Plus de droit à l’erreur pour la RDC dans le secteur agricole dont il lui incombe désormais d’améliorer la gestion grâce à l’appui total que tient à lui assurer la FAO dans la mise en œuvre de son programme agricole et dont le Plan d’action présenté au récent sommet de l’organisation mondiale a été approuvé

Au moment où le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga vient de recevoir 500.000 dollars sur une enveloppe globale d’environ 1,8 milliard de dollars américains promise par la FAO, des voix se font déjà entendre pour le mettre en garde contre la répétition des erreurs du passé.
En 2001, la République démocratique du Congo fut le pays le plus frappé par l’insécurité alimentaire, « touchant environ 64% de sa population, soit 37 millions d’habitants », indiquait la FAO dans un rapport annuel sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde.
« Au lieu de diminuer, le nombre de personnes en insécurité alimentaire a au contraire augmenté, passant de 64% à 73% de la population congolaise estimée alors à 52 millions d’habitants », s’était-elle inquiétée. Avertissant que, « si aucune mesure n’est prise en vue de mettre en œuvre une politique incitative pour l’implication de la famille paysanne, il y a lieu de craindre le pire ».
Les autorités congolaises issues des élections de 2006 et 2007 ont-elles tiré les leçons du passé ? Certainement pas, les chiffres retenus dans le budget de l’exercice 2008 démontrant le contraire.
Alors que l’Accord de Maputo (Mozambique) recommande à tous les pays signataires de consacrer 10% de leur budget annuel à l’agriculture, la RDC ne lui a réservé cette année que 3,5%. En ce, compris le développement rural.
En cette matière, tous les pays industrialisés en sont une parfaite illustration, en prenant également en compte le développement rural dont le vaste champ d’action couvre l’entretien des routes de desserte agricole, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’amélioration des voies de communication, les soins de santé primaire ainsi que l’instruction élémentaire.
Ne plus se contenter des aides alimentaires
Des experts congolais et ceux de la FAO ont, dans la plupart des ateliers et séminaires organisés en RDC sur cette épineuse question, insisté sur la nécessité d’imaginer de nouvelles stratégies agricoles. En effet, classée « priorité des priorités » en 1969 sous la IIème République, l’agriculture au Congo a plus connu des bas que des hauts.
Pour relancer ce secteur, ils sont d’accord avec le gouvernement congolais qui imagine des « actions prioritaires spécifiques » portant sur le renforcement des capacités, la réhabilitation des infrastructures rurales de base, les investissements productifs, la protection de l’environnement et des ressources naturelles, le financement du secteur rural, la relance et la promotion des cultures vivrières et maraîchères en zones urbaines et périurbaines ainsi que l’appui à la relance et au renforcement du secteur de l’élevage, de la pêche et de la pisciculture à travers des micro-crédits aux producteurs et aux petits commerçants.
En fait, l’objectif que doivent atteindre les autorités congolaises consiste à « passer de l’aide humanitaire d’urgence au développement durable de l’agriculture pour une meilleure sécurité alimentaire en RDC ». C’est ce qui a été convenu au colloque organisé en 2003 par le gouvernement avec le concours de la FAO, au moment où tout le monde indispensable « la mise en place des stratégies qui permettent d’assurer la transition de l’aide alimentaire et agricole d’urgence au développement durable du secteur agricole».
Parmi les pistes de solutions proposées par les experts, il y a l’augmentation de la production vivrière, en adaptant l’aide directe immédiate en fonction de la vulnérabilité et des spécificités de zones selon qu’il s’agit d’une zone d’urgence, de transition ou de stabilité. L’objectif étant d’amener « l’aide humanitaire vers l’aide pour un développement durable ».
Ils citent également la recherche agricole appliquée sur les cultures vivrières de prédilection (manioc, maïs, riz, légumineuses à graines, banane plantain), la quête des moyens appropriés pour le maintien et l’amélioration de la fertilité des sols, la promotion de l’horticulture et le petit élevage en milieux urbains et périurbains, l’élaboration d’ une politique semencière en fonction des spéculations agricoles prioritaires et mettre en place une législation semencière appropriée ainsi que la réhabilitation et le renforcement du circuit traditionnel de communication (fleuve, routes, rails). Ce circuit permettrait d’accéder aux zones de production et d’organiser le circuit de commercialisation des produits.
Quant aux autres actions, elles ont trait au financement du secteur et Investissements, à l’harmonisation et la mise en cohérence de différents programmes en cours de financement pour une meilleure efficacité et un meilleur impact, la promulgation d’un Code des investissements plus souple et plus incitatif pour attirer les investissements tant nationaux qu’étrangers.
Ne devront pas être négligés par ailleurs, le renforcement institutionnel, celui des capacités productives du dispositif national de recherche agronomique (INERA) et des structures d’encadrement des communautés de base et d’appui à la production végétale, animale et de pêche notamment.
Les experts pensent, par ailleurs, à la dynamisation du service national de vulgarisation agricole (SNV), l’adoption de l’approche « Champs écoles paysannes », la réorganisation de la messagerie agricole et à la promotion de la radio rurale. En suscitant et promouvant, conseillent-ils, « un partenariat actif avec le secteur privé, la communauté internationale et les banques de développement pour des investissements, le transfert des technologies et la création d’emplois dans le secteur ».
Somme toute, c’est vers la bonne gouvernance que l’Exécutif congolais doit tendre, en évitant que l’ensemble des moyens mobilisés deviennent la propriété de quelques individus.
(Yes)Angelo Mobateli/Le Potentiel
Last edited: 21/07/2008 14:37:22