Pour la partie congolaise, la visite de Joseph Kabila à Paris a été un succès éclatant dans la mesure où la coopération avec le FMI n’a pas été le point essentiel de cette visite. La position de Paris par rapport aux contrats chinois ne change en rien l’engagement pris avec la Chine et auquel le peuple congolais dans son ensemble s’accroche

Le président congolais a terminé son séjour parisien. Maintenant, l’heure est au bilan. Dans une certaine opinion, le fait que le président français n’ait pas apporté la solution à la demande de son homologue congolais de voir la France s’impliquer pour que le Fmi annule la dette de la Rdc, le voyage à Paris aura été un échec. Pour s’inscrire dans cette logique, il faut remonter à l’origine de cette visite.
Il est clair et tous les médias sauront souligner, que le voyage de Joseph Kabila à Paris l’a été à l’invitation du président français.
Par conséquent, Sarkozy ne pouvait pas avoir appelé son homologue congolais pour que ce dernier sollicite son aide auprès du Fmi pour annuler la dette : Cela veut dire que si l’on veut évaluer les résultats de ce voyage, il faut se poser la question sur les raisons qui avaient poussé le président français à inviter son homologue congolais.
Pour le président français, il fallait que les deux chefs d’Etat de deux plus grands pays francophones du monde se rencontrent. La relance de la coopération entre les deux pays a été le souhait majeur de Sarkozy qui s’est inquiété de la présence insignifiante des opérateurs économiques français en Rdc. Il va de soi que la rencontre entre Joseph Kabila et les membres de Mdf va changer cet état de choses.
Si Kabila tenait à ce que le Fmi reprenne ses manœuvres en Rdc, il lui aurait été plus facile de mettre la corde au cou de tout un peuple en renonçant aux contrats chinois. Bien au contraire, alors qu’il était en séjour à Paris, les ordonnances confirmant l’engagement avec la Chine étaient rendues publiques. Il s’agit de trois ordonnances dont la première approuve l’accord- cadre des prêts préférentiels entre la Rdc et la société chinoise Exim Bank. Cet accord porte également sur un réseau national de câbles à fibre optique. La deuxième ordonnance autorise la création de la Sicomines, (la Sino Congolaise des Mines). La troisième ordonnance, elle, porte sur des projets conclus dans le cadre des accords entre la Chine et la Rdc. Enfin, la quatrième ordonnance qui n’est pas liée aux contrats chinois, nomme le général major Marcellin Lukama Musikami commandant des opérations relatives au plan de la Rdc sur l’éradication des groupes armés étrangers au Nord-Kivu et au Sud-Kivu C’est pour dire que Kinshasa n’est pas accroché aux avantages hypothétiques d’un point d’achèvement volontairement et non sans une importante dose de mesquinerie, tourne au chantage.
Si Joseph Kabila a posé le problème de l’annulation de la dette de la Rdc sans présenter le moindre signe de fléchissement en ce qui concerne l’engagement pris avec la Chine, c’est pour encore une fois, démontrer que la Rdc n’ignore pas l’importance de l’annulation de cette dette qui empêche le pays à évoluer normalement.
En effet, chaque mois, la Rdc paie 50 millions de dollars Us d’intérêts pour une dette qui n’a pas profité au peuple congolais. Faut-il en plus l’empêcher de trouver les moyens de donner à ce peuple l’espoir d’une vie meilleure, même en s’endettant auprès de la Chine ? Car, cette fois, cette dette sert à quelque chose.
Les infrastructures à construire dans le cadre de cet accord avec la Chine sont vitales pour le peuple congolais. Quel dirigeant soucieux du devenir de son pays peut choisir d’enrichir les riches à travers le Fmi au détriment d’une coopération réellement ganant-gagnant avec la Chine? La scène des populations du quartier populaire de Masina qui ont empêché la police de roulage d’interpeller un Chinois pour mauvais stationnement est un vrai référendum. Pour cette population, il fallait éviter tout ce qui pourrait décourager les Chinois et retarder ainsi la construction des infrastructures dans le cadre de cinq chantiers. Joseph Kabila n’est pas allé discuter des contrats chinois avec son homologue français.
L’évaluation du voyage n’est liée ni à ces contrats ni à l’engagement de Paris pour l’annulation de la dette. Kinshasa a pris Paris à témoin des efforts que la Rdc a fournis pour se conformer aux exigences du Fmi.
Ce n’est donc pas par hasard que Mbusa Nyamwisi, ministre congolais des Affaires étrangères et de la coopération internationale qui était du séjour de Joseph Kabila à Paris a estimé que ce voyage a été un succès éclatant et que « tous ses objectifs ont été atteints ».
Car, avait-il éclairé : dans la mesure où c’est notre première visite officielle depuis que le président Kabila a été élu, elle s’est passée dans une ambiance empreinte de cordialité. Et la France a réaffirmé son soutien au Congo, aussi bien dans le cadre bilatéral que multilatéral... Désormais, le Congo a résolu la querelle de légitimité. Il est temps que les partenaires fiables, crédibles, s’engagent pour soutenir la phase de la reconstruction. On peut conclure que les objectifs de la visite de Joseph Kabila à Paris ont été atteints en dépit de la position prévisible de Sarkozy au sujet de l’annulation de la dette de la Rdc par le Fmi.
Au sujet des contrats chinois, tout en affirmant que les deux présidents en avaient parlé, Mbusa Nyamwisi a déclaré que c’était plutôt, pour voir comment la France peut être complémentaire à ce qui existe.
Si donc il y aurait un échec de la visite, il revient à son initiateur d’en faire l’évaluation. Pour la Rdc, avant la visite à Paris de Joseph Kabila ressemble à l’avant visite dans la mesure où la Rdc poursuit les efforts d’assainissement des finances publiques tout en poursuivant la coopération avec la Chine.
(Ern.)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 18/07/2008 14:21:53