L’organisme EUSEC/RDC de l’Union Européenne s’emploie avec sa quarantaine d’experts provenant de plusieurs pays de cette communauté à participer à la modernisation des Forces armées de la République démocratique du Congo.

Lancée le 8juin 2005 par l’Union Européenne à la demande du gouvernement congolais, l’EUSEC s’emploie à moderniser l’administration du personnel et des Finances des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Son mandat vient d’être renouvelé pour la troisième fois, prenant effet à partir du 1erjuillet 2008 pour une durée de douze mois. Un nouveau chef de mission, le Général français Jean-Paul Michel, a été désigné pour succéder à un autre officier français, le colonel Michel Sido.
La mission de l’EUSEC/RDC emploie une cinquantaine de personnes issues de plusieurs pays d’Europe et réparties entre Kinshasa, Kisangani, Goma, Bukavu et Bunia. “ Pour une bonne réforme de l’armée, nous avons tâché au préalable faire un état des lieux, qui permet de connaître l’effectif et l’âge des militaires, avoue le Général Jean-Paul Michel. Certains, en effet, ont atteint l’âge de la retraite. Les données recueillies vont nous aider à proposer aux autorités congolaises une bonne politique de réforme de l’armée ”.
Mission de conseil et d’assistance travaillant en étroite collaboration avec la hiérarchie de l’armée congolaise, l’EUSEC a délégué, au niveau central, des conseillers “ stratégiques ” affectés auprès de l’Etat-Major Général des FARDC et des Etats-Majors des Forces, ainsi qu’auprès du Ministère de la Défense Nationale et Anciens Combattants.
Ceux-ci fournissent leur expertise aux autorités congolaises, en vue de l’établissement d’une armée intégrée.
“ La réforme peut prendre du temps, la formation d’une armée professionnelle peut durer toute une décennie ”, affirme l’officier français, qui précise que la durée du mandat de l’EUSEC dépend, de la volonté des autorités de la RDC. Actuellement, précise-t-il l’EUSEC travaille à la mise en oeuvre des orientations définies par le Ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants.
Un recensement biométrique
Lors de ses mandats passés, l’EUSEC a appuyé le processus de rénovation et de modernisation de l’armée congolaise dans des operations concrètes : le recensement biométrique des effectifs et la maîtrise de la chaîne de paiement. “ La chaîne de paiement s’inscrit dans la réforme administrative qui concerne également la formation des militaires, a indiqué le nouveau chef de la mission.
L’identification des militaires congolais, financée par l’Union européenne pour un montant de 2.000.000 d’euros, a bénéficié du concours de trois pays européens : la France, la Suède et les Pays-Bas. Grâce à leurs contributions, gérées par l’EUSEC, les coûts de transport des agents recenseurs et des Kits d’enregistrement informatique ont été pris en charge par la mission. “ Aujourd’hui, nous pouvons dire que l’opération a été réalisée à 95%, se réjouit le Général Jean-Paul Michel.
A la fin de ce processus, précise-t-il, une carte d’identité militaire infalsifiable sera délivrée à chaque militaire recensé, afin de permettre l’identification complète et fiable des éléments de l’armée régulière.
L’EUSEC participe, dans ce contexte, à l’élaboration d’un statut des militaires, tandis que des projets de textes réglementaires administratifs et financiers ainsi que des processus administratif et des analyses fonctionnelles ont également été élaborés afin de soutenir la restructuration de l’administration des FARDC.
Des difficultés évidentes
Au cours du processus d’identification et d’enregistrement des militaires congolais qui s’est clôturé le 24 juin dernier, l’EUSEC s’est confronté aux difficultés évidentes. Il s’agit essentiellement de problèmes logistiques dans des zones où l’infrastructure routière est défectueuse ou inexistante.
Autre difficulté rencontrée: l’absence de certains hommes de troupes qui n’étaient pas à leurs postes lors du passage des agents recenseurs. “ C’est pour cette raison que nous allons de nouveau envoyer nos agents recenseurs pour enregistrer les militaires qui n’ont pas été atteints lors de la précédente opération, signale le général Jean-Paul Michel.
(Milor)Athanase Massikini/Journal du Citoyen
Last edited: 02/08/2008 17:16:06