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L’opinion générale congolaise piaffe d’impatience de voir le gouvernement entamer les poursuites qui s’imposent contre les détourneurs des fonds du trésor tels que l’audit diligenté par le gouvernement a conclu à la dénonciation des concernés par le ministre Mayobo. Si elle aboutit, ça sera la première campagne an­ticorruption d’envergu­re que le gouvernement aura engagée avec succès. On veut bien croire à une opération “ mani pulite ” et non à un règle­ment des comptes. Le parquet s’est mis en branle, saisi par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Mutombo Bakafwa Senda.

Gode-froid Mayobo Mpwene Ngantient a fait fort, mardi 22 juillet, lors d’une confé­rence de presse, à la primature, avant de prendre son avion pour la Chine, où il accompagne le Premier ministre, Antoine Gizenga Funji, en vacances pourtant de reconstitution. Quelque 1,3 milliard de dollars ont été détournés dans les régies fi­nancières et des entreprises publiques. De même, plus de 90 maisons de l’État ont été spoliées par des privés !

Pour des observateurs avertis, la révéla­tion faite par le ministre près le Premier ministre revenu mystérieusement au- de­vant de la scène alors que son parti poli­tique, le PALU, le donne pour exclu et réclame son départ du Gouvernement et que la procédure aurait été entérinée par Gizenga lui-même, est un non événement. C’est à croire en effet que le pays attend de voir... Mayobo passer ou... pousser à pas­ser à l’action. On attend donc des procès s’ouvrir contre les présumés auteurs de ces détournements. Pour l’instant, nombreux pensent à une opération marketing politi­que pro domo qui ne dépassera pas le seuil d’une annonce médiatique.

Pour rappel, le brûlot de Mayobo est la symbiose, a-t-il, lui-même, laissé entendre, des investigations de deux commissions interministérielles mises en place dans le but de rétablir l’Etat dans ses droits, selon le souhait exprimé par le premier ministre, Antoine Gizenga Fundji. Les deux commissions sont celle de l’éthique et de bonne gouvernance, ainsi que celle chargée de la récupération des immeubles et terrains appartenant au domaine privé de l’Etat. El­les auront mis une année pour dénicher la pieuvre qui a sucé plus de la moitié de la bourse allouée au budget national 2008.

Et, ça se sait depuis des lustres que les régies financières tiennent le peloton du péculat. L’Office des douanes et accises (OFIDA), la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) sont citées. Viennent dans la suite, des entreprises à caractère technique et commercial : OCC, Sonas, Regideso, SNEL, Onatra et RVA. Curieusement, pas la Cohydro, ni la Géca­mines, ni la Miba, ni l’Okimo.

Les deux commissions poursuivent leur travail, a précisé le ministre près le Premier ministre. Mais, d’ores et déjà, le ministre des Finances,  Athanase Matenda Kyelu, ainsi que la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda - en dépit de l’affaire de la SNEL qui l’a éclaboussée, ont été char­gés de mener non seulement des actions disciplinaires, sans doute contre des man­dataires coupables - 53 personnes en tout -, mais aussi de les sommer à rembourser les sommes d’argent perçus sans justification valable.

Vague d’arrestations

Aussi, le ministre de la Justice a-t-il déjà déposé au parquet général de la Républi­que les dossiers de 17 personnes physiques et 10 personnes morales, a fait savoir Go­de-froid Mayobo, sans les citer nommé­ment.  Assisterait-on, dans les prochains jours, à des arrestations avec des mandats sous scellé, en cachette ? Ce que l’opinion voudrait,  au contraire, est que des procès publics, justes, soient intentés contre des présumés auteurs de détournements des deniers publics. Que ces procès ne s’enli­sent pas et tournent au sketch de mauvais goût.  Avec des actions judiciaires intentées contre des mandataires de Mobutu qui ont confusément tourné court.

Après d’onéreux tapages médiatiques,  le général Kikunda Ombala, Adg de la RVA, l’on s’en sou­vient, s’est vu, finalement, accuser d’avoir détourné le moteur d’un véhicule, puis du carburant tel un “ Kadhaffi ”, ce revendeur des produits pétroliers à la sauvette dans les rues de Kinshasa. A Gilbert Tshiongo Tshibi Nkubula wa Ntumba,  l’inamovible Pdg de la Régideso, - alors qu’il n’avait pas droit à un seau rempli pour son bain matinal à l’ex-prison de Makala - devenu pour la circonstance le Centre pénitentiaire et de rééducation-, on ne lui reprochait rien sinon d’avoir dissimulé des robinets, se mit-on à ironiser dans la capitale. Vu la tournure théâtreuse que prenaient ces pro­cès.

“ Que ces dossiers ne servent non plus de chantage contre des adversaires politiques ou pour distraire l’opinion ”, martèle un activiste des droits de l’homme. Comme l’Union pour la Nation - plate-forme po­litique qui a soutenu Jean-Pierre Bemba Gombo aux dernières élections - a brandi des extraits du rapport Lutundula ou des brûlots des ONG sur la gestion des ressour­ces naturelles en Rd.Congo pour accrédi­ter la thèse de “ Bateki Mboka ”… “ Il faut une alternative au sommet de l’Etat pour tirer le pays du bagne économique. La plu­part des ONG qui s’intéressent à la bonne gouvernance en Rd.Congo souhaitent que les fautifs soient véritablement sanction­nés par les cours et tribunaux. “ Nous ne voulons plus revivre ce qui s’est passé sous le 1+4, où des personnalités politiques ci­tés dans le rapport Bakandeja sur la ges­tion des entreprises publiques n’ont pas été inquiétées par la justice ”, commentent des membres de ces ONG.

En ce qui concerne La récupération des immeubles de l’Etat, Gode-froid Mayobo a évoqué 153 dossiers concernant les maisons et 94 terrains dans le domaine privé de 1’Etat,  rien que pour la ville de Kinshasa. Et 48 autres dossiers sur les immeubles de l’Etat, dans la ville de Bukavu et 159 dans la ville de Lubum­bashi. Pour l’instant,  a précisé Gode-froid Mayobo, 47 dossiers sont déjà finalisés et en instance d’être présentés au conseil des ministres. Le gouvernement devrait,  avec la même rigueur, remettre aux particuliers ce qui leur revient de plein droit. C’est bien cela un Etat de droit.

(Milor)

Dieumerci M’benga/Le Soft International

Last edited: 02/08/2008 16:56:56

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