Malgré le cessez-le-feu imposé à tous les groupes armés actifs, certains leaders s’évertuent à violer cette trêve jusqu’à ce jour.

Les cas les plus récents sont ceux des combattants FDLR signataires des actes de Goma. Ces éléments exercent des représailles sur les populations vivant dans les territoires sous leur contrôle, sous prétexte qu’ils assurent leur protection. Et pourtant, cette responsabilité relève du gouvernement, seul garant de la sécurité de ses gouvernés. Les belligérants, selon la Monuc, intimident les populations, prélèvent des taxes illégales et utilisent même les habitants comme porteurs des butins qu’ils arrachent par -ci par- là. La semaine dernière, les casques bleus ont sauvé de justesse une dizaine de femmes qui allaient être violées par des combattants Maï-Maï.
D’autres incidents armés ont opposé certaines factions et des violences ont été commises sur les populations par certains signataires des accords de Goma. Devant la violation du cessez-le-feu, la mission onusienne ne cesse de rappeler aux uns et aux autres les engagements pris lors de cette conférence. Elle invite ainsi ceux qui ont un pied dans le programme Amani et un autre dehors de s’impliquer totalement dans la recherche de la paix.
Outre les activités de sensibilisation, la Monuc et l’armée congolaise maintiennent la pression militaire sur terrain. Les troupes onusiennes et congolaises sont à la poursuite des FDLR depuis une semaine dans les différents coins où ils pillent, enlèvent et tuent les populations. Grâce à ces opérations militaires, la circulation des personnes et le commerce ont repris sur l’axe Goma-Sake.
Le souci de l’Onu est d’aider la RDC à se doter des forces efficaces de défense et de sécurité. A cet effet, quelques bataillons déjà formés font preuve de technicité sur terrain, renseigne la mission onusienne.
En Ituri, la même pression s’exerce sur les groupes résiduels du FNI et du FRPI. Ce qui a permis l’arrestation de deux miliciens du FRPI ainsi que la récupération de trois soldats congolais auprès des rebelles ougandais du LRA dans la forêt de Garamba.
Les activistes de droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme quant aux atrocités commises sur les populations civiles dans l’Est de la RDC, sept mois après la conférence sur la paix et le développement des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ils invitent la communauté internationale à exercer une pression sur tous les groupes armés encore actifs dans la partie Est de la RDC. Ils encouragent les chefs de miliciens qui se sont engagés sur la voie d’une paix durable.
Claudine Mbombo/L'Observateur
Last edited: 02/08/2008 16:56:47