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Point chaud : André Kimbuta à quitte ou double

Kinshasa, 26/07/2008 / Politique
Les phares de l’actualité judiciaire nationale braquée depuis deux semaines sur l’affaire de l’assassinat du député provincial Daniel Boteti, ont devoilé l’horreur autant que les préjudices immenses, ainsi que le défi que l’industrie du crime a infligé à la population kinoise traumatisée. Les colonnes des journaux et les extraits des audien­ces transmises par des chaînes de télévision qui rapportent au fil des jours le déroulement du procès ouvert devant le tribunal militaire de garnison de Ngaliema, alimentent la chronique avec des re­bondissements et des contradictions à même de désorienter les meilleurs enquêteurs et juristes. Au point qu’on est en droit de se demander à cette allure, on pourra bientôt percer le mystère de cette affaire, et découvrir toute la vérité sur l’assassinat du vice-président de l’As­semblée provinciale de Kinshasa, ou nous nous acheminons vers un im­broglio judiciaire.

Dans cette quête judiciaire des éléments constitutifs des infractions reprochées aux six prévenus, à savoir association des malfaiteurs et meurtre, quelques élé­ments moissonnés par le  tribunal permettent d’ores et déjà quelque lueur d’espoir, sinon un brin de vérité.

Coup de théâtre

Déjà à l’ouverture du procès le mardi 8 juillet 2008, le lien entre Patrick Mwewa, le prévenu princi­pal et Kadi, Fidèle et deux autres jeunes parvenus non identifiés et en fuite, est établi, il s’agit d’une associa­tion constituée pour attenter aux personnes et à leurs biens. Plusieurs braquages emplissent le panier de leur passé criminel qui se confond avec leur passé carcé­ral. Aussi les investigations menées par le ministère public dans les milieux du CPRK ont révélé de nom­breux cas d’extorsions avec comme victimes, le capitai­ne de l’équipe nationale des Léopards, Shabani Nonda, le colonel Kasangana, Se­crétaire général à la Dé­fense chargé des Anciens Combattants, les députés nationaux Onusumba et Matadi Nenga. Des hom­mes de médias ainsi que des paisibles habitants du quartier Ma Campagne sont également tombés dans les griffes de ces malfaiteurs.

Dans cette “ écurie ”, l’organe de la loi a noté la présence active du petit Inoki alias Enoch, Eric, Moto ya Katanga, aujourd’hui en détention.

Le coup de théâ­tre intervient à l’audience du jeudi 17 juillet. Patrick Mwewa annonce enfin les couleurs. Il signale qu’à l’audience, il va dévoiler le nom du commanditaire de cet assassinat. Vendredi 18 juillet, sans porter des gants, Patrick Mwewa ap­paremment serein et en possession de toutes ses facultés mentales, désigne la main invisible de sa ban­de, le gouverneur de la ville de Kinshasa. Vrai ou faux? Casse-tête judiciaire pour le tribunal militaire de garnison de Ngaliema ?

Début de preuve, la Sim du téléphone portable de Mwewa brandie par ce dernier, comme porteuse des révélations sur les re­lations existant entre sa bande et son pourvoyeur des fonds. Et pour décou­vrir davantage la vérité, les investigations sont alors orientées vers tous les rele­vés d’appels du gouverneur de la ville, ceux de Patrick Mwewa et à travers lui, ceux de Kadi et des autres mem­bres de la bande.

Une moisson d’éléments

Un rapport volumineux ­établi à ce sujet le concours des sociétés de télécommunications cellulaires, est aujourd’hui mis à la disposition des avocats. Quels secrets détiennent ces appels reçus et émis.

Le coup de théâ­tre intervient à l’audience du jeudi 17 juillet. Patrick Mwewa annonce enfin les couleurs. Il signale qu’à l’audience, il va dévoiler le nom du commanditaire de cet assassinat. Vendredi 18 juillet, sans porter des gants, Patrick Mwewa ap­paremment serein et en possession de toutes ses facultés mentales, désigne la main invisible de sa ban­de, le gouverneur de la ville de Kinshasa. Vrai ou faux ? Casse-tête judiciaire pour le tribunal militaire de garnison de Ngaliema ?

Début de preuve, la Sim du téléphone portable de Mwewa brandie par ce dernier, comme porteuse des révélations sur les re­lations existant entre sa bande et son pourvoyeur des fonds. Et pour décou­vrir davantage la vérité, les investigations sont alors orientées vers tous les rele­vés d’appels du gouverneur de la ville, ceux de Patrick Mwewa et à travers lui, ceux de Kadi et des autres mem­bres de la bande.

Une moisson d’éléments

Un rapport volumi­neux établi à ce sujet avec le concours des sociétés de télécommunications cellu­laires, est aujourd’hui mis à la disposition des avocats. Quels secrets détiennent ces appels reçus et émis? Les autres rapports des experts, notamment des médecins-légistes, des spécialistes en balistique, de la police technique et scientifi­que, n’apportent-ils pas suf­fisamment de lumière sur la nature des armes utilisées et des balles tirées dans la nuit du samedi 5 au diman­che 6 juillet 2008 ?

Enfin, à l’audience du mercredi 23 juillet, quin­ze personnes sont invitées à comparaître devant la juridiction militaire. André Kimbuta, le gouverneur de la ville, le président de l’As­semblée provinciale Roger Nsingi, le ministre provincial de la Sécurité Godard Mote­mona, l’opérateur radio et le superviseur de la police du district de la Lukunga. Quel­ques condamnés purgeant leurs différentes peines au CPRK sont attendus pour le lundi prochain, afin de dé­voiler les conversations en­tre Mwewa et ses amis en détention, et surtout certai­nes confidences qu’il aurait faites. Qu’a-t-il dit de com­promettant ou d’intéressant sur l’évolution du dossier ou en rapport avec les com­manditaires ?

Lundi prochain, c’est le quitte ou double pour An­dré Kimbuta dont on peut relever une sorte d’intimi­dation à l’endroit du tribunal militaire et des prévenus en détention. Quel est le but
des marches organisées par-ci par-là dans la ville ? Est-ce pour soutenir les ju­ges militaires dans leur dé­marche à percer le mystère de cette affaire criminelle, ou un message lancé aux adversaires politiques ou à l’opinion nationale ?

Le tribunal militaire devant le défi de dire le droit dans la sérénité

La pièce maîtres­se de ce procès, Patrick Mwewa, a livré au tribunal militaire plusieurs versions des faits aussi contradictoi­res les unes que les autres. Dans cette panoplie des dé­clarations, quelques cons­tances demeurent. L’association des malfaiteurs a existé, la volonté d’aller perpétrer des coups y est, et les faits ont bel et bien été commis. Une des victimes est tombée: il s’agit de Da­niel Boteti.

Kady, le cerveau-­moteur de la bande toujours en cavale, a emporté avec lui d’autres secrets de cette écurie. Parviendra ton à le capturer ? Rien n’est sûr, mais avec la moisson des éléments que le tribunal mi­litaire a pu engranger, il y a de fortes chances que les prochaines audiences puis­sent apporter d’autres re­bondissements. Attendons voir la semaine prochaine !

(Ern.)

J.R.T./Le Phare

Last edited: 26/07/2008 15:23:28

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