La musique congolaise moderne ne véhicule plus le message de la paix et se complaît dans la pratique appelée, pompeusement « Libanga », qui fait des oeuvres musicales une véritable litanie des «Saints ».
Le président de la Haute autorité des médias (HAM), Primo Mukambilwa Bwami, a fait un réquisitoire sévère à la musique congolaise moderne, à la faveur de la journée pédagogique initiée par l’instance de régulation des médias, en collaboration avec le ministère de la Culture et des arts, à l’intention des responsables des chaînes de télévision, des stations de radio et des leaders des ensembles musicaux de Kinshasa.
Au cours de cette journée organisée à l’Hôtel Invest dans la commune de Lingwala à Kinshasa, avec comme thème principal le changement des mentalités et l’assainissement des médias dans les oeuvres musicales et les spectacles , le président de la HAM a fustigé « les altérations et les mutations dangereuses que connaît la musique congolaise au point de se révéler plus génératrice de stress qu’elle n’adoucit véritablement les mœurs ». La musique congolaise moderne ne véhicule plus le message de la paix et, avec un contenu quasi vide, se complaît dans la pratique, on ne peut plus honteuse, appel, pompeusement « Libanga », une pratique qui fait des oeuvres musicales une véritable litanie des « Saints » avec un volume tonitruant et qui finit par la rendre indigeste », a déploré M Primo Mukambilwa.
Pire, le vide cinglant de contenu de cette musique est comblé par un chapelet de cris obscènes au mépris des thèmes qui exaltent les vertus cardinales réellement dignes d’intérêt, tels que les charmes de la nature, la promotion de l’environnement, l’élévation de l’espèce humaine, a relevé le président de la HAM qui s’est dit, par ailleurs, choqué par les danses laxatives et libidineuses qui n’honorent pas la femme congolaise.
Interpellation collective en faveur de la culture de l’excellence
Face à la dérive consécutive à la déchéance sociale certaine qu’entraînerait a persistance de cet état calamiteux de choses, « nous n’avons plus d’autre alternative que de nous assumer tous, ci et maintenant, chacun dans son rayon d’action », a martelé le président Primo Mukambilwa, estimant qu’il n’a jamais été tard pour faire mieux.
Le gouvernement, à travers les ministères concernés, l’Instance de régulation des médias, la Commission nationale de censure des chansons et spectacles, les structures ayant en charge la promotion culturelle, les sponsors et autres mécènes ainsi que les artistes, ont été, de manière particulière, appelés à prendre leurs responsabilités, la musique congolaise moderne devant retrouver ses lettres ce noblesse, quel qu’en soit le prix.
Disponibilité de 2 millions de dollars promis aux artistes congolais
Saisissant l’opportunité de la matinée pédagogique organisée à l’intention des artistes musiciens et directeurs des programmes des médias audiovisuels de Kinshasa, le ministre de la Culture et des arts, Esdras Kambale Bahekwa, a annoncé la disponibilité de deux (2) millions de dollars qui avaient été promis par le Chef de l’Etat aux artistes congolais.
Ce montant, a-t-il indiqué, sera géré par le FOSCA (Fonds de soutien à la création artistique) créé a cet effet et qui comprend en son sein, outre les représentants des institutions étatiques, les délégués du artistes des secteurs musique, arts plastiques et écrivains.
Par ailleurs, et pour l’intérêt supérieur des artistes congolais, a dit le ministre, la SONECA, une société en liquidation, sera remplacée par la Société de gestion collective des droits d’auteur et droits voisins (SOGECODA), dont le projet se trouve dans la phase de finition au niveau du gouvernement.
A cet effet, M. Esdras Kambale a exhorté les artistes musiciens plus de solidarité et surtout à plus d’engagement dans la lutte pour a recouvrement de leurs droits, l’accompagnement du ministère de la Culture étant un acquis.
(Milor)
ACP
Last edited: 22/07/2008 16:56:59