On n’a pas fini d’apprendre du nouveau au procès de l’assassinat du député provincial Daniel Botethi présentement en instruction au tribunal militaire de la garnison de Kinshasa/Ngaliema.

Des prévenus, en détention à l’ex-prison de Makala, ont fait hérisser les poils de plus d’un compatriote en révélant aux juges que c’est un certain Kasongo, co-prévenu et détenu, qui aurait inspiré au présumé assassin Patrick Mwewa les noms de deux hautes personnalités de la ville et du pays, à savoir André Kimbuta et Vital Kamerhe, aux fins de bénéficier des circonstances atténuantes et partant d’une légère condamnation.
En attendant que la justice militaire creuse à fond cette nouvelle piste, l’on peut d’ores et déjà se demander si ces deux jeunes leaders politiques ne sont pas victimes d’un complot politique.
En effet, il est difficile de croire à présent, à partir de ce que l’on a appris hier, que des présumés assassins aient eu tout seuls l’idée de faire endosser leur crime à des décideurs politiques soigneusement ciblés. L’on a toutes les raisons de soupçonner un ou des “ parrains ” d’une idée ayant une telle teneur de nuisance pour ses innocentes victimes. Si la société congolaise n’est pas déjà sous la coupe réglée d’une maffia politico-financière, capable du pire, en tout cas cela ne saurait tarder. Alors, toutes les Congolaises et tous les Congolais qui “ bougent ” sont en danger, car à même d’être fragilisés à tout moment.
L’on peut dès lors se demander si l’assassinat de Daniel Botethi ne serait pas l’œuvre des personnes désireuses de régler des comptes et à ce jeune turc du Mouvement de Libération du Congo et à leurs “ ennemis ” politiques. Même si l’hypothèse n’est pas encore formellement assise, il va être du devoir de la justice militaire de tout faire pour débrouiller un dossier qui paraît enveloppé dans une toile d’araignée.
Tant qu’on n’aura pas identifié les planificateurs du scénario visant la culpabilisation de Kamerhe et Kimbuta, ils auraient le loisir de signer tranquillement d’autres “ coups ” et partant de faire mal à qui ils voudraient, de petits aux grands citoyens congolais. Dans cette ambiance, chacun de nous peut se réveiller un matin avec sur les bras une accusation de commanditaire d’un meurtre, de partisan d’une association de malfaiteurs, de co-auteur d’un crime politique.
Pourquoi Kimbuta et Kamerhe ?
Pourquoi les pensées de Kasongo, de son intention de nuire, sont-elles allées tout droit à André Kimbuta et Vital Kamerhe ? L’interrogation, à ce stade, ne peut trouver une réponse appropriée.


Mais au regard de la gravité des allégations portées à charge du gouverneur de la ville de Kinshasa déjà et qui allaient, mutatis mutandi, peser sur la personne du président de l’Assemblée Nationale, les deux personnalités allaient finir par une double mort politique d’abord et physique ensuite.
Politiquement, leur brillante carrière allait s’arrêter brutalement. Au plan physique, il n’est un secret pour personne que le Code Pénal congolais punit encore l’infraction d’assassinat et d’association de malfaiteur de la peine capitale, ou à tout le moins, de la perpétuité.
Lorsque l’on jette un regard sur l’environnement politique congolais, l’on constate que Kimbuta et Kamerhe, de par leur position politique actuelle ne font pas que des heureux. Bien au contraire ! Leurs “ennemis” se recrutent même au sein de leur famille politique.
Mais, de là à penser que des individus auraient comploté au point de les casser poitiquement et physiquement, il faut croire qu’ils auraient des motifs sérieux de vouloir les effacer de la scène politique nationale et de la carte physique nationale.
S’il est admis que les politiques congolais sont maintenant engagés dans une autre phase d’élimination de leurs ennemis et adversaires potitiques, le pays doit redouter son inféodation à une “camora” à la congolaise. Mais, à la différence de celle-ci, dont les parrains sont connus, la nôtre animée par des mains invisibles, exposant ainsi chacun et tous à ses frappes chirurgicales.
(Milor)Le Phare
Last edited: 29/07/2008 17:02:28