Mwewa avait reçu mission de citer “ deux commanditaires ” : André Kimbuta et Vital Kamerhe. Quels autres rebondissements va enfanter la confrontation entre Kadi, Mwewa et Kimbuta ?
L’affaire du crime odieux perpétré sur le vice-président de l’Assemblée provinciale Daniel Boteti n’a pas fini de voguer de rebondissements en rebondissements.
A l’audience de lundi, au Tribunal militaire de garnison de Ngaliema, un nouveau pion a été cité. Il s’agit d’un certain détenu du CPRK répondant au nom de Kasongo et au sobriquet de Phénomène. Pour l’auditeur militaire, ce jeune militaire est condamné par la justice militaire, pour avoir tué M. Sangwa, en recourant au même modus operandi. Fausse barrière sur la chaussée. Dès que la voiture de la victime s’est immobilisée, il a tiré sur cette dernière et causé sa mort. Il est ami à Patrick Mwewa, a-t-il laissé entendre, avant de faire comparaître ses codétenus, afin qu’ils rapportent au tribunal ce qui s’était dit en prison au sujet de cette affaire.
Après la comparution des responsables du dispensaire du CPRK, le policier infirmier Adolphe Landu et son adjoint René Mwanza, reprochables pour avoir laissé accéder au malade Mwewa, le détenu Kasongo phénomène qui l’a nourri avec de la bouillie de maïs, le constat relevé par les avocats est que la sécurité des détenus malades au CPRK n’est pas assurée et que les infirmiers condamnés et en détention, comme les membres des autres corps organisés, ne peuvent pas exercer leur profession.
La substance des confidences entre les détenus Kasongo et le lieutenant Edo
Un autre témoin cité par le ministère public, le lieutenant Edo Nzuzi interné à la chambre 1 A du pavillon 3, est passé lundi à la barre pour rappeler dans quelles circonstances, il a connu Patrick Mwewa et le détenu Kasongo, et ce qu’il a entendu dans les milieux du CPRK au sujet du procès de l’assassinat de Daniel Boteti.
Un soir, alors qu’il suivait à la télé, la rediffusion des audiences du procès, il avait entendu Mwewa annoncer les couleurs, promettant de citer comme commanditaire, un membre important du gouvernement. A cette occasion, Kasongo phénomène avait confié que Mwewa citera le gouverneur de la ville et Vital Kamerhe, le président de l’Assemblée nationale. Cela pour qu’on lui assure de bons soins médicaux et que sa sécurité soit renforcée.
Selon cet officier, les détenus Flory, Bekazwa et Jean-Marie Wama, tous de la chambre 1 pavillon 3 A, peuvent confirmer que ces informations circulaient déjà en prison.
Le 18 juillet à l’audience, Patrick Mwewa n’a cité qu’André Kimbuta, plongeant les autres détenus dans l’indignation. Car, eux, les ex-Faz n’appréciaient pas des dénonciations contre les autorités gouvernementales.
D’où une vive discussion, qui a éclaté entre ces anciens militaires et policiers du régime Mobutu et les “ kadogos ” dont se réclament Kasongo et Mwewa.
Selon le lieutenant Edo Nzuzi, en sa présence, Kasongo phénomène “ son petit ”, aura bien des choses à dire au tribunal.
Voilà comment les autres détenus ont appris les stratégies montées par Patrick Mwewa et Kasongo. Serait-ce là l’âme du complot contre certaines autorités ?
Le tribunal militaire et les avocats espèrent beaucoup de la confrontation entre Kadi et Mwewa, et entre Kadi et le gouverneur de la ville, et enfin, Mwewa et André Kimbuta.
Roger Nsingi a ignoré ses antécédents fâcheux avec Boteti
A la barre, Roger Nsingi a loué les mérites de son vice-président Daniel Boteti qu’il a présenté comme un jeune talentueux, travailleur. De leurs relations amicales et professionnelles, aucun nuage, même pendant la période des turbulences qui ont secoué les premiers moments de leur législature.
D’ou, la question du tribunal de savoir s’ils se fréquentaient à domicile. Le président de l’Assemblée provinciale dira qu’il ne connaissait pas l’adresse de son adjoint à Kintambo.
A la mort de Boteti, il a reconnu que des racontars et rumeurs circulaient à travers toute la ville :
Mais que retient-il des travaux de l’Assemblée provinciale pouvant conduire au meurtre de Daniel Boteti ? Rien de particulier. A l’en croire, tout baignait dans l’huile, à part la majorité qui a basculé.
De la comparution du ministre provincial de la Sécurité, Godard Motemona, le tribunal n’a pas avancé grand chose. Il a appris la triste nouvelle de l’inspecteur provincial de la police. Et aussitôt, a alerté les autres membres du gouvernement provincial et de l’Assemblée provinciale.
La défense qui l’attendait de pied ferme sur le terrain de ses compétences, la sécurité des personnes et de leurs biens dans la ville de Kinshasa, ne récoltera rien de son audition, ni de la suite des questions orales avec débat de l’Assemblée provinciale sur l’insécurité à Kinshasa, auxquelles il ne s’est pas plié. Pour le tribunal, les avocats de la défense ne doivent pas substituer sa juridiction en une autre chambre de l’Assemblée provinciale. Le tribunal, a-t-il martelé, instruit sur les infractions d’association des malfaiteurs et de meurtre, et non, sur les mesures de renforcement de sécurité prises par le gouvernement provincial.
Le fameux Kadi enfin exhibé devant les juges comme un trophée
André Kimbuta fut le dernier renseignant appelé à la barre. Avant même qu’il ait été livré aux avocats de la partie civile, ces derniers ont sollicité du tribunal que sa comparution inter-
vienne en même temps que celle de Mwewa qui l’a cité et de Kadi. Car, c’est de leur confrontation que la défense entend extraire des éléments sur les liens réels ou supposés existant entre les présumés exécutants et les présumés commanditaires. Encore une joute oratoire manquée et des révélations renvoyées à plus tard pour question de méthodologie. Pour le président du tribunal, c’est que les avocats n’avaient aucune question à poser au gouverneur de la ville.
L’OMP a alors exhibé un des trophées remportés par les services de police et de renseignements militaires, le fameux Kadi jadis en fuite.
Premier sergent de son état, il est du bataillon agri du camp Tshatshi. L’auditeur militaire a indiqué qu’après le crime sur Boteti, l’homme est allé se réfugier dans le Bas-Congo où il n’a pas pu tenir le coup. De retour à Kinshasa, il a reconstitué sa bande avec Fidèle et Maseba. Dans la nuit du 24 au 25 juillet, cette bande est allée opérer sur l’avenue Masikita, quartier UPN. Même modus operandi une fausse barrière sur la chaussée. M. Joël en route pour son domicile, échappe au traquenard en fonçant à vive allure. Il a essuyé des coups de feu. Chez lui, il a alerté la police qui, à l’aide d’une voiture banalisée avec des policiers, est allée affronter les malfaiteurs. Accrochages. Fidèle et Maseba en fuite, Kadi est touché par une balle. Ce qui a permis son arrestation et la saisie de son arme Fa n°20309.
A moins d’un autre programme de travail de la juridiction militaire, sa confrontation avec ses compères interviendra aujourd’hui.
(Milor)J.R.T./Le Phare
Last edited: 29/07/2008 16:58:50