Décidement, le procès autour de l’insoutenable meurtre du très regretté Daniel Botethi, qui va de rebondissements en rebondissements, promet d’être singulièrement historique.

En effet, comme chacun de nous le sait, les Congolais avaient appris, des son premier jour, de l’aveu même du présumé meurtrier, que la main qui l’avait armé était celle de André Kimbuta, le Gouverneur de la ville province de Kinshasa.
La séance de lundi dernier, 28juillet, a apporté une autre révélation, assommante comme la première. En plus du Gouverneur, il y a maintenant aussi Vital Kamerhe, le président de l’Assemblée nationale.
En attendant que les prochaines séances nous édifient encore davantage, nous nous permettons de formuler un vœu. Celui de voir la justice faire son travail et de le faire de la manière qui convient. Afin que la vérité la vraie éclate: pour l’honneur de la République et de son peuple et pour le respect de la mémoire de l’illustre disparu.
A la suite de nombreux observateurs qui suivent ce procès depuis qu’il a commencé, nous craignons que notre pays n’apparaisse aux yeux de la terre entière, comme c’est déjà le cas dans de nombreux autres cas, tel un pays où même les morts ne jouissent plus d’aucune considération et que, même à leur repos éternel, ils n’ont plus aucun droit.
Du fait que, dans leur tombe, certains d’entre eux peuvent être poursuivis par des micmacs d’une bassesse indicible pour servir des intérêts politiciens tout aussi bas. En effet, tout indique déjà que le procès en question risque de se transformer en cirque. Car, l’impression de beaucoup est que des officines travaillent, sans désemparer, depuis le meurtre ou l’assassinat qui sait ? de l’honorable Botheti, pour brouiller les cartes.
En emmenant la justice à évoluer sur de fausses pistes ou sur celles qui conduisent à des culs-de-sac. Ce qui revient au même.
Comme tous les Congolais, nous savons que Kimbuta et Kamerhe sont de hauts cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd). Un parti qui a pignon sur rue sur toute l’étendue de la République.
Comme tous les Congolais aussi, nous apprenons les cabales qui se forment au sein de ce parti et qui, généralement, visent ceux des cadres qui font un effort visible pour jouer pleinement leur rôle de cadres avisés.


Autrement dit, ceux qui, précisément, savent qu’un parti ne peut jamais se contenter de conquérir le pouvoir.
Le plus important étant de tout mettre en œuvre pour l’exercer le plus intelligemment et le plus efficacement possible. De manière à mettre, de son côté, toutes les chances qui lui permettent de le reconquérir de nouveau.
En ayant tout cela à l’esprit, nous serions très heureux d’être assuré que, au Pprd, tout va comme dans le meilleur des mondes. Et que le principe de “ Ote-toi de là pour que je m’y mette ” n’est pas par hasard, la chose la mieux partagée.
Dans moins de trois ans, se termine le présent quinquennat. Le président Kabila remet donc en 2011 son mandat au souverain primaire. Cela nous tente de raisonner par l’absurde comme en géométrie.
En effet, ne pourrait-il pas être possible que, par Kimbuta, Kamerhe et par les très probables suivants, ce soit à Kabila lui-même que l’on voudrait couper les ailes ? En le privant, cela s’entend, de ses meilleurs lieutenants dès aujourd’hui afin que l’horizon 2011, il ne sache pas ou plus à quel saint se vouer.
Ne pourrait-il pas être possible également que ce coup qui le frapperait vienne de partout, du dedans comme du dehors de son propre camp ou de deux à la fois ? En effet, qu’il vienne du dedans ou du dehors, il est bénéfique, à tous égards, à ceux qui en sont les géniteurs, aujourd’hui et demain.
S’il réussit, il permet de libérer à la ville, à l’Assemblée nationale comme ailleurs des postes juteux à occuper immédiatement. Demain, il permet de peser plus confortablement sur le prochain quinquennat. Qui dit mieux?
(Ern.)Xavier Mirindi Kiriza/L’Observateur
Last edited: 30/07/2008 16:27:01