national du RCD, Me Azarias Ruberwa a établi un bilan qui rejoint d’autres observations déjà émises sur l’action gouvernementale.

Les différentes interpellations ou questions orales aux membres du gouvernement et qui ont émaillé la dernière session ordinaire du Parlement, entendez Assemblée nationale et Sénat, prouvent à suffisance qu’un réajustement de l’équipe ministérielle s’impose. Quelles que soient les alliances politiques conclues, c’est 1’intérêt supérieur de la Nation qu’il faudra privilégier. Il ne fait l’om­bre d’aucun doute que le prési­dent de la République a eu suffi­samment de temps pour mûrire ses réflexions sur l’action du gouvernement et voir comment ren­contrer les préoccupations de la population.

Il faut que tout soit bien dit et bien entendu. Le réajustement devra être vu sur un angle géné­ral et nullement viser une personnalité. Il doit consister à bri­ser effectivement cet immobilisme ” qui caractérise l’action du gouvernement à arrêter le dysfonctionnement des institutions nationales et à faire éclater ce “ cartel ” qui se confirme de plus en plus au sein de l’Exécutif dans le but d’entretenir des ré­seaux maffieux, affectant néga­tivement son action. L’objectif est de se mettre d’accord sur une vision politique, économique et sociale porteuse d’espoir et mo­bilisatrice des énergies nationa­les quitter les sentiers battus des “ slogans ” autour des pro­grammes déjà énoncés, d’ata­visme afin de se dépouiller du vieil habit de l’ “ amateurisme ”. Car, la bonne gouvernance ne se limite pas à la littérature politi­cienne, mais  engagement d’atteindre les résultats escomp­tés tout en protégeant les popu­lations. Le moment est venu pour que le gouvernement se remette en cause.

Sécurité et front social

Il a de soi qu’en se re­mettant en cause, le gouverne­ment s’engage dans des actions concrètes en vue d’accélérer les réformes au sein de l’Armée, de la Police et des services de renseignements. Ne pas recon­naître que la situation sécuritaire au pays demeure toujours préoc­cupante, serait s’inscrire dans une logique de “ suicide collectif ”.

Outre l’insécurité toujours grandissante dans les centres urbains, le Kivu demeure une me­nace permanente susceptible de déstabiliser la RDC et de pertur­ber  bon déroulement du pro­cessus politique.

Pourquoi ces résultats mi­tigés après Sun City et Goma ? Le gouvernement congolais est­ il incapable de soulager la misère des populations du Kivu ? Que dire de tous ces efforts humains et financiers déployés pour que la paix revienne dans cette partie de la République ? Aujourd’hui, le Programme Amani est menace. Les forces négatives, toutes tendances confondues, sont toujours omnipré­sentes et affichent une insolence incroyable. Aux dernières nou­velles, la “ guerre de communi­qués évoquait un déploiement des groupes armés. Quelle est la réaction du gouvernement ? Quelle est l’attitude de la Communauté internationale qui affirme déjà avoir dépensé 5 mi­lliards de dollars Usd en RDC alors que la paix totale est insai­sissable ? Une situation vraiment inquiétante comme si le complot contre la RDC persistait. Car, on ne peut comprendre que l’Acte d’engagement soit violé et que l’ exploitation des minerais se poursuive, faisant ainsi le bonheur de certains groupes de per­sonnes.

Entre temps, la tension sociale monte chaque année d’un cran dans le pays. Le corps en­seignant a déjà annoncé les cou­leurs. Des préalables ont été po­sés, faute de quoi il n’y aura pas de rentrée scolaire.

Bien avant eux, les évêques catholiques avaient tiré la sonnette d’alarme dénonçant cette démocratie à double vitesse : “  Il y a aujourd’hui un qui  sépare davantage les riches des pauvres. La tension salariale entre les hommes politiques et les agents de l’Etat appelle des reformes urgentes. Bien des salaires ne  sont toujours  pas payés, les enseignants et bon nombre d’agents de l’Etat sont clochardisés. Ce qui fait craindre une nouvelle vague de grève à la  prochaine rentrée scolaire si rien n’est fait pour les enseignants. Il est surprenant que même les sociétés minières n’arrivent plus à payer leurs agents. La misère sociale nous interpelle. Nous ne pouvons accepter une démocratie à deux vitesses, où il y a d’un côté ceux qui vivent dans l’opulence et  de l’autre ceux qui doivent se contenter des miettes ”.

Les mots peuvent paraître durs. Mais il n’y en a pas d’autres pour bien rendre la mi­sère des populations congolaises. Tenez. Le cas des fonctionnai­res et agents de l’Etat dure depuis plus de deux ans. Aucune solution n’a été trouvée. Et à un mois de la rentrée scolaire, des interrogations subsistent quant à la volonté politique du gouverne­ment de résoudre ce problème.

Même situation dans le secteur privé. L’application de SMIG pose problème, le patronat se montre réticent, évoquant à son tour des préalables.

Les parlementaires au tournant

La rentrée parlementaire s’annonce intéressante, surtout qu’elle sera consacrée à la ses­sion budgétaire. Or, le gouverne­ment a donné de la matière aux députés et sénateurs avec la dé­claration du ministre près le Pre­mier ministre relatif au détourne­ment de 1,3 milliard de dollars par les Régies financières et entre­prises publiques, à savoir: DGI, DGRAD, OFIDA, ONATRA, SNEL, OCC, SONAS, REGIDESO, et RVA.

Ce qui est intéressant dans cette accusation du minis­tre Mayobo, ce n’est plus le dé­bat autour du “   détournement ou du manque à gagner ”, mais que désormais, il est convenu que le gouvernement dispose “ d’immenses  moyens financiers propres ” bien gérés, bien contrôlés,  de compter sur ses propres ressources et ne plus continuer  à tendre la main aux partenaires extérieurs. Ces der­niers sont devenus trop regar­dants depuis qu’ils ont appris “ ce détournement  ou ce manque à gagner ” colossal.

Ainsi, le gouvernement qui, en principe, devra présenter son projet de Budget 2009 cons­titutionnellement le 15 septembre 2009, est condamné à sortir des sentiers battus pour être consé­quent avec le dernier point de presse du ministre Mayobo.

Au demeurant, ces “ cinq grands dossiers ” posent une question fondamentale: pourquoi cette insécurité permanente au Kivu, la non application de l’Ac­cord de Mbudi la sous-évalua­tion des prévisions budgétai­res !...

(Ern.)

Le Potentiel

Last edited: 07/08/2008 17:54:31

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