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Bonjour | 05/07/2009 0:43 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le député Daniel Botethi a été abattu, après avoir tombé dans une embuscade tendue par des éléments inciviques. L’affaire se déroule en ce moment au tribunal militaire de garnison de Kinshasa Ngaliema. Soupçonné par les avocats de la défense, le briga­dier Kankonde wa Kankonde, garde du Corps du député décédé, a donné sa version des faits devant le tribunal militaire.

Seul témoin à avoir vécu le drame, les avocats de la défense lui refusent pourtant cette qualité, du fait qu’il s’est Constitué partie civile. C’est-à-dire qu’il a un intérêt au procès. Entre-temps, il est privé de liberté. Lui, c’est le brigadier Kankonde de la Police nationale congolaise.

Il raconte que ce samedi 5 juillet-là, vers 21h00’, ils sont allés à une fête à Binza-Pigeon. Là, il est resté dehors. Vers 1h00’, il a chargé son arme. Et c’est à 1h57’ que le député Botethi est sorti pour rentrer à la maison.

En cours de route, il y a eu le grésillement de la radioélectrique de la police qui annon­çait que des inciviques tiraient des coups de feu du côté de l’église St Luc. Le député a averti M. Omanga Otshudi par téléphone.

A l’entrée de Okapi, ils ont pris la route de Matadi. C’est après le Palais de marbre qu’ils sont tombés dans l’embuscade des éléments de la Garde prési­dentielle. Ces derniers ont com­mencé à tirer. “ J’ai riposté sur celui qui était devant moi. Le député étant déjà sorti de la voiture, j’ai pris la même direction que lui ”, a dit le garde du corps, avant de souligner qu’à l’issue de son deuxième tir, il a entendu quelqu’un crier : “ Baboni ngai . (Ndlr : on m’a tué ! ) ”.

Après quoi, a-t-il poursuivi, il est descendu vers l’avenue Nguma. Ensuite, il est parvenu à se réfugier dans la guérite d’une sentinelle. C’est ici qu’il a avisé un ami sur le réseau Tigo. Celui-­ci a saisi le superviseur. Et ce dernier a alerté la police du district de la Lukunga qui s’est amenée sur les lieux. “ Je leur ai remis mes armes, mais par après, ils m’ont conseillé d’en garder une ”, a-t-il précisé.

Continuant son récit, le bri­gadier Kankonde a déclaré qu’ar­rivés sur les lieux, ils n’ont trouvé que la Jeep du colonel Kanyama qui était déjà sur place, distancée de 30 mètres de la voiture Mercedes. En fouillant dans les parages, ils ont vu un homme en costume noir, sans vie et allongé par terre : c’était le député.

Ensuite, les policiers ont découvert le soldat Patrick Mwewa. Ce dernier s’est d’abord fait passer pour un étudiant atteint par une balle perdue. Il a fini par avouer qu’il est de la 10ème brigade de la Garde républicaine Et c’est lui qui a tout relaté.

Denis Kalume promet de délocaliser les troupes de Macampagne
 
Le ministre d’Etat chargé de l’intérieur, Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume Numbi, s’est entretenu lundi dernier à Kins­hasa avec les membres de l’opposition parle­mentaire sur les reven­dications que ceux-ci ont formulées suite à l’assassinat, le 6 juillet dernier, du député provincial et membre de l’opposition, Daniel Botethi.

La majeure partie de l’opposition, l’on se souvien­dra, avait suspendu sa parti­cipation dans les institutions is­sues des élections depuis l’as­sassinat du vice-président de l’assemblée provinciale de Kinshasa survenu dans la nuit du 6 juillet dernier au quartier Macampagne dans la com­mune de Ngaliema.

Cette partie de l’opposition avait formulé des revendica­tions parmi lesquelles la délocalisation de la Garde ré­publicaine dans ce quartier ré­sidentiel très insécurisé de la capitale congolaise.

Par la rencontre de lundi dernier, Denis Kalume entendait évaluer avec le Mouve­ment pour la libération du Congo (MLC), les demandes de l’opposition. Plusieurs autres personnalités politiques et militaires ont pris part à l’en­tretien. Le ministre de la Dé­fense, Tshikez Diemu ainsi que des responsables de la police étaient de la partie.

Au sortir de la rencon­tre, le président du groupe parlementaire de l’opposition et secrétaire général du MLC, François Mwamba, a soutenu que l’opposition devra, de prime abord, elle-même, procéder à l’évaluation des ré­ponses données par rapport aux revendications, avant de prendre une décision dans le sens d’un retour probable au sein des institutions parlemen­taires.

François Mwamba a par ailleurs reconnu que le MLC a été effectivement informé sur les trois points qui faisaient partie du cahier des charges. Il s’agissait de la question de délocalisation des éléments armés à Macampagne, la question de l’arrestation, le ju­gement et la condamnation des meurtriers de Daniel Botethi, ainsi que les consé­quences à considérer dans la chaîne de commandement.

Pour le moment, il est bon que nous nous retirions pour évaluer tout ce qui nous a été dit. Très prochainement nous allons prévenir la presse pour une déclaration politique que nous allons faire en rap­port avec la décision du boy­cott que nous avons prise , a annoncé le secrétaire du MLC.

Le ministre de l’Intérieur, de son côté, estime que l’entretien avec les membres de l’opposition s’est avéré positif. Denis Kalume a ténu à signa­ler que déjà quelques  revendication de l’oppo­sition étaient prises en compte.

“ Avant tout, il conviendrait de dire que le crime dont a été victime Botethi n’a pas un ca­ractère politique ni ethnique dans la mesure où la plupart des victimes dans ce quartier là sont de différents horizons politiques et ethnique ”, a pré­cisé le ministre.

Denis Kalume a rassuré que les éléments armés dont la présence à Macampagne est mal vue par nombre d’ob­servateurs seront effective­ment délocalisés pour des Ca­sernes voire en dehors de la ville de Kinshasa. “ Nous avons d’ailleurs commencé par une bonne identification de ces élé­ments et puis seulement, on mettra des structures pour une délocalisation en bonne et due forme ”, a éclairé le minis­tre d’Etat chargé de l’intérieur, Décentralisation et Sécurité,

Denis Kalume Numbi. Le ministre a, en outre, ré­vélé qu’un mécanisme de coor­dination pour la délocalisation a été mis en place par la po­lice en collaboration avec des responsables de la Garde ré­publicaine qui ne bénéficie pas d’une bonne presse dans l’opinion publique dans la ville de Kinshasa.

La police et la Garde républicaine vont cohabiter même si chacune de ces uni­tés aura ses missions respec­tives, a précisé Denis Kalume.

(Milor)

L’Observateur/Le Potentiel

Last edited: 16/07/2008 16:47:24

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