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Bilan et intérêt peu crédibles engrangés par les deux Chambres du Parlement au terme de leur session extraordinaire sans mérites d’exploits remarquables, en dépit des proclamations protocolaires par les deux présidents de ces institutions d’un travail parlementaire bien exécuté. La session extraordinaire du Parlement a pris fin. Vive donc les vacances. Mais le public congolais s’interroge. Quel est ce fait extraordinaire qui a motivé le Parlement à convoquer cette session ? A dire vrai; tout s’est passé comme dans une session ordinaire. A part bien sûr l’interpellation du ministre des Hydrocarbu­res qui a, une fois de plus, dépeint le tableau de la gestion du pays de façon dramatique, s’il faut repren­dre les termes des évêques catholiques. Mais aussi l’absence de parlementaires du MLC et alliés. Et puis, plus rien. Parce qui n’y a eu rien d’extraordinaire.

Au moment où se clôture la ses­sion extraordinaire de deux Chambres, le mieux que l’on puisse faire, c’est d’établir le bi­lan de cette session. En s’inter­rogeant bien sûr sur les motiva­tions qui ont nécessité la convo­cation de cette session extraor­dinaire.

A l’Assemblée nationale, douze points figuraient à l’ordre du jour, à savoir : le projet de loi sur le Conseil supérieur de la magistrature ; transformation des entreprises publiques; désenga­gement de l’Etat des entreprises du Portefeuille; organisation et fonctionnement des établisse­ments publics; organisation du Portefeuille de l’Etat modalité, organisation, attributions et fonc­tionnement de la Conférence des gouverneurs des provinces ; sta­tut, organisation et fonctionne­ment des entités territoriales dé­centralisées et leurs rapports avec l’Etat, validation des man­dats ; audition et adoption des Rapports des missions ; audition et adoption de la synthèse des rapports de vacances parlemen­taires la situation des passe-ports biométriques ; vol des câ­bles électriques à Yangambi amnistie... Ajouter à cela, la motion d’interpellation du ministre des Hydrocarbures et le Con­trat Mag Energy-Snel.

Au Sénat, l’on s’est mon­tré modeste avec moins de six points à l’ordre du jour, entre autres, le projet de loi portant protection de l’Enfant. C’est ainsi que n’ayant pas repris le point lié à l’amnistie, le Sénat s’est refusé de violer la Constitution, ren­voyant cette question à la ses­sion ordinaire du mois d’octobre qui s’ouvre le 15 septembre.

Hormis ces deux derniers dossiers d’actualité, interpellation du ministre des Hydrocarbures et contrat MagEnergy,  qui méritaient d’être examinés en ur­gence à l’Assemblée nationale, tous les autres points inscrits à l’ordre du jour ne constituaient que des arriérés législatifs. Sans pour autant les minimiser dans cette volonté de doter le pays d’un cadre juridique qui doit per­mettre le bon fonctionnement des institutions nationales, ces points pouvaient être examinés et adop­tés pendant la session ordinaire du mois de mars. Pour avoir ac­cumulé les arriérés législatifs et convoqués une session extraor­dinaire qui est passée quasiment inaperçue.

Bien plus, sur les 30 jours de la session, les parlemen­taires n’ont été à l’ouvrage que pratiquement pendant 15 jours.

Economie, sécurité

Selon l’avis du peuple con­golais, cette session extraordi­naire devrait plancher sur deux points jugés extrêmement impor­tants : l’économie et la sécurité. Economie au regard de la crise qui menace tous les pays et qui sera accentuée par la crise alimentaire. Il revenait au Parle­ment, comme l’ont souligné les présidents de deux chambres dans leur discours d’ouverture de la session de mars, d’interpeller le gouvernement pour en savoir plus sur les stratégies adoptées. Notamment en ce qui concerne le soutien à l’initiative privée et le développement des partena­riats, la mise en place des struc­tures de financement appro­priées...

Ces éléments devraient permettre aux parlementaires d’être fixés sur le plan d’exécu­tion du budget 2008, l’état des lieux des négociations avec les institutions de Bretton Woods, donc la Banque mondiale et le FM1, la révisitation des contrats miniers, la stratégie pour maîtri­ser l’inflation qui est aujourd’hui à 33% contre 18 prévu au 31 décembre 2008.

Quant au domaine sécuritaire, l’état des lieux du pro­cessus de consolidation de la paix et de la sécurité, le taux d’exé­cution des réformes au sein de l’Armée, de la Police et des ser­vices de renseignements, les ré­formes au niveau de la Fonction publique et de la Justice.

Apparemment, ces deux secteurs n’ont quasiment pas re­tenu l’attention des parlementai­res. Ainsi, la délégation du FMI est rentrée à Washington sans signer un nouveau programme avec le gouvernement. Cela ne se fera pas avant janvier 2009.

Dire qu’au mois d’octobre pro­chain, le gouvernement présen­tera le Projet de budget 2009 en reprenant probablement toute la littérature abondante qui a habillé le projet de Budget 2008. Jus­qu’à ce jour et officiellement, le Parlement n’est pas tenu informé de l’échec des négociations avec les institutions de Bretton Woods.

En ce qui concerne la sé­curité, il a fallu attendre l’assas­sinat de Daniel Botethi, vice-pré­sident de l’Assemblée provin­ciale de Kinshasa pour assister à des prises de décisions épidermiques. C’est sûrement dans cet élan que le projet de

Loi sur l’am­nistie a été voté. Mais aujourd’hui que le CNDP de Nkunda fait monter les enchères, minimisant le vote intervenu, quelle sera la réaction de l’Assemblée natio­nale ?

Et si le chef de L’Etat avait raison ?

De ce qui précède, la question que l’on se pose est celle de savoir si le président de la République n’a pas raison. En effet, dans une des correspon­dances adressées aux présidents de deux chambres, le président de la République faisait remar­quer que les débats avaient tendance à privilégier les questions orales ou interpellations, occa­sionnant ainsi des arriérés légis­latifs importants.

Certes, dans ses préroga­tives constitutionnelles, le Parle­ment a le devoir de contrôler l’Exécutif. Mais pour quels ré­sultats avec toutes ces recom­mandations et résolutions adres­sées au gouvernement ? Elles sont toutes restées lettres mor­tes.

La session extraordinaire qui provoque des saignées finan­cières au Trésor public devrait aussi être consacrée à cette si­tuation. Ce qui aurait permis au peuple congolais de situer le gou­lot d’étranglement, le dysfonc­tionnement des institutions.


Il est bien beau de faire preuve d’éloquence devant les tribunes. Les choses ne doivent pas s’arrêter là. Les parlemen­taires ont l’obligation politique de donner une nouvelle impulsion à l’action des institutions nationa­les. D’où la question fondamen­tale de savoir si le peuple congo­lais est en train de trouver son compte dans le travail exécuté par ses élus à mi-chemin de leur mandat. A dire vrai, les comptes ne sont pas bons.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 16/07/2008 16:12:34

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