La conférence internationale qui se tient au centre Cepas de Kinshasa sous le thème Institutions financières internationales et la pratique de la corruption en RDC est en train d’établir que le fléau de la corruption s’avère un véritable repoussoir des investissements dans le pays.

Le développement de la RDC est tributaire de la manière avec laquelle l’épineuse question de la corruption sera traitée. Erigée en système, ce fléau est considéré par les participants à la conférence internationale du Cepas sous le thème: “ Institutions financières internationales et la pratique de la corruption en RDC ”, comme un repoussoir des investissements en “ RDC ”.
Des thèmes révélateurs de l’état des lieux de la pratique de corruption en RDC ont édifié les participants à la première journée. Tous ont reconnu les effets nocifs de la corruption sur la marche de la RDC. Malheureusement, ces pratiques sont devenues la norme en RDC. s’érigeant même en système. C’est à ce constat amer que les experts de l’Unikin, l’UPc, le Cepas, Osisa et Global Financial integrity sont arrivés et tiennent à proposer des remèdes.
A tous les niveaux, la corruption s’est installée confortablement. Le professeur Mabi Mulumba, ancien président de la Cour des comptes, regrette que cette situation soit aggravée par la privatisation de l’Etat. Chacun dans sa sphère dans la chaîne de décision, dispose “ d’un pouvoir discrétionnaire ”. Personne ne respectant les règles établies. La lenteur s’installe pour amener les usagers à se plier aux exigences des représentants de l’Etat.
Les entreprises privées ont trouvé dans la corruption un moyen de réaliser des bénéfices. Une interaction entre performance des entreprises privées et la pratique de la corruption existe bel et bien. Pour le chef de travaux Batamba Antoine de l’Unikin, “ les entreprises privées ont réussi à développer des stratégies pour tenter de surmonter les effets pervers de cette gangrène ”.
Dans le même ordre d’idées, “ certaines d’entre elles ont bâti leur prospérité essentiellement sur un recours à la corruption ”. Le prof. Mabi Mulumba l’avait brillamment illustré à travers ce qui était appelé “ affaire des crédits d’impôts ” qui avait en son temps éclaté à la Direction générale des impôts. Les opérateurs de la téléphonie cellulaire ont également été cité, suivant le rapport de la commission Mutinga du Sénat. L’Etat congolais a perdu d’importantes ressources, suite au paiement minoré des taxes et autres droits dus au Trésor public.
Quant aux entreprises publiques, elles ont développé des mécanismes structurels de corruption. Evariste Mabi Mulumba les énumère : l’inexistence de manuels de procédures administratives, comptables et de contrôle interne. La tenue irrégulière de la comptabilité : production tardive des états financiers, omission des facturations de certains clients….
Les politiques ne sont pas en reste. “ Chaque jour qui passe semble éloigner la perspective de voir ce pays rejoindre les pays prospères et les citoyens pauvres deviennent davantage pauvres et les riches de plus en plus riches ”, a déclaré le prof. Bwebwa Kalala. Le scientifique fait le constat que “ les autorités politique vivent au-delà de leurs moyens à cause de la corruption qui leur procure des ressources financières additionnelles ”. Conséquences, les incompétents, incapables et immoraux sont désignés à des postes de gestion. ils se comportent de n’importe quelle manière assurés de bénéficier “ du soutien des autorités plus haut placées qu’elles-mêmes ”. Des cas d’insoumissions sont légion dans l’actualité récente des pratiques de la corruption en RDC.
Dans le lot, les institutions financières internationales ne sont pas épargnées. Le ministre des PME considère que le renforcement de la dynamique communautaire peut amener à développer des mécanismes de lutte contre l’impunité et les abus tant des dirigeants nationaux que des partenaires extérieurs “ car un pays où l’opprobre n’existe plus, les pouvoirs publics sont seuls incapables d’extirper cette gangrène.
En conclusion, le prof. Tshiunza Mbiye a poussé un cri de révolte. Il faut une action globale d’autant que le mal est pro-fond. La pire des conséquences reste que la RDC soit devenue un repoussoir des investissements. Des magistrats intègres dotés de moyens adéquats, des politiques aimant leur pays, des médias non corrompus sont des pistes susceptibles de juguler ce cancer social.
(Milor)Le Potentiel
Last edited: 23/07/2008 16:37:25