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Hommage à Wendo Kolosoy, alias Wendo Sor (2)

Kinshasa, 04/08/2008 / Musique
Les éditeurs, qui ne sont pas grecs, comme les Papadimitriou de Ngoma, commencent à s'inquiéter du plein de bénéfice que Ngoma fait sur Wendo. Matoi ekosua o ngai muana o nalembi monano, lisumu mpo nasaka ba nzembo eloko ya lisano eloko ya esengo, nakovanda na kati ya ndako na komituna eloko nini nasali, bakosala manso o o mpo naboma moto te o maloba nyoso o mama.  Motema ekobeta noki noki ah, ah, na façon ya likambo, nalembi kotala ah na miso nazela kaka ah baya koboma.  Solo nalembi nalembi koyoka na matoi tika nabimisa nazali mosali ya nzembo, nazonga na mboka bayambi ngai na peuple banguna balobi balobi toluka akufa, liwa ya Tabu ezali na baboko ya Yezu, Rochereau mwana ya Congo mokitani ya Wendo...  Source : Rochereau Tabu Ley, dans Mokrano, 1969, en préparant le spectacle de l'Olympia de Paris.

I.    Phase générique, Wendo entre en scène

Il venait de la province de l'Équateur, il avait écouté les chansons lyriques et deuil de type, "Joie et misère de la vie".  Précoce au langage de l'âme qui exulte et gémit, Wendo a mis au fond de ses fibres intestines les mélodies de cette double Élogie-Élégie et a débarqué à Léopoldville pour faire équipe dans le sein des artites, alors ses aînés, Paul Kamba et Mundanda Antoine, tous Congolais de Brazzaville, mais évoluant dans la capitale du Congo-Belge.  D'Antoine Mundanda, on se souvient de la chanson "Poto-Poto mboka monene solo Kinshasa poto moyindo" que mon ami, Makela, dit Café Dodo, de Bandal sise rue Kimbanza va immortaliser à l'émission des jeunes poètes et dramatureges : "Barza".  On ne peut pas parler de l'un sans l'autre, Paul Kamba, n'est pas inscrit dans la mémoire collective par la survivance de sa musique, mais d'une manière indélébile par une poignante chanson de Wendo Sor et même plus tard, en 1966 par l'OK Jazz et Vicky Longomba qui dit : "Paul Kamba, yaka yaka bowane na Wendo bakolela iyo" ...  Revenant à Wendo, celui-ci déplore dans son chant la mort de son ami Polo Kamba due à un naufrage de pirogue accompagné de noyade sur le fleuve Congo au milieu des années quarante.  "Nakonzemba nzemba nzemba polo eh polo eh polo eh" ...
 
Le début de Wendo Sor n'est pas une pompeuse entrée en scène, mais une arrivée discrète qui se traduit par une éruption lorsque ce jeune homme quand il a dix huit ans se met à chanter et à charmer les Congolais de son temps, nos pères, nos mères et nos grands parents.  Mais avant d'aller plus loin, il faille que je dise quelques mots dits sur la fiche d'identité d'Antoine Wendo Kolosoy.  L'artiste disparu est né à Mushie, dans l'actuel province de Bandundu, vers 1925.  C'est la maman de Wendo qui a initié son fils à la chanson, car celle-ci chantait dans le deuil avec des groupes folkloriques et Wendo était déjà orphelin de père en bas âge.  Sur place dans la Capitale Léopldville, il s'essaie d'abord en sport, Wendo veut être boxeur, mais quand il maîtrise les accords principaux de la guitare, il change d'option.  Toutefois, avant d'arriver à cette consécration, il a été engagé comme graisseur dans les bateaux de l'OTRACO, actuel ONATRA, sur le Luxembourg.
 
À Brazzaville, en cette époque-là, il y a avait un groupe à succès "Victoria-Brazza" de Paul Kamba.  Piqué au vif par le succès de cet ensemble de l'autre rive, Wendo crée à son tour sur la rive gauche du fleuve Congo, à Léopoldville, "Victoria-Léo" , c'était en fait pour bloquer l'expansion envahissante des musiciens de Brazzaville et pour équilibrer l'ambiance entre les deux villes jumelles les plus proches du monde.  À la sortie de son groupe en public, Wendo lance la chanson "Victoria apiki dalapo", cela signifie que moi Wendo je m'impose chez moi et m'affirme sur mon terrain comme un mat de drapeau.  Le répertoire de jeune artiste est vaste et plein de lyrisme.  Voici quelques chansons fétiches :
  • Marie-Louise ;
  • Polo Kamba atiki biso na mawa ;
  • Victoria apiki dalapo, etc.
Évidemment, la reconnaissance de Wendo n'est pas un succédané impromptue, c'est la ville de Léopoldville, par ses habitants, qui fait sa promotion en parlant de lui à tout bout de champ.  Or, en ces années-là, les Grecs de la communauté congolaise étaient le plus grands producteurs de musique et des musiciens.  Pour Wendo, c'est la "Maison Ngoma" qui le remarque et celle-ci le lance sur le marché.  Du jour au lendemain, la coquluche des fans de Lipopo est plébiscité sans marketing, son nom se déploie comme l'ouragan dans un ciel acquis à la tornade et à l'orage.  Wendo devient célèbre, la communication médiatisée n'est pas sophistiquée comme aujourd'hui, un héros est un héros, on n'a pas à le contester, les portes de la gloire s'ouvrent pour lui. 

II.    La célébrité et le déclin

Constatant que Wendo était très demandé par tout le Congo-Belge, la Maison Ngoma se fit le devoir de capitaliser sur son poulain.  Une grande tournée est organisée dans les six provinces et Wendo va à la conquête du public les plus éloignée de sa ville résidence, Léopoldville.  On entend à la radio à la fin de cette tournée des mélodies faisant allusion à ce grand voyage de découverte et de promotion, telle que "Wendo akomi Kisangani, Wendo akomi aleki na Kisasa, wendo akoti ..."  C'est un Wendo très vif et très créatif qui fait la pluie et le beau temps, son succès éclipse ses aînés comme Adou Elenga et tous les anciens de la place aux vedettes à Léopoldville. Le plus curieux, c'est que Wendo inaugure un genre de succès comparable à ce que Frank Sinatra faisait aux États-Unis, c'est-à-dire un phénomène de soulèvement des foules et un charisme artistique qui fait fuir les jeunes de l'école pour suivre cette vedette dans ses escale.  En fait, le "phénomène Ngembo" commence avec Wendo au tournant des années '40 et '50.

a) Grandeur et apothéose

Grandeur et Pour les Belges cette mutation sociale est inquiétante surtout qu'Adou Elenga venait de chanter "Ata ndele mokili ekobaluka" et dans la Force Publique, l'armée coloniale, une mutinerie, menée par le Sergent Ngoie Mukalamushi, instruisit la Belgique d'un éveil de la conscience populaire en milieu congolais.  Dès lors, lorsque Wendo se déplaçait pour aller jouer de la musique quelque part, on envoyait en détachement un peloton de police et des agents de la sûreté pour le suivre ouvertement ou en catimini.  Malheureusement, ces intimidations n'auront pas d'effets sur la conduite de Wendo, car ce dernier ne commettait pas des actes dérangeant l'Establishment colonial, il plutôt adulé par les fans que se mettre à ses trousses, c'est perdre son temps.  Les années '40 sont pour Wendo un temps d'essor qui culmune vers le sommet, le début des années '50.

Les éditeurs, qui ne sont pas grecs, comme les Papadimitriou de Ngoma, commencent à s'inquiéter du plein de bénéfice que Ngoma fait sur Wendo.  Aussi, en pareil contexte, tous les aspirants musiciens ou ceux qui évoluent sur la place publique ne jurent plus que par le Papadimitriou pour se tailler une place dans le monde de la musique et du spectacle.  Nous sommes entre 1950 et 1954.  Il est important pour l'intérêt de l'histoire que les noms de certaines maisons d'édition soient rapportés :
C'est à cette période que Wendo, au hasard de ses compositions écrits des plus belles chansons.  Cette notoriété offusque les gardiens de la morale publique et suscite la crainte des responsables des écoles et de l'instruction publique.  Dans le collimateur, c'est "Marie Louise", le succès de 1948, qui dérange.  Car, dans l'entre-temps, cette femme est emportée par une mort subite, or dans celle-ci est la bien-aimée de Wendo, en fait, son Eurydice.  Wendo inconsolable la chante à tout moment et une légende urbaine naît.  On entendait ici et là que lorsqu'on l'évoquait par son chérie de Wendo, elle apparaissait.  Nos pères nous ont dit qu'à cause de Marie Louise ou comme on la chantait "Marie Loisa solo eh ngai wa yo wapi loisa ...", les prêtres venaient faire l'exorcisme, puis ils finirent par interdire, par une censure, qu'elle fut chanté en plein concert, elle dérangeait la quiétude de pauvres gens qui avaient peur des revenants.

b) Le déclin

Pour raisonner Wendo par un artifice logique, les autres maisons de disque se ruèrent vers les plus jeunes qui faisaient leur entrée sur la scène, l'astuce consistait à leur trouver du travail, payer leurs études de musique dans les centres privés et les lancer ensuite sur le marché du disque.  Quand ce n'était pas cette voie-là, c'est vers les pré-chantres, catholique surtout, comme le Grand Kallé, Vicky Longomba, José Pilippe Lando, alias Rossignol, Papa Noël (Guitariste) pour essayer de promouvoir une concurrence équitable sur le marché du disque.  Au demeurant, c'est avec un bonus que cette promotion était entreprise, il faut comprendre par-là que les musiciens étaient rétribués sur la vente des disques et sur les royalties des droits d'auteur, or cela ne fut pas la faveur que Ngoma avait alloué à Antoine Wendo.
 
Cette nouveauté là est un tournant dans la façon d'envisager de faire la musique et elle mettait fin à l'exploitation éhontée de Papadimitriou sur les jeunes musiciens congolais.  Ce que je l'allègue pour soutenir le point de vue qui suit, c'est Grand kallé qui nous l'a dit, Manuaku Waku, peut témoigner de cela de son côté.  En effet, pour raisonner Wendo sur des faramineux bénéfices que Papadimitriou faisait sur dos, Joseph Kabaselle entreprit d'expliquer à Wendo ce que c'est qu'un droit d'auteur avec des preuves à l'appui.  Puis au bout de cette conversation, il pria à Wendo d'aller faire valoir ses droits et oser demander ses droit d'auteurs.  Papadimitriou n'était pas content, il cingédia Wendo en lui donnant quelques indemnités de résiliation de contrat et le laissa partir.  C'est aussitôt le déclin de Wendo et le début de l'African Jazz chez Opika.  Pendant ce temps, la Maison Ngoma, en congédiant Wendo perdit de son lustre.  Wendo rapportait toujours cette histoire quand il expliquait aux jeunes certains chapitres de sa vie d'artiste.  Ainsi s'acheva le succès sans halte de Wendo Sor.

III.    Wendo et Rochereau

Le déclin de Wendo ne signifie pas que ses chansons disparaissent soudainement des discothèques, les disques de l'époque n'étaient pas produits comme des petits pains comme aujourd'hui, la technologie n'était pas performante, alors les mêmes chansons continuaient à être manufacturées jusqu'à épuisement de demande et de stock.  C'était le phonographe ou phono qui était le tourne-disque.  La discographie reposait sur un cycle de 78 tours et le disque quand il tombait par terre se cassait comme une ardoise, cet ustensile scolaire que les gens de mon âge ont eu à utliser avant de passer à l'usage du cahier.  Il faut donc attendre près de douze années pour revoir Wendo retourner sur la scène musicale.  Des jeunes musiciens avaient occupé la plate-forme des anciens, ce sont les Kabaselle, Franco, Vicky Longomba, Rochereau, Nico, Bokelo et les orchetres comme le Rock-a-mambo, l'OK Jazz, l'African Jazz, le Conga-Jazz, etc.
 
C'est ne 1966 que tout le Congo se souvient par la radio que Wendo que l'on a cru mort ou oublié est vivant.  En effet, Rochereau produit Wendo aux Éditions Flash dans ses vieux succèes que sont : "Youyou aleli bekare" et "Marie Louise ayibi kwanga ya Joel alingi kofuta te".  Les Congolais ont demandé d'où leur venait cette heureuse surprise, l'animateur, Simon Lungela, de l'émission "La Place aux Vedette" expliqua ce qui advint.  Il semble que ce fut une initiative des politiciens congolais et des doyens de la société, dont Bomboko et Maître taurreau, qui ne voulaient pas voir Wendo vivre sans travail et sans ressources.  Un appel à la prise en charge de cette célébrité fut lancée, mais Wendo souhaita se produire avec Rochereau pour ses raisons propres.  La collaboration s'engagea de la belle manière, Wendo n'était pas obligé d'être salarié, il pouvait toujours demander une part de salaire journalier quand il s'est produit.
 
Pourtant ce que l'on aura cru comme le retour du géant n'en sera pas un.  Rochereau était très mal aimé dans le milieu de la Présidence de la République, Denis Ilosono, l'officier d'ordonnance du chef de l'État Mobutu et neveu ou cousin de Mama Mobutu, son épouse, accusa ce dernier d'avoir refusé d'aller se produire au Mont Stanley (Mont N'Galiema).  Rochereau fut suspendu pour trois mois, c'est en 1968 qu'il revient sur scène, mais Wendo dans cette vacance forcée n'a plus rejoint l'African Fiesta National.  Par ailleurs, les musiciens sur qui Tabu Ley comptait, à savoir Sam Manguana et Vangu Guivano se seront séparés avec leur patron. 
 
On raconte que c'est Denis qui a causé ce divorce, d'autres disent que c'est à cause du fait que le Maréchal Tabu avait imposé son nom sur le disque Flash avec mention "Rochereau chante" et cela n'aurait pas plus aux deux dissidents partis de l'orchestre.  Le préambule en exergue de cette page, c'est une chanson de Rochereau qui se réclame de l'héritage de Wendo, Mokrano. 

IV.    Maman Angebi et Kanzaku

Le retour véritable de Wendo ne se fera que par les personnes qui l'ont connu et qui ont grandi à son époque.  C'est Maman Angebi Engea qui va créer une émission nommé "Bakolo Miziki" autour des années '70 au Studio de la RENAPEC à Kinshasa/Gombe prés de l'hôpital Mama Yemo.  Cette Grande Dame, secondée par Maman Kanzaku, va appeller tous les anciens musiciens qui se sont perdus dans la ville et la nature à revenir se reproduire sur scène dans le cadre de Bakolo Miziki.  Ce cercle n'est pas seulement une émission, mais un cadre de rencontre et de retrouvailles qui finira par s'organiser en mutuelle même après la disparition de sa fondatrice, j'ai cité Maman Angebi.
 
Dès lors, il s'augura une tradition de retrouver les Bakolo Miziki dans les nganda qui sont à eux, ceux-ci devaient, pour fonctionner normalement organiser des soirées à leur goût pour se rappeler de ce que fut leur temps.  Petit à petit, le mouvement prit de l'ampleur, ce n'était plus que les vieux qui s'y rendaient, mais aussi des jeunes, car tous les musiciens qui ne pouvaient plus être visibles et performant dans l'actualité courante du spectacle finissaient par rejoindre le cercle des vétérans.  Maman Angebi comme Maman Kanzaku s'efforcèrent à rendre opérationnel les Bakolo Miziki en association de production de concert et de célébration d'occasions de mariage, d'anniversaire et de deuil.  Les jeunes venaient se joindre au mouvement pour apprendre un peu plus de ce qu'était la vie au Congo dans les années '40 et '50.
 
Dans la résurgence de ce passé qui devenait actualité et qui reprenait du poils de la bête, les anciens musiciens à l'instar des Bakolo Miziki reprirent de se produire en concert, ce fut le cas de Geo malebo avec le Grand kallé.  Il devint ainsi facile de retrouver les musiciens disparus sans efforts.  On pouvait savoir que ce soir, ils se produisent à l'Intercontinental, à l'Okapi ou chez une personnalité remarquable de la Jet set zaïroise.  Ainsi, grâce aux Bakolo Miziki, Wendo put revenir et devenir visible sans longue absence sur la scène du vedettariat.  Wendo n'est pas un transfuge, c'est un musicien qui a retrouvé son statut à la suite de ce que les collègues de son temps ont initié pour saluer la gloire de leur époque.
 
Toutefois, pour que le goût du genre Wendo revienne à la mode, il faut ne pas oublier Sam Mangwana et Guivano, car ce sont eux qui ont continué dans le giron de l'orchestre "Le Festival des Maquisards" ce style.  Avec la reprise discographique d'un vieux tube du temps de Wendo, ils ont exhumé de la mémoire de tous ce que la mélodie congolaise commençait à perdre, il s'agit de la chanson "Ticket ebunga" modifié un peu en "Le ticket est perdu, le ticket est perdu maman, je ne peux plus rentrer chez moi, le ticket est perdu".  Dans cette même veine, Guivano et Sam Manguana iront en tournée au Cameroun, ils vont rencontrer un autre artiste au style de Wendo, c'est Eboa Lottin.  De celui-ci, ils interprètent "Muyenge ma Ngando", c'est le succès tout de suite et Eboa Lottin sera invité à Kinshasa, en 1969 pour la première fois, car il reviendra plus tard, sans doute en 1974, je ne me souviens plus.  On peut se souvenir de ces mot "Matumba, Matumba matundu ne matondele ... kololo kololo kololo ..."

V.    Soirée des Tois Z, 1973

Voulant récupérer à son compte le succès des revenants issus des anciennes gloires, donc les Wendo, Lucie Eyenga, D'Oliveira, Ferruzi, Rossignol, le MPR, par la Présidence de la République d'alors, décida d'organiser une soirée hommage aux vieux musiciens qui également un moment pour recompenser les auteurs de l'hymne national "La Zaïroise", Mobutu promit de venir en aide aux musiciens et obligea la radio et la télévision nationales de relancer les vieux succès au cours des émissions de l'OZRT.  On revit en direct Wendo et tous les grands de l'époque retrouver le public qui les adulait.  Cette soirée créa beaucoup d'attente, mais le MPR ne dévelppa pas cetrte approche avec l'engagement qu'il avait promis.
 
Mais comme le Grand Kallé était le patron de la SONECA, la société des droits d'auteurs, sa propre création, celui-ci décida les musiciens de se réunir pour procéder aux enregistrements de leurs chansons pour offrir à la postérité nationale une Anthologie, ce fut une réussite quoi qu'incomplète.  Avec cette initiative et les autres similaires, Wendo cessa d'être un inconnu et un absent, il a retrouvé son lustre et ses fanatiques disposant des moyens financiers se mirent à le faire programmer pour prendre part aux festivals internationals à l'étranger dont Berlin, Paris, Bruxelles.  Wendo, tout Congolais qu'il fut savait yoduler comme les Suisses, les Autrichiens et les Tyroliens.  Ce talent haussa encore plus son prestige et il était demandé par le monde extérieur pour animer les vacances d'été.
 
Néanmoins, la mort d'un artiste de sa taille ne peut pas être une opportunité d'attribution arbitraire des apports qui ne sont pas les siens.  Wendo n'est pas le fondateur de la Rumba, il ne l'a même pas promu.  La Rumba tel qu'on la connaît est le travail de l'African Jazz et de l'Ok Jazz.  À l'époque de Wendo c'était la "Maringa qui était dansé".  Certes, le nom de rumba existait toujours, mais c'était une danse des milieux élitistes qui récupérait les ambiances de Cuba, or celui qui a emprunté les influence cubaine au Congo, c'est d'abord le Grand Kallé puis Franco De mi Amor.  Le nom rumba n'est qu'un retour à l'expéditeur, il d'origine congolaise et expatrié à Cuba.  Nos ancêtres l'appelait Nkumba, mais l'espagnol n'a pas su conserver ce mot Kongo avec sa tonalité initiale de la région du Bas-Fleuve. 
 
Wendo c'est un grand, il est le précurseur de ce qui deviendra la plate-forme de la réunion des musiciens, sa technique de guitare a consisté en un jeu synchronisé de trois accords parfait, selon le ton de sa pièce.  Il s'agit de Do, Sol, Fa; de Sol, Do, Ré; de Mi Si 7è, La; de La, Mi, Ré, etc.  La musique congolaise moderne évolue encore à bien d'égard sur cette structure malgré les gymnopédie des jeux des accompagnateurs, la tonalité végète beaucoup sur ce cycle de ritournelle d'accords.  Wendo est un musicien de la guitare sèche, c'est un chansonnier.  Son style a été perpétué plusieurs fois par Simaro avec des chansons comme "Maya", "Faute ya commerçant" et Franco Luambo dans "Bomba makambo".

VI.    Adieu à Orphée

Papa Wendo Kolosoy, Papa Antoine, Adieu, kende Malamu, totondi yo botondi na maye manso osili kopesa na ekolo Congo.  Epayi okei opesela ngai Kabaselle Tshamala mbote, Franco Luambo Makiadi, Bavon Marie-Marie, Docteur Nico, Vicky Longomba. Senga Nzambe apesa biso nguya.  Osi okomi mosantu, salisa biso na losambo la yo kuna o liko;o o nkembo ya Nzambe.  Merci pour tout ce que vous avez suscité, vous êtes un immortel et vous êtes là où Orphée et ses musiciens s'amusent à l'Odéon.
 
Dieu vous accueille en son Royaume.  Alléluia !  Olongi etumba papa.
 
Djamba yohé,
Les Congolais de l'Atlantique Nord.
Ottawa, le 29 juillet 2008.,
Canada.


Last edited: 04/08/2008 19:14:41

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