Les paysages asiatiques se substituent aux toiles Congo. Au village artistique, le marché des toiles congolaises a régressé au profit des paysages asiatiques du reste bon marché pour les bourses congolaises.
La peinture congolaise vit au village artistique au Centre Culturel Congolais du Zoo, du moins pour ce qui en reste comme artistes. C’est le constat qui se dégage en ce lieu. En dehors du marché artistique et touristique à la gare centrale à Gombe, quelques peintres paysagistes se regroupent en différents ateliers érigés en plein air au jardin du Zoo. La façade qui donne vers le jardin zoologique est dominée par des toiles réalistes. La plupart de ces toiles étalent la beauté de la flore congolaise, dominée par la verdure de brousses.
On peut découvrir aussi la scène de coucher du soleil sur le majestueux fleuve Congo. Cette peinture populaire décrit aussi les scènes habituelles dune population laborieuse en quête de survie. Avant les deux grands pillages des années 1990, ce village artistique regroupait une quantité importante d’artistes de différents domaines de l’art plastique. Les batteurs de cuivre, des sculpteurs de bois, les tailleurs de pierre, et autres peintres de renom se mesuraient les talents dans cet espace.
Mais aussi aujourd’hui seuls les peintres paysagistes et quelques batteurs de cuivre et sculpteurs se partagent ce jardin aux abords de la salle du Zoo avec quelques enfants de rue qui, la nuit tombée deviennent les maîtres de lieu. Cette situation est motivée par la crise multiforme qui secoue la ville de Kinshasa.
Les paysages asiatiques se substituent aux toiles Congo. Au village artistique, le marché des toiles congolaises a régressé au profit des paysages asiatiques du reste bon marché pour les bourses congolaises. Les toiles congolaises qui dominent certains salons huppés à Kinshasa, figurent désormais sur le marché comme des produits de luxe. Au village artistique, une toile de luxe se négocie au plus bas prix à 100 $ Usd. Cela explique alors l’engouement de Congolais pour les paysages asiatiques, non loin de là, au marché Kato, un paysage en plastique revient plus ou moins à 400 Franc Congolais a pièce. Les artistes peintres expliquent la hausse de leurs oeuvres par le manque de matières premières à sa réalisation sur place en RDC. Ils doivent recourir aux encres en tube auprès de leurs partenaires expatriés. Ces encres spéciales pour la peinture des toiles ne sont pas disponibles sur le marché local.
Quant au support, les peintres s’approvisionnent des tissus en américain auprès de certaines entreprises textiles de la place. Certains se rabattent sur les sacs de Midema pour coucher leur inspiration en toiles. Pour le peintre François Mayemba en dehors du problème de pouvoir d’achat, les compatriotes doivent s’impliquer dans la sauvegarde des patrimoines nationaux. Au moyen de l’art plastique, nous conservons nos cultures ancestrales. Donc, chaque compatriote doit former la jeunesse à avoir l’enthousiasme pour les arts plastiques.
(Milor)
Uhuru
Last edited: 21/07/2008 16:36:40