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Bonjour | 12/10/2008 16:04 | English Make DC Home page | RSS feed

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La commission économique et financière de l’Assemblée nationale a étalé un criant manque d’objectivité dans son rapport sur le dossier de partenariat entre la Snel et la société canadienne Mag Energy pour la réhabilitation du barrage d’Inga au profit de bradeurs impénitents. Les Congolais s’atten­daient à tout, sauf au discrédit que la Com­mission Economique et Financière (Ecofin) de l’Assemblée Natio­nal vient de jeter sur cette institution, dans l’examen du dossier du passeport biométrique et surtout dans celui du contrat controversé entre la Société Natio­nal d’Electricité (Snel) et la firme canadienne MagEnergy. Pour un scandale, c’en est un vraiment un et il a été vécu en direct par le peuple congolais et les expatriés vivant chez nous grâce à la magie de l’audiovisuel.

Interpellé par le travail bâclé présenté  en plénière par une “ commis­sion d’enquête ” désertée par 63 membres sur 86, pour des mobiles faciles à deviner, le président de l’Assemblée Nationale, Vi­tal Kamerhe, ne s’est pas empêché de qualifier d’“ er­ronées ”, les recommanda­tions formulées à l’arrivée.

En effet, alors qu’ils ne sont pas arrivés à dé­montrer le tort commis par la ministre du Portefeuille et le Comité de gestion de la Snel, farouchement oppo­sés au bradage de la cen­trale hydroélectrique d’Inga sur pied d’un contrat léonin puant la magouille, les 23 membres minoritaires de l’Ecofin ont eu le culot de proposer au gouvernement la révocation de l’une et de l’autre. Paradoxalement, a fait remarquer le président de la chambre basse du Parlement, aucune sanction n’a été proposée à l’endroit d’autres acteurs du dossier visiblement coupables de déficit de patriotisme, d’hon­nêteté et de responsabilité, tels le ministre de l’Energie, le ministre d’Etat à l’Agricul­ture. Vital Kamerhe s’est in­quiété de la notion de “ faux frais ” (commission) de l’or­dre de 200.000 dollars Usd que la Snel était appelée à libérer mensuellement en faveur de MagEnergy, sous la pression de certains déci­deurs politiques.
 
A l’inverse, l’apport financier de cette firme dans le partenariat est resté des plus flous, aucun compte bancaire n’étant si­gnalé pour la localisation de ses capitaux.

Plusieurs interve­nants, conscients de la lé­gèreté avec laquelle avait travaillé leur Commission Economique et Financière, de la haute sensibilité du dossier lié à l’énergie élec­trique et de gros intérêts qui s’y rattachent ainsi que de sa connexion avec la souveraineté nationale, ont sollicité le renvoi pur et sim­ple du débat à la session de septembre. L’honorable Kiakwama a eu les mots jus­tes en relevant qu’après les contrats léonins touchant les télécommunications, les mines et le pétrole, les gou­verneurs congolais ne de­vraient pas continuer à bra­der les “ bijoux de famille ”.

Et, désaveu suprême pour l’Ecofin, la plénière s’est tout bonnement appropriée le dossier Snel-MagEnergy. L’affaire Snel-MagEnergy, qui défraie la chronique depuis 2005, à travers une Convention où toutes les obligations financières re­latives au projet de réhabili­tation de quatre turbines du barrage d’Inga sont laissées à la charge de la trésorerie de la Snel, a installé le dou­te dans les esprits quant à la moralité et le sérieux des élus du peuple.

Après avoir suivi les péripéties des dé­bats et recommandations ayant sanctionné les affai­res Kahemba, crash d’Anto­nov à Kingasani, spoliation des concessions des écoles et bâtiments publics, Bundu dia Kongo, Francis Kalom­bo et Gecoco, les Congo­lais s’interrogent sérieuse­ment sur le sens patriotique de ceux qui prétendent as­sumer la sentinelle de la Na­tion.

Si cette surveillance s’exerce à travers la recher­che des gains égoïstes et la mise à mort programmée de plusieurs générations pré­sentes et futures des Con­golais, il y a de quoi avoir peur, très peur pour l’avenir communautaire. Il y a une certaine manière de gérer les affaires publiques de la République d’autant que le scandale nous a été offert par les élus du peuple membres de la plate-forme politique au pouvoir, en l’ab­sence d’une large frange de l’opposition parlemen­taire sous l’emprise de la consigne de boycott, conséquence de l’assassinat du député pro­vincial Boteti.

Les velléités af­firmées de la liquidation d’Inga à vile prix ne consti­tuent d’ailleurs que le bout de l’iceberg des contrats léonins qui procèdent de la “ vente du pays ” aux plus offrants, ainsi que l’ont dé­noncé les évêques dans leur message de jeudi 10 juillet et les dépu­tés eux-mêmes dans leurs rapports des vacances par­lementaires de juillet 2007 et janvier 2007. Jusque  quand la corruption  va-t-elle envoyer le peuple congolais à la guillotine de la misère, par la faute de ceux qui de­vraient être les gardiens de la bonne gouvernance ?

On ose espérer que l’auto-flagellation de Vital Kamerhe ainsi que celle d’autres députés lucides et nationalistes vont consti­tuer les fondements d’une prise pour les députés, de leurs responsabilités devant la nation et peuple, en vue d’une lecture correcte et dépassionnée des dossiers liés aux intérêts vitaux de l’Etat.

Au terme du proces­sus électoral ayant mis un terme à la tradition, les Con­golais rêvaient de l’émergence d’une nouvelle so­ciété, bâtie sur des valeurs positives. Mais quand les députés refusent de s’assu­mer comme modèles, l’on est tenté de déchanter du reste.

(Milor)

Kimp./Le Phare

Last edited: 16/07/2008 16:52:19

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