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Bonjour | 16/10/2008 1:44 | English Make DC Home page | RSS feed

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Restaurer la convivialité devenue critique entre civils et militaires dans la société congolaise est le leitmotiv du combat engagé par certaines ONG de la ville de Kisangani notamment pour réduire cette tension par un dialogue franc entre les parties en cause. A Kisangani, les relations entre la police et les habitants sont mauvai­ses. Pour faire revenir la confiance longtemps mise à mal, des ONG tentent d’instaurer un dialogue franc entre les deux parties. De premiers résultats sont sensibles.

Les étudiants de l’Université de Ki­sangani gardent de mauvais souve­nirs de l’intervention musclée, au mois de juin dernier, de la police sur leur campus. Ce jour-là, ils avaient organisé une marche de protestation contre une folle rumeur qui courant dans la ville, faisant état de la relocalisation prochaine, dans les différents territoires de la Pro­vince Orientale des éléments des For­ces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), basés depuis 1994 dans les provinces voisines du Nord et du Sud-Kivu. Selon les représentants des étudiants et les ONG locales de défense des Droits de l’Homme, la marche avait été violemment réprimée tor­tures, bastonnades, coups de crosse, des étudiants blessés ou fracturés, des dégâts matériels importants...

Deux semaines après ces événe­ments, les autorités de la Police Natio­nale Congolaise (PNC) se sont retrou­vées face à la population non pas pour l’affronter, mais pour dialoguer. Parmi elles, un grand nombre d’étudiants et de jeunes. Ces derniers entretiennent des relations difficiles avec les policiers.

La rencontre fait partie d’une campa­gne sur les droits et devoirs de la police et des populations civiles pour un Etat de droit en RDC. Elle est initiée, de­puis un moment, par des ONG locales de defense des Droits de L’Homme. Il ne s’agit pas d’un tribunal, mais plutôt d’une occasion de réflexion pour trou­ver des pistes de solution et ramener la confiance entre civils et policiers, avait-t-il précisé, pour calmer les esprits, Jean-Paul Nindu de l’ONG IFES (Internatio­nal foundation for electoral systems).

La police facteur d’insécurité

Le ton a d’abord été donné par un groupe d’étudiants furieux de la répres­sion du mois de juin. Les récriminations contre les policiers fusaient de partout dans la salle où se tenaient ces ren­contres, au centre-ville de Kisangani. “ Leurs interventions sont toujours bru­tales comme s’ils ne viennent pas pour rétablir l’ordre, mais pour faire empirer la situation.. ”, argue Dorcas, une jeu­ne étudiante. “ Les politiciens n’autori­sent que des manifestations qui servent leurs intérêts et répriment celles qui les desservent ”, renchérit, pour sa part, Emmanuel, un autre étudiant.

Les relations entre les policiers et les civils ne se sont guère reluisantes depuis l’époque de feu maréchal Mo­butu jusqu’aujourd’hui. Pour les ONG de Kisangani, qui tentent de jouer aux médiateurs, ramener la confiance perdue entre les deux parties n’est pas une sinécure. Car, la présence d’un policier ne rassure pas les habitants. Au contraire, ils évitent généralement d’emprunter les rues où ils peuvent rencontrer des agents embusqués de la police. “ Lorsque vous tombez entre leurs mains, la première chose qu’ils font, c’est de vous vider les poches, martèle Papy.

Ces rapports se sont détériorés au point que la police elle-même n’ose pas mettre les pieds dans certains quartiers de la ville, par peur de représailles. De fois aussi, la population hésite à faire appel à elle. “ Il ne sert à rien d’alerter les policiers lorsque vous arrêtez un voleur. Car ils vous demandent l’argent du transport ou le carburant pour cette opération et la suite de l’enquête... ”, explique un homme, qui a du débour­ser de son porte-monnaie plus d’argent que le voleur lui en avait pris.

Reproches entendues

Conseiller technique à FONG Con­go en Images, Ferdinand Ntabio fait remarquer que les policiers reçoivent souvent des jets de pierre, encaissent des coups, sont blessés ou parfois tués lorsqu’ils mènent des operations pour rétablir l’ordre public. “ Pourquoi subis­sent-ils de tels revers ? ”, s’interroge-t-il.

Selon Gode-froid Batakila, chargé des relations publiques à la PNC à Ki­sangani, la crise de confiance qui fait détester la police est née de la culture de l’impunité et de l’ignorance du rôle de la police. “ Certaines personnes ne comprennent pas la nécessité de no­tre travail. Elles nous rejettent catégo­riquement et supportent mal les con­traintes sociales et fiscales que l’Etat impose... ”, affirme-t-il.
Sans rejeter en bloc les reproches de la population, les autorités policières font observer que la société a l’habitude d’envoyer ses “ ratés ” et ses enfants difficiles dans les rangs de la police et de l’armée. “ Nous avons besoin de tê­tes et non de muscles, précise Gode-­froid Batakila. “ Désormais, le recrute­ment sera sévère et rigoureux pour ne pas enrôler des délinquants dans nos rangs ”, rassure son collègue Désiré Lumengu.

Cette campagne se poursuit. Elle est appréciée des gens qui affluent à chaque rencontre. Car, chacun y tire des enseignements. Des engagements sont notamment pris du côté de la police. Nous ferons tout pour ramener les policiers sur les rails...,  promet l’inspecteur Lumengu. “ Nous devons traiter la population avec humanisme et surtout éviter toute effusion de sang lors des interventions, ajoute son collè­gue Batakila, plaidant en faveur d’une franche collaboration avec les citoyens. Leur participation dans la communica­tion des informations sur leur sécurité est prioritaire ”.

(Milor)

Pépe Mikwa/Le Citoyen

Last edited: 02/08/2008 17:13:02

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