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La maffia congolaise : Qui est le parrain ?

Kinshasa, 29/07/2008 / Société
On n’a pas fini d’apprendre du nouveau au procès de l’assassinat du député provincial Daniel Botethi présentement en instruction au tribunal militaire de la garnison de Kinshasa/Ngaliema. Des prévenus, en détention à l’ex-prison de Makala, ont fait hérisser les poils de plus d’un compatriote en révé­lant aux juges que c’est un certain Kasongo, co-prévenu et détenu, qui aurait ins­piré au présumé assassin Patrick Mwewa les noms de deux hautes personnalités de la ville et du pays, à sa­voir André Kimbuta et Vital Kamerhe, aux fins de béné­ficier des circonstances at­ténuantes et partant d’une légère condamnation.

En attendant que la justice militaire creuse à fond cette nouvelle piste, l’on peut d’ores et déjà se demander si ces deux jeunes leaders politiques ne sont pas victimes d’un complot politique.

En effet, il est difficile de croire à présent, à partir de ce que l’on a appris hier, que des présumés as­sassins aient eu tout seuls l’idée de faire endosser leur crime à des décideurs politi­ques soigneusement ciblés. L’on a toutes les raisons de soupçonner un ou des “ parrains ” d’une idée ayant une telle teneur de nuisan­ce pour ses innocentes vic­times. Si la société congo­laise n’est pas déjà sous la coupe réglée d’une maffia politico-financière, capable du pire, en tout cas cela ne saurait tarder. Alors, toutes les Congolaises et tous les Congolais qui “ bougent ” sont en danger, car à même d’être fragilisés à tout mo­ment.

L’on peut dès lors se de­mander si l’assassinat de Daniel Botethi ne serait pas l’œuvre des personnes désireuses de régler des comptes et à ce jeune turc du Mouvement de Libéra­tion du Congo et à leurs “ ennemis ” politiques. Même si l’hypothèse n’est pas en­core formellement assise, il va être du devoir de la jus­tice militaire de tout faire pour débrouiller un dossier qui paraît enveloppé dans une toile d’araignée.

Tant qu’on n’aura pas identifié les planificateurs du scéna­rio visant la culpabilisation de Kamerhe et Kimbuta, ils auraient le loisir de signer tranquillement d’autres “  coups ” et partant de faire mal à qui ils voudraient, de petits aux grands citoyens congolais. Dans cette am­biance, chacun de nous peut se réveiller un matin avec sur les bras une ac­cusation de commanditaire d’un meurtre, de partisan d’une association de mal­faiteurs, de co-auteur d’un crime politique.

Pourquoi Kimbuta et Kamerhe ?

Pourquoi les pen­sées de Kasongo, de son intention de nuire, sont-el­les allées tout droit à André Kimbuta et Vital Kamerhe ? L’interrogation, à ce stade, ne peut trouver une réponse appropriée.

Mais au regard de la gravité des allégations portées à charge du gou­verneur de la ville de Kins­hasa déjà et qui allaient, mutatis mutandi, peser sur la personne du président de l’Assemblée Nationale, les deux personnalités allaient finir par une double mort politique d’abord et physique ensuite.

Politiquement, leur brillante carrière allait s’arrêter brutalement. Au plan physique, il n’est un secret pour personne que le Code Pénal congolais punit encore l’infraction d’assas­sinat et d’association de malfaiteur de la peine capi­tale, ou à tout le moins, de la perpétuité.

Lorsque l’on jette un regard sur l’environne­ment politique congolais, l’on constate que Kimbuta et Kamerhe, de par leur position politique actuelle ne font pas que des heureux. Bien au contraire ! Leurs “ennemis”  se recrutent même au sein de leur famille politique.

Mais, de là à penser que des individus auraient comploté au point de les casser poitiquement et physiquement, il faut croire qu’ils auraient des motifs sérieux de vouloir les effacer de la scène politique nationale et de la carte physique nationale.

S’il est admis que les politiques congolais sont maintenant engagés dans une autre phase d’élimination de leurs ennemis et adversaires potitiques, le pays doit redouter son inféodation à une “camora” à la congolaise. Mais, à la différence de celle-ci, dont les parrains sont connus, la nôtre animée par des mains invisibles, exposant ainsi chacun et tous à ses frappes chirurgicales.

(Milor)

Le Phare

Last edited: 29/07/2008 17:02:28

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