Le passif des revendications non satisfaits du corps enseignant va peser sur la prochaine rentrée scolaire 2008-2009 que le Syeco (Syndicat des enseignants du Congo) hypothèque déjà tant que la série des préalables qu’il pose à ce sujet ne seront pas remplis.

Décidément, le secteur de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) veut renouer avec ses bras de fer avec le gouvernement. Preuve : La menace à peine voilée du comité national du Syndicat des enseignants du Congo (Syeco), au sortir d’une concertation tenue le vendredi 1er août 2008.
Après avoir passé en revue le tableau sombre du secteur, tel que brossé lors de l’assemblée conjointe Syecd-Synecat (Syndicat national des enseignants des écoles conventionnées catholiques du Congo) du 21 juin 2008, Syeco, qui souhaite, par ailleurs, une rentrée scolaire 2008-2009 apaisée, exige du gouvernement employeur l’uniformisation du barème salarial en faveur de tous les enseignants de la République.
En vue d’éviter aux parents une rentrée scolaire aussi difficile comme ce fut le cas de l’année dernière, le comité national du Syeco exige également l’exécution du budget 2008 sur les rémunérations au regard de l’accord de Mbudi. Il est aussi question de corriger de toutes les irrégularités constatées autour de la paie de salaire des enseignants de l’allocation d’une prime gouvernementale en lieu et place des pauvres parents et ce, à l’instar d’autres agents de l’EPSP et services publics ; du paiement du salaire du mois d’août au plus tard le 20 du mois et l’harmonisation des divergences sur les effectifs entre l’EPSP et la Fonction publique pour ce qui est de la réforme.
Par la même occasion, le comité national du Syeco félicite la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) pour sa position par rapport à la suppression de la prise en charge des enseignants par les parents. Au ministre Maker Mwangu de l’EPSP, Syeco demande de faire respecter sa circulaire relative aux frais prohibés pour épargner aux parents congolais la paupérisation au détriment d’une certaine classe bien identifiée.
Rentrée scolaire progressive
Le Syeco, en communion avec les partenaires nationaux et internationaux, attend l’application ferme des décisions consensuelles arrêtées sur les frais scolaires lors des travaux du 24 juin dernier au Lycée Bosangani. Faisant l’évaluation de la situation socio-économique des enseignants au regard des rapports des comités provinciaux, le Syeco fait le constat de l’impaiement des salaires de mars 2008 dans les territoires des provinces du Maniema, Equateur, Sud-Kivu, Nord-Kivu, Province-Orientale, Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental, Katanga, etc.
Ce syndicat constate également l’impaiement des salaires de février et mars à certains enseignants de la ville de Kinshasa. A ce tableau s’ajoutent l’amenuisement du pouvoir d’achat des enseignants face à la flambée des prix sur le marché ; le non paiement des frais de transport de novembre et décembre 2007 à Kinshasa malgré la promesse du gouverneur ; la marchandisation institutionnalisée des services de l’éducation ayant transformé les établissements d’enseignement en boutiques au grand silence de la communauté nationale ; le non paiement aux inspecteurs de la prime d’itinérance conformément l’ordonnance 231 du 15 août 1991 et la relégation en seconde zone du Fonds de promotion de l’éducation nationale.
Pour contourner cette menace de paralyser le secteur dès septembre, le ministère de l’ESPS aurait décidé d’une rentrée des classes progressive : les finalistes doivent reprendre le chemin de l’école dès ce 15 août.
St Augustin Kinienzi/Le Potentiel
Last edited: 02/08/2008 16:50:37