L’occasion d’un point de presse organisé le week-end a permis au député MLC Delly Sessanga de commenter certains sujets sensibles de l’actualité politique en RDC, tels que le dossier CPI, la visite du Chef de l’Etat en France, et surtout de la mutation structurelle attendue de son parti

La situation actuelle de la RD Congo ne laisse personne, encore moins le politique, indifférent. En tout cas pas Delly Sessanga, haut cadre du Mouvement de Libération du Congo (MLC en sigle). C’est la raison qu’il est monté au créneau, au cours d’un point de presse tenu, le 19 juillet 2008, à Faden House. Objectif affiché, faire une évaluation de la marche de son parti et exprimer la position sur le dossier CPI et sur les retombées de la visite de Président de la République en France.
La CPI profite de la faiblesse de la RDC
Autour de l’affaire Bemba, l’Honorable député national, Delly Sessanga, a indiqué que l’Etat Congolais a fait preuve d’une faiblesse notoire en cette matière et ce, au profit des Etats forts.
L’élu de Luiza dans la province du Kasaï Occidental a fustigé la politisation de l’affaire et a condamné ouvertement l’attitude de la Communauté internationale qui fait de la CPI un instrument politique au service des puissants qui s’arrogent le droit de brimer les plus faibles.
Parlant de Bemba, il a signalé qu’un élément essentiel dans le processus démocratique notre pays, dans sa reconstruction ainsi que sa stabilité. En outre, il s’est étonné de voir que la CPI qui se dit pouvoir lutter contre l’impunité n’arrive pas à gérer le dossier Darfour, car le Soudan est soutenu par la Chine.
Sur ce fait, il considère que cette dernière, la CPI, fait une politique de deux poids, deux mesures.
Le Congo n’est pas un champ d’expérimentation pour la CPI
“ C’est parce que le Congo est un Etat faible que la plupart de ses citoyens sont poursuivis et constituent les 80% des détenus de la CPI ”, a déclaré Delly Sessanga, qui, selon lui, cela confirme que le Congo est un Etat faible dans l’échiquier international. Bien plus, c’est l’empressement du gouvernement congolais à prendre acte de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba qui étonne. Ainsi donc, le MLC condamne cette mauvaise façon de traiter les pays faibles. C’est pourquoi il a soutenu que la CPI ne doit pas considérer le Congo comme un champ d’expérimentation.
Le MLC doit être redynamisé
Pour ce cadre du MLC, la plupart des structures au sein du parti sont arrivées au terme de leur mandat.
Et pour les redynamiser, il faudrait que “ la chambre de la famille MLC puisse traiter ces questions en toute responsabilité ”. D’où il invite ses collègues à des discussions face à ce processus qui a deux exigences: la clarification de la politique et organisationnelle du parti puis, la réaffirmation du leadership du MLC dans l’opposition.
En définitive, a-t-il estimé, il n’est pas question de créer un courant cherchant à déstabiliser le parti.
Toujours partisan d’une reforme des organes du parti, Delly Sessanga a indiqué qu’il fonde son jugement sur les statuts du MLC “ D’ailleurs, cette action de réorganisation du parti a été inaugurée par Jean-Pierre Bemba, lui-même, après le 2ème tour de l’élection présidentielle, a-t-il fait savoir. Interrompues par les événements du 22 et 23 mars 2006, les discussions ont refait surface au mois de juillet 2006 au niveau de “ Convention du grand Hôtel Kinshasa, a-t-il rappelé.
Contrats chinois: Les partenaires rejoignent le MLC.
Question sensible qui avait suscité beaucoup de débats, la signature des contrats chinois est une fois de plus revenue à la surface. A cette occasion, le député Sesanga a rappelé que son parti s’est réservé de donner sa caution à ces conventions dénoncées à juste titre. “ Nous les considérons toujours comme déséquilibrés au détriment de la République et demandons leur révision et renégociation ”, a-t-il indiqué, tout en soulignant que son parti n’est pas contre les partenaires qui veulent aider notre pays. Mais, que cela se fasse dans l’intérêt du peuple congolais.
Tout en regrettant la banalisation des opinions de l’opposition, l’Honorable Sesanga a quand même fait remarquer que ces mêmes critiques se retrouvent dans la bouche de nos partenaires extérieurs : le danger de surendettement, nécessite de nouer des partenariats plus stables, la politique de lutte contre la pauvreté.
Retombées de la visite du Chef de l’Etat en France
Du point de vue politique, ce membre de l’opposition certifie que la visite du Chef de l’Etat en France a été totalement un échec pour des raisons des refus de la mise en application de l’agenda de nos partenaires qui sont le FMI et la Banque Mondiale.
Il faut noter que Delly Sessanga est cofondateur du MLC et affirme son appartenance à l’opposition ainsi qu’au parti cher à Jean-Pierre Bemba.
(Milor)Séverne Katanda/La Pospérité
Last edited: 21/07/2008 16:29:24