Le dernier passage du Président Joseph Kabila Kabange à Tripoli démontre la volonté de la RDC à diversifier les axes de partenariat pour son développement. Une firme libyenne matérialise le réchauffement de cette coopération agissante. Elle se propose de construire un pipe-line de 150 kilomètres reliant Muanda a Matadi.
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La RDC n’est le monopole ni de l’Europe, ni des Amériques encore moins de la Chine. Pour son développement, tout le monde est le bienvenu d’autant qu’il y a de la place pour tous. Tout est à construire ou à reconstruire à côté d’immenses opportunités d’investissements.
Libya Oil Holding, société d’état libyenne, est intéressée par la construction d’un pipe-line long de 150 kilomètres sur l’axe Muanda-Matadi, avec une liaison en pipe-line jusqu’à une bouée en haute mer pour permettre aux super tankers pétroliers de livrer directement. Cela, pour éviter des ruptures de charge régulièrement déplorée sur la voie Ouest. Le projet vient d’être présenté au ministre des Hydrocarbures par une délégation libyenne conduite par le Président Directeur Général de Libya Oil Holding.
Le Dr. Ali Shaniekh qui a conféré avec le ministre Mende était en fait porteur du projet de construction du pipe-line Muanda-Matadi. Le coût de l’investissement est estimé à plusieurs dizaines de millions de dollars américains. L’ouvrage sera d’un diamètre de dix pouces. L’impact, économique et environnemental positif de cet ouvrage dans le transport des produits pétroliers en cette période difficile, est plutôt certain.
Pour l’investisseur libyen, ce projet est intégrateur non seulement pour la RDC, mais aussi pour l’ensemble de la sous- région. A terme, ce pipe-line pourra se relier aux voies de l’Est, allant de Mombasa-Kampala-Kisangani-Bukavu- Kindu -Kananga. Les autres axes éventuels à relier sont Bujumbura-Uvira-Bukavu ainsi que Kigali-Gonia Kindu,... afin de consolider l’intégration économique nationale. Dans la partie orientale du continent, le pipe-line Mombasa-Kampala-Kigali-Bujumbura oblige des pays voisins à travailler ensemble, consolidant ainsi la paix dans une région mouvementée. La RDC ne devra pas rester longtemps en dehors de ces sous-ensembles économiques, dans le but d’assurer également la sécurité de ses frontières. L’histoire renseigne que l’Allemagne et la France ont après la deuxième guerre mondiale consolidé la paix par des projets économiques commun comme le marché commun de l’acier et du charbon, l’ancêtre de l’actuelle Union Européenne regroupant 27 pays. Depuis, la paix s’est définitivement installée entre les deux pays.
Un partenaire Africain
Une firme africaine qui investit dans un pays africain, cela n’arrive pas souvent. Lybia Oil Holding a déjà fait ses preuves sur le continent. En plus du pipe-line reliant le Kenya à l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, la firme libyenne est opérationnelle à travers le continent avec ses 1.200 stations- services installées à 13 pays. Ses activités s’étendent dans l’exploration, la distribution et le transport de gaz et de pétrole. Un partenaire de choix qui a fait et continue à faire ses preuves dans le secteur.
La Libye qui dispose d’importantes ressources financières est très active dans le secteur des investissements à travers l’agence Lybia african investissement. Des milliards de dollars américains produits du surplus de la manne pétrolière sont rendus disponibles pour le développement du continent. La RDC, un pays post-conflit et fragile, ne peut accorder le monopole de son processus de développement et de reconstruction à des investissements provenant des mêmes horizons. La diversification des partenaires en cours assurera, sans aucun doute, à la RDC un développement durable.
(Ern.)Bienvenu-Marie Bakumania/Le Potentiel