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Constat de bouillonnement social autour de l’attente de l’application du premier palier du nouveau Smig tel qu’annoncé à sa promulgation, de même que se ressassent les interrogations sur le barème salarial convenu dans les accords dits de Mbudi. Les syndicats des fonctionnaires et agents de l’Etat viennent d’adresser une pétition au président de la République. Un ultimatum est lancé jusqu’ au 28 août pour l’application de l’Accord de Mbudi. Du côté du secteur privé, l’on se montre réticent face au nouveau taux du Smig. Ils justifient cette décision par la “ récession économique ”. Comme qui dirait, l’autonome s’annonce chaude pour le gouvernement. Avec ce rebondissement du front social.

Les fonctionnaires, sous les auspices de leurs syndicats regroupés au sein de SIAP (Syndicats indépendants du Congo), ont élaboré une pétition qu’ils ont déposée hier mercredi au bureau du président de la République. Dans cette pétition, ils reviennent sur leurs revendications de tous les jours, mais qui n’ont jamais trouvé satisfaction auprès du gouvernement. Ils affirment que la situation salariale des agents et fonctionnaires de l’Etat est préoccupante du fait que le barème dit de Mbudi, convenu en février 2004 entre le gouvernement et les syndicats oeuvrant dans l’Administration publique, n’est pas appliqué à ce jour. A l’exception du huissier qui bénéficie du premier taux convenu (69 dollars US), les autres catégories d’agents et fonctionnaires sont oubliés.

En dépit des pressions exercées par les syndicats en 2007 pour amener le gouvernement à prendre en compte cette situation dans le budget de rémunération pour l’exercice 2008, rien n’est fait dans ce sens. Ce qui a amené les participants à cette assemblée générale qui s’est tenue devant la place Golgotha, à stigmatiser ce manque de volonté politique dans le chef du gouvernement à concrétiser ses promesses.

Tirant les conséquences de cette situation, on ne peut plus malheureuse, les syndicats indépendants du Congo ont soumis à l’assistance une pétition à adresser au chef de l’Etat. Cette pétition a été adoptée avec la récolte des signatures. Ensuite, elle devrait être déposée au cabinet du chef de l’Etat dans les meilleurs délais. Le choix du chef de l’Etat s’explique, selon les syndicalistes, du fait qu’il demeure le dernier rempart.

Smig : la réticence des employeurs

Selon les termes de l’ordonnance n°08/040 du 30 avril 2008 portant fixation du Salaire minimum interprofessionnel garanti, SMIG, des allocations familiales minima et de la contre-valeur du logement, cette ordonnance fixe en son article 2 le montant journaliser du SMIG du travailleur manoeuvre à Fc 1.680.00 par jour. Soit 3 dollars par jour, au 30 avril 2008.

Ce SMIG devrait être payé en deux tranches : Fc 1120.00 le 1er juillet 2008 et Fc 1.680.00 le 1er janvier 2009. Malheureusement, au 1er juillet 2008 cette décision n’a pas été d’application. Bien plus, les entrepreneurs membres de la FEC évoquent de plus en plus des difficultés pour s’acquitter de cette obligation. Excuse valable, trouvent-ils, de leur part, en la récession économique qui frappe la République démocratique du Congo devant le retard observé pour relancer la production nationale. Responsabilité qui incombe au gouvernement de réunir toutes les conditions optimales dans le but de permettre une redynamisation des activités économiques. Ce qui n’est pas encore le cas. Notamment en ce qui concerne le cadre juridique, la réhabilitation des infrastructures de base, les voies de communication en l’occurrence cette question sécuritaire qui se pose ave acuité dans certaines provinces.

Autres raisons évoquées, la tension salariale et surtout les dispositions de la loi n° 015/2002 du 16 octobre 2002 portant Code du travail et de l’Ordonnance n°08/040 du 30 avril 2008, le SMIG est exprimé en Franc congolais. Aucune conversion en devise étrangère n’est donc autorisée, souligne la FEC. A ce sujet, les membres de cette organisation patronale conditionnent l’application de cette ordonnance fixant le nouveau SMIG à la prise d’une autre ordonnance par le président de la République autorisant la conversion en devise étrangère.

En d’autres termes, si la première tranche devrait être payée ce 1er juillet, elle serait de 1.680.00 Fc contre 1.120.00 Fc prévu lors de la signature de l’ordonnance du 30 avril 2008. Et le 1er janvier 2009, le montant sera plus élevé devant la dépréciation monétaire continue.

Conséquemment au taux d’inflation élevé, les membres de la FEC parlent également des difficultés de leurs membres dans le domaine agro-industriel face aux coûts élevés de l’énergie électrique, pétrolière et en eau ; de la fiscalité et la parafiscalité inadaptée et non incitative… Ils affirment que toutes ces difficultés rendent l’exploitation des entreprises agro-industrielles, pastorales, et autres, onéreuse.

Et la prochaine rentrée scolaire ?

Aussi, dans l’hypothèse des négociations très attendues, aucun compromis n’intervenait, et que le gouvernement tenait toujours à l’application de l’ordonnance du 30 avril 2008, les entreprises seront obligées de s’appuyer sur d’autres mesures. Notamment, la suppression des emplois, si pas la délocalisation des unités économiques pour d’autres cieux plus cléments, en mettant purement et simplement la clé sous le paillasson.

La sonnette d’alarme a été tirée dans le message des évêques catholiques : “ Il y a aujourd’hui un mur qui sépare toujours davantage les riches des pauvres. La tension salariale entre les hommes politiques et les agents de l’Etat appelle des réformes urgentes. Bien des salaires ne sont pas toujours payés, les enseignants et bon nombre d’agents de l’Etat sont clochardisés. Ce qui fait craindre une nouvelle vague de grèves à la prochaine rentrée scolaire si rien n’est fait pour les enseignants ”.

La menace est là. Réelle. Au gouvernement d’agir vite et bien.

Le Potentiel

Last edited: 17/07/2008 14:54:49

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