Le Conseil des ministres de la CEEAC sur la crise alimentaire s’est tenu à Kinshasa les 28 et 29 juillet 2008.

A l’issue de ces assises, les participants, dans un communiqué final, ont adopté d’importantes résolutions qui, avec un minimum de volonté politique de chaque Etat membre, pourront constitué un déclic à la sécurité alimentaire des populations de la sous-région. C’est tout un défi à relever.
Les beaux textes, en Afrique on en a toujours eus. Mais, lorsque vient le moment de les appliquer, c’est là que les dirigeants du continent noir étalent leur “ mauvaise foi ”.
C’est à juste titre que clôturant le conseil des ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) sur la crise alimentaire le mardi 29 juillet 2004 au Grand Hôtel Kinshasa, le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture et du Développement rural, Mobutu Nzanga, a souhaité que “ chaque Etat tienne compte des recommandations ressorties de ces assises, cela au bénéfice des nos populations respectives ”.
C’est en connaissance de cause que le représentant personnel de Joseph Kabila a dû enfoncer le clou. Car, l’expérience renseigne que les dirigeants africains ont la spécialité de “ mettre au frigo ” les recommandations de grandes assises, surtout lorsque celles-ci ont été adoptées par des délégués. Et pourtant, à regarder de près les ministres de la sous-région présents à Kinshasa ont proposé de bonnes pistes de sortie de La crise. Il suffit de les appliquer pour que les populations se moquent de la famine.
La concertation sous régionale dont le communiqué final a été lu par le secrétaire adjoint de la CEEAC, Roger Tchoungui a donné l’occasion aux ministres d’examiner les causes profondes de cette crise qui découle notamment d’une aggravation de l’état de dysfonctionnement du secteur agricole qui a longtemps prévalu dans les Etats membres de la CEEAC et de la flambée des prix des denrées alimentaires. Ils ont, à la même occasion, adopter des mesures importantes pour y faire face tant au plan national que régional.
10 % du Budget à l’agriculture
L’une des recommandations les plus accablantes de cette concertation régionale aura été, sans aucun doute, l’allocation à l’agriculture des 10% du budget national. Au plan national, les Etats fixent l’échéance de 2010, pour procéder à la revue de la mise en oeuvre des décisions des réunions précédentes, à savoir les déclarations de Maputo et d’Abudja.
Concrètement, “ils réaffirment leur engagement à assurer la mise en application effective de la Déclaration de Maputo, notamment en ce qui concerne l’allocation à l’agriculture de l’équivalent de 10% du budget national, de la Déclaration d’Abuja relative à l’accessibilité aux intrants, dont les engrais ”.
Cette mesure très applaudie méritent une attention particulière, car il faut que l’agriculture retrouve sa place de “ priorité des priorités ” au sein de l’espace CEEAC. Il faut donc y mettre un paquet conséquent, à la taille des attentes pour que la résolution ne demeure pas un voeu pieux.
Il a aussi été décidé que les Etats puissent organiser et mettre en application un marché régional pour faciliter l’accès aux intrants (engrais, semences, matériels et équipements agricoles), intensifier les échanges intra communautaires, éliminer progressivement les barrières tarifaires et non tarifaires et encourager la commercialisation des produits agricoles, des pêches, de l’aquaculture et de l’élevage.
En plus, les Etats organiseront un processus de suivi de la mise en application effective, des dispositions relatives à la zone de libre échange et à la libre circulation des opérateurs économiques, des chercheurs et des biens dans, l’espace CEEAC, notamment de façon à accompagner les efforts de création, à terne du marché régional des produits agricoles. Toutes ces mesures sont très encourageantes. Mais, il faut un caractère contraignant. Et, l’une des mesures contraignantes, pour plus d’efficacité, c’est la mise en place des mécanismes de suivi –évaluation internes de l’utilisation des dotations budgétaires affectées au développement de l’agriculture, de l’élevage, des pêches (maritimes et continentales) et de l’aquaculture.
Par ailleurs, on se félicite du fait qu’au plan régional, les Etats donnent, entre autres, mandat à la CEEAC en collaboration avec les partenaires au développement d’accélérer le processus devant aboutir à l’adoption et à la mise en oeuvre de la Politique agricole commune (PAC) et l’actualisation du Programme régional de la sécurité alimentaire (PRSA).
(Milor)Le Potentiel
Last edited: 31/07/2008 17:45:43