Les autorités de la Police nationale annoncent la prise de dispositions spéciales visant le contrôle des hommes en armes suspectés à la base d’un regain d’insécurité dans la capitale Kinshasa confrontée depuis peu à une inquiétante vague de meurtres et assassinats.

La criminalité s’est développée de manière inquiétante dans la ville de Kinshasa, suscitant des interrogations sur leurs causes profondes et l’efficacité des mesures préconisées par le gouvernement central. Tant et si bien que le ministère de l’intérieur menace d’engager, dans les vols à main armée et braquages commis par les hors-la-loi, la responsabilité des policiers et des soldats vivant hors des camps militaires.
Mesures prises
Pour lutter contre l’insécurité dans la ville de Kinshasa, le gouvernement a pris une série de mesures à l’issue d’une séance de travail ayant réuni le 24 juillet de hauts responsables de la Police nationale, de l’Armée et d’autres services de sécurité autour du ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, le général Denis Kalume.
Primo, Tous les policiers et militaires résidant hors des camps militaires seront identifiés et recensés avec le concours de l’autorité politico-administrative au niveau de chaque avenue, chaque quartier et chaque commune. “ Ils seront mis en cause à chaque fois que des voleurs à main armée et des marginaux vont opérer sans être inquiétés ”, a-t-il été décidé. La responsabilité de chaque commandant de sous-commissariat de police sera également engagée en cas d’absence de réaction au moment d’une agression ou d’un braquage dans le périmètre d’action.
Secundo. Les effectifs et les patrouilles tant pédestres que motorisées, au niveau de chaque sous-Commissariat par quartier, vont être portés à au moins 20 policiers motivés et suffisamment équipés. Avec l’appui des Jeeps pré-positionnées à des endroits considérés comme des points chauds (Rond-point Victoire, Kingasani ya suka, Kintambo/Magasin, Delvaux, Kingabwa, etc.), ils seront en mesure de faire face à des bandits armés lors des patrouilles pédestres ou motorisées.
Tertio. La solde des policiers et des militaires va être relevée en même temps qu’un dialogue sera engagé entre la police et les civils de sa sphère d’action pour des renseignements utiles sur les criminels et les voleurs vivant dans le quartier.
Causes de l’insécurité
Les mesures gouvernementales se veulent des réponses aux origines identifiées de la résurgence de l’insécurité. Parmi les causes, le gouvernement a retenu la modicité de la solde des policiers et des militaires. L’Exécutif relève aussi l’échec du processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) qui a été réalisé à hauteur de 10% des éléments ayant appartenu au forces armées autrefois belligérantes et qui circulent impunément en cette période post-conflit. Pour le gouvernement, la facilité d’acquisition des armes est également à l’origine de la recrudescence de l’insécurité.
Un conseiller à la Primature a été retrouvé mort le lundi 21 juillet 2008 dans la soirée. Depuis janvier 2008, Me Katoto Kassor assumait les fonctions de conseiller chargé des Mines. “ Officiellement, la Primature ne communique pas sur le sujet, ce qui suscite l’inquiétude de la famille du défunt ”, a annoncé Radio Okapi. Ce drame est intervenu deux semaines après celui du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Boteti, assassiné le 6 juillet.
Lundi 28juillet, le général Jean de Dieu Oleko, Inspecteur provincial de la Police nationale congolaise, a présenté à la presse une centaine de malfaiteurs impliqués dans plusieurs crimes signalés dans la ville.
“ Après une série d’actes de criminalité tout a fait spectaculaires, la confiance a été quelque peu perturbée. Avec les autorités, nous nous sommes mis ensemble pour pouvoir remettre cette confiance, notamment par des mesures qui ont abouti, après quatre jours, à l’arrestation de plusieurs bandes de ceux qui ont été trempés dans les meurtres de nos concitoyens ”, a-t-il expliqué.
(Milor)Angelo Mobateli/Journal du Citoyen
Last edited: 02/08/2008 17:11:58