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Bonjour | 02/12/2008 21:05 | English Make DC Home page | RSS feed

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Mise dos contre le mur après la prise d’assaut réussie contre sa barque Kalamu, la société d’exploitation pétrolière on et off shore de la côte maritime congolaise a accepté de payer 7000 dollars US pour destruction de filets et répondre positivement aux autres revendications des autochtones. Mise dos contre mur après la prise d’assaut réussie contre sa barge “ Kalamu ”, Perenca a accepté de payer $US 7.000 pour destruction de filets et répondre positivement aux autres revendications des autochtones.

La société pétrolière Perenco Rep – opérant on shore et off shore dans la ré­gion de Muanda, province du Bas-Congo (sud-ouest de la RDC) – a entamé depuis jeudi 17 juillet dernier des négocia­tions avec les représentants de la population autochtone afin de clore définitivement l’incident survenu mardi 15 juillet dernier sur le gisement off shore Mibale au Nord de Nsiamfumu et au cours du­quel une de ses barges de stockage en l’occurrence la “ Kalamu ”, quelques centra­les ont été prise d’assaut et immobilisées par un groupe de pêcheurs en colère pen­dant près de 48 heures.

Les revendications des autochtones sont contenues dans un mémo adressé en date du 13 mai 2008 et signé par M. Nsumbu Nzau, chef de groupement de Nsiamfumu, et les cinq chefs de villages qui composent cette subdivi­sion administrative du terri­toire de Muanda. Les autoch­tones demandent notamment à la société Perencorep d’ho­norer “ sa propre promesse ” d’électrifier la localité de Nsiamfumu II, de donner du travail aux enfants du terroir et de réparer tous les dégâts causés par l’exploitation. Il faut que des pompes aspirantes soient construites dans les villages car les cours d’eau sont polluées. Il faut aussi que Perencorep indemnise la population et lui procure une activité de remplacement car les activités traditionnelles de pêche et d’agriculture ne don­nent plus satisfaction à cause de la pollution résultante de l’exploitation pétrolière.

“ Depuis nos ancêtres, rappellent les autochtones dans le mémo qui sert de base aux présentes négociations, nous avons toujours vécu de la pêche et de l’agri­culture... Les entreprises avec lesquelles nous parta­geons le même champ d’ex­ploitation, qu’il s’agisse de la terre ferme ou de la mer, avaient compris que la pêche et l’agriculture devaient subsister nécessairement car el­les assurent la survie de la population…

Malheureusement et pré­sentement, regrettent-ils, la société Perencorep qui a remplacé les sociétés Finarep et Chevron de l’épo­que foule aux pieds toutes les conventions signées entre les paysans, les pêcheurs et ces sociétés sous couvert de pré­tendues lois internationales sur le pétrole et au mépris des droits de l’homme.

C’est pourquoi les autoch­tones, qui craignent que leur terre ne se transforme en dé­sert, exigent que Perencorep réponde positivement à leurs revendications. Dans le cas contraire, nous nous portons “ candidats à la mort ”, ont-­ils menacé dans leur mémo.

C’est sans violence et sans dégâts que des pê­cheurs ont occupé puis évacué la barge de stockage du champ pétrolier Mibale ex­ploité par la société française Perencorep.

Limiter les dégâts

L’opération commando contre la barge Kalamu avait été montée dans le plus grand secret et avait pris de cours les responsables de la société Perenco qui, pour limiter les dégâts, ont dû régler sans dis­cussion le remboursement du coût des filets de pêches déchirés en mer par des unités de la pétrolière. Un chè­que de USD 7.000 a été remis aux représentants des pê­cheurs de Nsiamfumu.

Depuis, filets et pirogues ont été rangés pour un mo­ment. On fait la fête dans les bistrots et petits restaurants de Muanda chaque jour après les très courtes séances de négociations qui se déroulent dans les locaux du territoire sur le Boulevard du Commerce entre Perenco et le comité de suivi du groupe­ment de Nsiamfumu sous le regard vigilant de l’AT Dieu­donné Kowaha Yale Selo et du général Mustapha qui com­mande la toute proche base militaire de Kitona.

Soupçons

Des précautions qui en disent long sur l’état des esprits qui règnent chez les pétroliers. Ceux-ci redouteraient des influences politiques et régionales dans un coin où règnent de nombreux problè­mes sociaux et politiques avec les troubles vécus l’an­née dernière et encore cette année avec les adeptes de BDK.

Il fallait savoir jeter du lest et limiter les dégâts pour éviter toute dégénération de la situation devant des revendi­cations de plus en plus so­phistiquées. Selon M. Kobe, coordonnateur du groupe­ment des pêcheurs de Nsiamfumu II auxquels appar­tiennent les pêcheurs qui ont conduit cette opération spec­taculaire de protestation, l’évacuation a été décidée par les pêcheurs eux-mêmes mercredi en fin de journée après que le général Mustapha de la base de Kitona ac­compagné de l’administrateur du territoire de Muanda et du procureur leur ait donné sa parole que personne ne serait ni arrêté ni poursuivi. Et que la société Perencorep était enfin d’accord pour entamer avec les représentants de la population les négociations qu’ils réclamaient.

Les pêcheurs ont alors évacué la barge et ont gagné la terre ferme d’où des bus, arborant des calicots du genre : “ Perencorep nous prépare un désert ”, les ont conduit au siège de la société pétrolière. Là, les pêcheurs ont refusé d’entrer dans le vif du sujet et exigé que les né­gociations se déroulent en “ terrain neutre ”. Ce qui a été accepté.

Selon M. Koba que nous avons rencontré à Nsiamfumu, les pêcheurs n’ont causé aucun dégât ma­tériel ou humain. “ Nous voulions seulement qu’on nous entende et nous sommes sa­tisfaits d’être entendus ”, a-t-il déclaré.

Le groupe qui a participé à l’opération était composé d’une cinquantaine de person­nes. Ils n’ont eu aucune diffi­culté pour parcourir les 3 Km de la côte et gagner la barge à bord de 3 pirogues motorisées. “ Il était 4 heures du matin ce mardi quand nous sommes arrivés là ”, nous a expliqué Pitshou qui participait à la prise d’assaut.

“ Les gens dormaient et quand les senti­nelles nous ont repérés, nous leur avons vite expliqué que nous ne voulions pas de vio­lence mais seulement être entendus. Dans la journée, des sol­dats de la force navale ont tenté de nous intimider, mais nous avons tenu bon et isolé la barge pendant 48 heures ”, explique encore Pitshou.

“ Ce n’est qu’après les assurances nous données par le général que nous avons décidé d’éva­cuer mercredi après-midi ”.

(Yes)

L. Mabiala/La Cité Africaine

Last edited: 29/07/2008 17:03:50

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