La RDC n’est le monopole ni de l’Europe, ni des Amériques encore moins de la Chine. Pour son développement, tout le monde est le bienvenu d’autant qu’il y a de la place pour tous. Tout est à construire ou à reconstruire à côté d’immenses opportunités d’investissements.

Libya Oil Holding, société d’état libyenne, est intéressée par la construction d’un pipe-line long de 150 kilomètres sur l’axe Muanda-Matadi, avec une liaison en pipe-line jusqu’à une bouée en haute mer pour permettre aux super tankers pétroliers de livrer directement. Cela, pour éviter des ruptures de charge régulièrement déplorée sur la voie Ouest. Le projet vient d’être présenté au ministre des Hydrocarbures par une délégation libyenne conduite par le Président Directeur Général de Libya Oil Holding.

Le Dr. Ali Shaniekh qui a conféré avec le ministre Mende était en fait porteur du projet de construction du pipe-line Muanda-Matadi. Le coût de l’in­vestissement est estimé à plusieurs dizaines de millions de dollars américains. L’ouvrage sera d’un diamètre de dix pou­ces. L’impact, économique et environnemental positif de cet ouvrage dans le transport des produits pétroliers en cette pé­riode difficile, est plutôt certain.

Pour l’investisseur libyen, ce projet est intégrateur non seulement pour la RDC, mais aussi pour l’ensemble de la sous- ré­gion. A terme, ce pipe-line pourra se relier aux voies de l’Est, al­lant de Mombasa-Kampala-Ki­sangani-Bukavu- Kindu -Ka­nanga. Les autres axes éventuels à relier sont Bujumbura-Uvira-­Bukavu ainsi que Kigali-Gonia­ Kindu,... afin de consolider l’in­tégration économique nationale. Dans la partie orientale du conti­nent, le pipe-line Mombasa-Kampala-Kigali-Bujumbura oblige des pays voisins à travailler ensem­ble, consolidant ainsi la paix dans une région mouvementée. La RDC ne devra pas rester long­temps en dehors de ces sous­-ensembles économiques, dans le but d’assurer également la sécu­rité de ses frontières. L’histoire renseigne que l’Allemagne et la France ont après la deuxième guerre mondiale consolidé la paix par des projets économiques commun comme le marché com­mun de l’acier et du charbon, l’ancêtre de l’actuelle Union Européenne regroupant 27 pays. Depuis, la paix s’est définitive­ment installée entre les deux pays.

Un partenaire Africain

Une firme africaine qui investit dans un pays africain, cela n’arrive pas souvent. Lybia Oil Holding a déjà fait ses preuves sur le continent. En plus du pipe-­line reliant le Kenya à l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, la firme libyenne est opé­rationnelle à travers le continent avec ses 1.200 stations- services installées à 13 pays. Ses activi­tés s’étendent dans l’exploration, la distribution et le transport de gaz et de pétrole. Un partenaire de choix qui a fait et continue à faire ses preuves dans le secteur.

La Libye qui dispose d’importantes ressources financières est très active dans le secteur des investissements à travers l’agence Lybia african investissement. Des milliards de dol­lars américains produits du sur­plus de la manne pétrolière sont rendus disponibles pour le déve­loppement du continent. La RDC, un pays post-conflit et fra­gile, ne peut accorder le monopole de son processus de déve­loppement et de reconstruction à des investissements provenant des mêmes horizons. La diversi­fication des partenaires en cours assurera, sans aucun doute, à la RDC un développement durable.

(Ern.)

Bienvenu-Marie Bakumania/Le Potentiel