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Bonjour | 12/10/2008 16:00 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le Kivu demeure une bombe à retardement au regard de la couse au surarmement que Human Rights Watch y constate à nouveau pour lancer son alarme selon lequel l’Accord de paix signé par la multitude de groupes armés infestant la région risque de se révéler un leurre. Le constat établi par Human Rights Watch est formel: “ L’accord de paix de Goma n’a pas mis fin aux meur­tres de civils. Et pourtant, selon des sources concordantes, il existe actuellement 120.000 hommes ar­més; FARDC et autres groupes armés toutes tendan­ces confondues. Un nombre impressionnant qui fait craindre le pire: l’hypermilitarisation des deux pro­vinces du Kivu est une véritable bombe à retardement. Serait-ce voulu ?...

Les provinces du Nord et du Sud-Kivu demeurent toujours le ventre mou de la République dé­mocratique du Congo. La situa­tion y est toujours préoccupante, nonobstant les efforts déployés jusqu’ici. Bien sûr qu’il y a eu cette lueur d’espoir avec la Con­férence de Goma pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et Sud-Kivu. Il s’en est suivi des actes d’en­gagement signés par toutes les parties et la mise sur pied du  Programme Amani .

Malheureusement, les choses traînent. Et continue à courir après une paix et une sé­curité toujours insaisissables. Sur le terrain, la situation est drama­tique. Le Haut commissariat de réfugiés a recensé 1.300.00 ré­fugiés internes. A vue d’image ou à vol d’oiseau, le spectacle est effrayant avec tous ces camps d’infortune.

Déjà, la semaine dernière, en l’espace d’un mois, l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs, Roland van de Geer, le représen­tant du secrétaire général de l’Onu et chargé de la Monuc, se sont entretenus avec le ministre d’Etat de 1’Intérieur, le général Denis Kalume au sujet de cette situation du Kivu avec le fonc­tionnement du Programme Amani. Auparavant, ils avaient eu des entretiens avec le prési­dent de la République sur la même question.

Mais, c’est le rapport de Human Rights Watch qui rejoint les préoccupations et les inquié­tudes de plusieurs observateurs, tant nationaux qu’internationaux, sur cette situation particulière au Kivu. Ce rapport publié hier lundi 21 juillet à Bruxelles est alarmant et interpellateur à la fois. Six mois après l’Accord de Goma, meurtres, viols et pillages se poursuivent. L’accord n’a pas mis fin aux meurtres de civils.

Selon des informations plus de 200 meurtres de civils et le viol de centaines femmes commis depuis janvier par tous les groupes armés, y compris les soldats de l’armée congolaise. Six mois après la signature de l’accord de paix, la situation des droits humains  n’a connu aucune amélioration et en fait dans certaines zones, elles s’est détériorée. Alors que les par­ties à l’accord de paix assis­tent aux négociations, leurs troupes continuent de tuer, de violer et de piller les civils ”.

Hypermilitarisation

Comme le souligne cet extrait du rapport de Human Richts Watch, le vrai danger au Kivu, ce sont les groupes armés, sans oublier les FARDC épin­glées à chaque publication du rapport de la Monuc. Selon cer­taines estimations, les FARDC disposent dans les deux Kivu de plus de 13 brigades avec au total plus de 40.000 soldats. Quant aux groupes armés présents sur le terrain, à savoir CNDP, PARECO, Maï-Maï Mongols, FR, FDLR... et nous en pas­sons, il y en aurait 22 dans les deux Kivu qui affichent un total de plus de 50.000 éléments ar­més. S’il faudra prendre également en compte les éléments de la Police nationale, les deux Kivu totalisent, selon des estimations, 120.000 hommes armés.

A ce nombre, il faudrait bien ajouter le contingent de la Monuc avec près de 10.000 cas­ques bleus. C’est quasiment l’ef­fectif d’une armée nationale d’un pays aux dimensions de celles de la République démocratique du Congo.

Le problème est de savoir gérer tous ces militaires dans une région qui doit sortir absolument d’une situation de guerre com­plexe. Tout le problème est là.

La première des choses, c’est que toutes les parties de­vraient s’en tenir à l’Acte d’en­gagement pour éviter des viola­tions sans cesse du cessez-le-­feu. Ensuite, accélérer le proces­sus DDRRR, l’exécution vite et bien du Programme Amani pour que le brassage soit effectif. Malheureusement, ce brassage se fait au compte-gouttes, les bel­ligérants n’ayant vraiment pas le coeur à l’ouvrage. Certainement qu’il existerait des agendas ca­chés, si pas cette méfiance qui continue de s’ériger en obstacle pour conduire le processus poli­tique vers l’impasse. Pour preuve, à plusieurs reprises le CNDP de Laurent Nkunda. Et les FR ont quitté la table des travaux pour diverses raisons.

Or, tant que le brassage traîne, tous les groupes armés constituent de véritables dan­gers, de vraies bombes à retar­dement. Il en est de même de l’encadrement efficace des élé­ments des FARDC. S’ils continuent à vivre sur le dos des po­pulations, les violences se pour­suivront ainsi que les meurtres.

Elections 2011 : hypothétiques

La grande interrogation est celle de savoir si dans trois ans, l’on aura bouclé le proces­sus de brassage et de DDRRR afin de disposer d’une armée in­tégrée et en finir avec la ques­tion des groupes armés. Notam­ment la démobilisation et le ra­patriement des Interahamwe, ces rebelles rwandais qui collent à la peau des populations congo­laises. On le doute fort, et ce pour plusieurs raisons.

D’emblée, il faut retenir que la situation au Kivu est com­plexe. Il s’agit d’une affaire de gros sous où plusieurs intérêts et enjeux s’entrecroisent. La plu­part de ces groupes armés, na­tionaux et étrangers, trouvent leurs comptes dans cette situa­tion de guerre. Ils exploitent illé­galement des minerais pour cons­tituer des économies de guerre  et administrent des grands espaces qui leur permet­tent de mettre sur pied des  ad­ministrations parallèles, en pre­nant le contrôle des frontières déjà poreuses. Ajouter à cela des causes exogènes qui profitent à certains Etats parias. Si ces dif­férentes zones échappent à la maîtrise du gouvernement cen­tral, l’on ne réussira pas le brassage.

Si par aventure politique cette hypothèse s’affirmait, il va de soi que les élections de 2011 sont déjà hypothéquées. On ne peut recenser et amener des po­pulations dans des conditions d’insécurité.

Outre cette éventualité qui n’est pas à écarter, le spectre de la partition, de la balkanisation demeure. Des zones entières continuent à échapper au con­trôle du pouvoir central installé à Kinshasa, on risque d’appliquer à la RDC le schéma du Kosovo. Cette idée haute toujours les vrais commanditaires des guerres d’agression contre la RDC. D’ou, la question importante de savoir si cette situation préoccupante au Kivu, cette “ hypermilitarisation ” n’est pas voulue par certains “ grou­pes ” qui trouvent leurs comptes pour que cette “ bombe ” à re­tardement explose, un jour ou l’autre.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 23/07/2008 15:08:18

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