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Bonjour | 05/07/2009 0:28 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le prévenu Patrick Mwewa demande pardon au Gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta. Une lettre de ce dernier pour mener des actions contre le MLC, déposée au tribunal. L’évènement majeur qui allait donner au procès de l’affaire de l’assassinat de Daniel Botethi, tout son inté­rêt pour l’opinion nationale et internationale, et par la même occasion, aider à élucider le mystère qui règne autour de ce dossier judiciaire, et même sur la nébuleuse trônant à la tête de l’industrie congolaise du crime, n’a pas eu lieu.

Certes, la confronta­tion a eu lieu hier, entre Mwewa et Kadi, entre Kadi et le gou­verneur de la ville, et entre Mwewa et le chef de l’exécu­tif provincial, mais rien de bon n’est sorti de ce “ dialogue des sourds ” devant le tribunal. Mwewa connaît Kadi comme son compagnon d’armes de la Garde républicaine, mais aussi comme celui-là avec qui ils ont opéré sur l’avenue Haute tension, à Ma Campagne. Kadi ignore superbement Mwewa. Que pense-t-il de Muloto et Kiamuloto ? Avec un certain sens de l’humour, il se deman­de s’ils sont des hommes ou des objets.

Les vérités promises par Mwewa et qui ont tenu la po­pulation kinoise en haleine, depuis le début du procès, ne se sont révélées à ce niveau des débats, que fantasmes, des chimères.

Des rendez-vous manqués avec des vérités sur l’indus­trie du crime

La déception était totale aussi bien pour les juges, le ministère public, les avocats des parties civiles que ceux de la défense. Même l’assistance s’est sentie roulée dans la farine alors que le prévenu Mwewa promettait de dire “ toute la vérité, afin de libérer sa conscience surchargée ”, réclamant aussi d’être confronté au gouverneur de la ville dont il exigeait la comparution. Autant des rendez-­vous manqués avec l’histoire judiciaire congolaise, par la volonté de sergent Kadi. Le “  stratège ” nie tout et igno­re tout le monde. Même son numéro d’appel téléphonique 0991813028.

Hier, un autre Mwewa est ap­paru à l’audience pour rectifier beaucoup de ces déclarations, parce qu’il était auparavant sous l’effet de l’anesthésie de sa première intervention chirurgicale.

A la question de savoir s’il se rappelait la remise de la somme de 1.200 dollars par Kadi, Mwewa est demeuré formel à ce sujet. Si le sergent Kadi a soufflé à sa bande, le nom du gouverneur comme com­manditaire, c’est encore lui qui avait apporté trois tenues militaires et un imperméable porté lors de l’assassinat du vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kins­hasa.

Crachant sa déception, Me Raoul, conseil du prévenu Junior Sushungu, a écumé quatre évidences tirées de la confrontation entre Kadi et Mwewa. Tous les deux, a-t-il fait observer, ne sont plus sous les effets de l’anesthésie. Amis de longue date, ils sont de la Garde républicaine et ignorent le gouverneur de la ville. Enfin, ces deux personnages s’illustrent par une incohérence et une inconstance dans leurs propos. Et de se demander par rapport au meurtre,  quels sont les actes matériels et positifs posés par Kadi, Mwewa, Junior Sushungu et André Kimbuta. Telle est la démarche suscep­tible pour lui et les autres avo­cats, de faire avancer l’instruc­tion de cette affaire criminelle.

Kadi bloque, Mwewa coincé demande pardon à Kimbuta

Devant la cacopho­nie orchestrée par le sergent Kadi, le tribunal est revenu sur Mwewa pour recueillir la réac­tion. Sa réponse est celle du désespoir. “ Puisque celui qui nous a parlé de Kimbuta nie tout, je ne sais plus quoi ajou­ter ” Me Théodore, son avo­cat, quelque peu inquiet par le blocage, lui a suggéré de demander pardon au gouver­neur. C’est ce qu’il fera sans tergiversations et à la satisfac­tion des sympathisants d’An­dré Kimbuta et de ce dernier qui s’est senti soulagé. C’était la déception pour ceux qui espéraient faire la découverte des réseaux criminels en action à Kinshasa.

Réagissant au volte-face de Mwewa et sa demande de pardon, le gouverneur a rappelé son message de la semaine passée. Il a condamné l’accu­sation gratuite et non fondée fomentée contre lui, avant de s’interroger comment on pouvait lui attribuer la paternité d’un acte ignoble. Il s’est tou­tefois, référé à la justice de son pays et émis le vœu d’être lavé de cette affaire, étant donné que son honneur, celui de sa famille était souillé. En tant que chrétien catholique, il suit l’exemple du pape Jean-Paul II qui a rendu visite à son assassin. Il acceptait le pardon de Mwewa, mais a insisté que toute la vérité soit faite dans cette affaire.

Par la suite, il a été in­vité à quitter le prétoire, avec comme consigne qu’il doit être disponible en cas de nécessité de l’instruction judiciaire.

Mais les avocats des parties civiles Botethi sont revenus à la charge en posant André Kimbuta, une pluie des ques­tions tournant autour de ses rapports avec Daniel Botethi, les turbulences à l’Assemblée provinciale, son emploi de temps la nuit des faits, ainsi que sa réaction dès l’annonce de la triste nouvelle.

Il a également été entendu sur la communication radio de la police signalant des incidents non loin de la paroisse St Luc, les fréquences radios de l’Ipkin, du district de la Lukunga et de l’Hôtel de ville.

Un des avocats de la famille Botethi bondira pour évoquer la demande de pardon menée auprès des parents du député provincial, par Cris­tophe Kilimu de l’Association des ressortissants de Kipoke. Les avocats ont sollicité sa comparution, en même temps qu’ils ont déposé une  lettre d’André Kimbuta adressée aux instances supérieures pour  sur­veiller, identifier, localiser des groupes du MLC préparant des manifestations pour pro­tester contre l’arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba à Bruxelles, en vue de leur  neu­tralisation. L’audience reprend ce matin.

 Qui se cache derrière Mwewa et Kasongo

Au regard de la con­fusion qui ne fait que s’accu­muler, le procès Botethi sem­ble cheminer tout droit vers un mur. Après les  excuses     présentées par le prévenu Mwewa au gouverneur Kim­buta et le “ pardon ” de ce dernier au “ pêcheur ”, opi­nion reste sur sa soif quant à la nature de la main noire qui a planifié le complot visant à criminaliser le gouverneur de la ville de Kinshasa et le prési­dent de l’Assemblée Nationale, Vital Kamerhe.

Plus se précise la thè­se de la cabale contre ces deux personnalités membres de la famille politique du Chef de l’Etat et davantage les esprits sont triturés par une lancinante et inévitable interrogation : qui se cache derrière Mwewa et Kasongo ” ? la chose dé­sormais à craindre est que la vérité tant recherchée et réclamée ne puisse plus jamais ap­paraître au grand jour, compte tenu de toutes les zones d’om­bre qui enveloppement le dérou­tement du procès.

Mais s’il y a un “ chan­tier ” à ouvrir, c’est celui de la recherche du ou des commanditaires ayant mis dans la bou­che de Kasongo et Mwewa les noms de Kimbuta et Kamerhe.

Il est crucial que l’opi­nion congolaise sache le mo­bile ayant motivé la décision de ces compatriotes qui ont pris la liberté de jeter en pâture deux personnes présumées innocentes et qui, visiblement, n’étaient pas liées à l’ignoble assassinat du député provincial Daniel Botethi. Quel    sera le verdict, il faudrait que    la justice militaire laisse le dossier ouvert et poursuive les investigations devant absolu­ment conduire à l’identification des manipulateurs de Kasson­go et Mwewa.

De nombreux obser­vateurs s’accordent désormais sur le fait que les deux pré­venus ne pouvaient, de leur propre chef, tirer du chapeau les noms de Kamerhe et Kim­buta Quelqu’un ou des gens doivent les avoir aiguillés vers ce gros gibier. Mais qui ? C’est ce que tout le monde aimerait savoir, de manière à ce qu’un dispositif efficace soit mis en place pour éviter que d’autres plaisantins nuisent à l’honneur des autres.

(Milor)

Le Phare

Last edited: 06/08/2008 17:47:52

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