Au tribunal militaire de garnison de Ngaliema, les audiences se succèdent désormais dans une sorte de lassitude, depuis que l’une des pistes conduisant à André Kimbuta, a débou­ché sur une séance publi­que d’“ excuses ”. Patrick Mwewa a confessé sa faute et obtenu le pardon de celui qu’il avait “ offensé ”.

Mercredi, l’engouement qui mobilisait des foules n’y était plus. La soif de décou­vrir tous les assassins de Botethi, tous les comman­ditaires de ce crime odieux, ainsi que les mobiles de l’assassinat, n’a pas été étanchée par les incohéren­ces et la versatilité des pré­venus principaux, Patrick Mwewa et le sergent Kadi. Personne de tous les pré­venus appelés à la barre, Inoki alias Bébé Kero, Ka butshungu alias Moto ya Katanga, ne livre ni le fond de son coeur, ni n’aide la justice militaire à progres­ser dans la recherche de la vérité. Appelé d’abord seul, Patrick Mwewa a donné l’impression d’être un jeune homme sincère qui n’avait rien à cacher. Hélas, il chan­ge de déclarations à chaque audience. Chose que le mi­nistère public et les avocats des parties civiles lui font observer, comme pour sol­liciter sa collaboration fran­che à la justice militaire.

A l’audience de Mercredi et à une question du tribu­nal, il a reconnu qu’il était présent non loin du lieu du crime avec ses amis fidèle, Inoki alias Bébé Kero et deux gars inconnus de lui. Il ne sait donc pas dire ce qui s’est réellement passé avant le crépitement des balles, et au moment des faits. Curieusement, c’est en venant s’enquérir de la fusillade que ses amis ont tiré sur lui.

Cette version, aux dires de l’Omp, ne tient pas debout, Kady nous a servi la  “ loi de l’ormeta ” et prouvé qu’à force de fréquenter des brigands aguerris, sillonner les prétoires et séjourner dans les cellules du CPRK, il a appris plus d’un, tour.

Sans aveu et sans preuve palpable, Kady peut-il changer de stratégie et opter pour la vérité, telle est la question que l’audi­teur militaire et les avocats des parties civiles ne ces­sent de se poser devant le brouillard.

Sur l’affaire de dif­famation fomentée contre deux autorités politiques, sortie de l’imagination du lieutenant Edo Nzuzi et de Wama, pensionnaires de la prison de Makala, on n’étai pas assez avancé. Les prévenus attendus à l’audience n’ont rien apporté. Aucune vérité sur la véracité de ce montage Kasongo Phénomène, surnommé “ le professeur ” des stratégies aux prisonniers, pouvait­ s’écarter du schéma des délégations qui attire de plus en plus les prévenus  ? Il ne devait que suivre comme ses amis cette voie leur garantissant le bénéfice du doute. Cette denrée rare qui profite aux accusés.

(Milor)

Le Phare