Après une seconde opération réussie au niveau de l’abdomen, l’assassin présumé se dit prêt à confondre Kady demain mardi au Camp Kokolo.

Le procès relatif à l’assassinat de Daniel Botethi avait connu un tournant le samedi 26 juillet 2008 avec l’arrestation du sergent Kady, considéré jusqu’ici comme jeune des pièces maîtresses de cette ténébreuse affaire. En Cavale depuis une vingtaine de jours, le présumé “ agent de liaison ” du gouverneur Kimbuta avait été appréhendé sur l’avenue Masikita à Binza/Upn.
Kady maîtrisé, l’opinion a cru que l’heure de vérité avait sonné. C’est ainsi que le Tribunal militaire de garnison de Ngaliema avait été pris d’assaut le mardi 29 juillet par de nombreux Kinois pour entendre le fameux sergent. Le public était resté suspendu aux lèvres de “ l’agent de liaison ”, mais était resté sur sa soif. Présenté par Patrick Mwewa comme l’organisateur du crime et la personne qui les avait motivé avec la somme de 1200 dollars, Kady avait tout nié.
L’assistance était ébahie d’apprendre que Kady ne connaissait pas les autres membres de la bande, à savoir Junior Sushungu, le lieutenant Kasongo, le sergent Inoki, mais encore n’était jamais entré en contact avec le gouverneur André Kimbuta. Il avait même ajouté qu’il s’était rendu dernièrement du côté du Plateau des Batekés.
Ce voyage lui avait rapporté un peu d’argent. Un brin d’espoir avait tout de même germé dans l’esprit des gens à l’annonce par le tribunal de la présence une fois de plus de Kimbuta au prétoire cette semaine. Entre-temps, une folle rumeur avait fait le tour de la ville, faisant état de la dégradation de la santé de Mwewa. On parlait d’empoisonnement ou encore d’une plaie mal soignée qui allait l’emporter avant l’issue du procès.
Nouveau rebondissement
Du coup, des personnes avides de la vérité se sont posé la question de savoir ce qui allait se passer si Mwewa emportait ses “ secrets ” dans la tombe. En somme, elles craignaient que le flou ne persiste.
Leurs prières semblent avoir étés exaucés. Dieu merci, Mwewa, toujours souffrant, mais soigné à la clinique Ngaliema, se porte tout de même mieux. Nous sommes en droit d’affirmer que les rumeurs donnant pour mort Mwewa, ne sont pas fondées.
Des sources proches d’un des prévenus nous ont assuré la main sur le coeur le samedi 2 août 2008 que Patrick vient de quitter la salle de réanimation de la clinique Ngaliema où il était admis jusque samedi passé. Il est présentement dans la salle commune. A en croire un membre du conseil de la défense, Mwewa vient de subir sa seconde opération. En somme, le prévenu Mwewa avait été opéré pour la première fois à la clinique de la Pir. À l’époque, on avait parlé des infections intestinales nées d’une blessure contractée au niveau de l’abdomen. Un peu plus tard, des amies et de la fièvre typhoïde l’avaient attaqué.
Tout s’est bien passé cette fois-ci, a-t-on entendu. Ce singulier pensionnaire de la clinique Ngaliema a comme anges gardiens, des éléments de la police et de l’Auditorat militaire. L’autre détail, porté à notre intention est que ce prévenu commence même à manger, reprenant visiblement les forces, il promet d’en faire voir des vertes et des pas mûrs à Kady demain. Nul doute que le présume organisateur du crime aura fort à faire pour convaincre les juges sur son innocence. D’autant plus qu’en moins d’un contre-ordre du tribunal, il espère se présenter à la barre cette semaine pour aider à l’éclatement de la vérité.
En dehors des hommes en toge qui tentent de le réconforter, n’a-t-il pas de la famille à Kinshasa ?
Il nous a été donné d’apprendre que le jeune homme n’a pas une famille ici, mais qu’il entretient des rapports intimes avec Une fille.
Le “ couple ” a deux enfants; Harcelée par des forces de l’Ordre au motif qu’elle devait les aider, à retrouver la fameuse sim elle n’ose plus mettre pied à la clinique Ngaliema, moins encore au tribunal militaire de garnison de Ngaliema.
Procès Botethi : des signes d’inquiétude
Alors que les phares de l’actualité judiciaire demeurent toujours braqués sur le procès Botethi, et que l’opinion nationale reste rivée chaque jour, aux comptes-rendus des audiences et reportages des journaux, la vérité judiciaire qui était presque à la portée du tribunal militaire de garnison de Ngaliema s’est subitement éloignée de tous les espoirs avec les dénégations en bloc de Kady. Il nie tout et ignore ses codétenus, à l’exception de son chef S4 de bataillon agri.
Stratégie ? Possible. D’autant qu’il est allé jusqu’à ignorer même son propre numéro de téléphone, celui par lequel ses complices l’atteignaient et qui lui permettait à son tour de les appeler.
Stratège, Kady tente ainsi de faire perdre à la justice militaire, l’occasion de découvrir les autres éléments le puzzle, afin que de leur reconstitution, la vérité sur le crime odieux de Daniel Botethi puisse éclater au grand jour.
Heureusement que dans ce procès qui a l’air d’un jeu des dames, un autre pion majeur est encore disponible: Patrick Mwewa l’un des avocats de la défense s’est consolé de son rétablissement et croit savoir que mardi prochain, il sera présent à l’audience, en chair et en os. Non pas pour adopter la stratégie kadissienne de dénégations, mais pour dévoiler le fond de son coeur, comme il l’a fait au cours des précédentes audiences du tribunal militaire de garnison de Ngaliema.
Mais, déjà, des signes d’inquiétude sont manifestes dans les milieux de la défense où on laisse entendre que beaucoup d’efforts doivent être déployés pour sécuriser davantage Patrick Mwewa. Et pour cause!
Des consignes formelles de l’auditeur militaire bafouées
On se rappellera que malgré les instructions formelles de l’auditeur militaire quant à la sécurité de Mwewa, on a vu un autre détenu accéder facilement au prévenu pour lui donner curieusement à manger. La question qui n’a jamais été posée est celle de savoir si cette nourriture était saine et si elle ne serait pas à la base de l’aggravation qu’on a par la suite enregistrée de l’état de santé de l’assassin présumé.
Bien que cet incident ait été porté à la connaissance des autorités judiciaires militaires, aucune sanction n’a été prise pour ces violations de consignes.
Selon les informations parvenues au Phare, Patrick Mwewa qui se porte de mieux en mieux est déterminé à éventer le boa et il entend le faire en envoyant dans les cordes l’autre pièce du puzzle, Kady, lors de leur confrontation de demain devant le tribunal militaire. A en croire les informations qui circulent, Mwewa va démonter toute la stratégie de dénégations de Kady et peut-être permettre ainsi au tribunal de retrouver la voie de la manifestation de la vérité.
En attendant cette confrontation, des inquiétudes sont de plus en plus exprimées quant à la sécurité alimentaire de ce témoin-clé. On sait qu’à la suite de l’affaire de la SIM la compagne de Mwewa avait été brutalisée à la sortie de la prison de Makala où elle venait de rendre visite à l’assassin présumé. L’objectif était bien sûr de retrouver la SIM qu’elle était sensée garder, mais la conséquence est que depuis, elle n’a plus réapparu et mènerait en quelque sorte une vie de clandestinité. C’est justement cela qui pose aujourd’hui problème par la femme qui devait avoir le contrôle de l’alimentation du prévenu étant devenue invisible, n’importe qui peut avoir accès au prévenu pour ce faire.
Certes des mesurés de sécurité ont été renforcées surtout depuis la sortie de Mwewa de la salle de réanimation. Il est, selon les informations en notre possession, actuellement garde par des éléments de l’auditorat militaire ainsi que ceux de la police, mais encore une fois, le tendon d’Achille se situent au niveau du système d’alimentation et c’est ici que tous ceux que préoccupe la manifestation de la vérité insistent pour que les instructions de sécurité données par l’auditeur militaire soient rigoureusement respectées.
(Milor)Le Phare
Last edited: 04/08/2008 16:36:03