Il était 18 heures 55, hier mardi 15 juillet, quand l’avion barré aux couleurs de la République Démocratique du Congo s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle à Paris marquant le début de la visite officielle de Joseph Kabila en France.

Vêtu d’un costume sombre et d’une cravate aux rayures jaunes et noires, Joseph Kabila a reçu les honneurs militaires de circonstance, puis s’est avancé vers le salon d’honneur avec sa carrure de champion des arts martiaux, le pas lent avec ses airs de faux timide. Après avoir salué les officiels congolais ainsi que le personnel de l’ambassade de la RDC à Paris, Kabila a reçu un accueil chaleureux de près de deux cents personnes allant des militants du PPRD, du PALU, jusqu’aux jeunes congolais de France en passant par des associations et groupes de femmes brandissant banderoles, drapeaux et panneaux de soutien au chef de l’État congolais et à son programme politique.
Quoi, au-delà du tapis rouge déroulé ?
L’on se souviendra que le président français, pour ses premières visites en Afrique, a honoré le Gabonais Bongo, l’Algérien Bouteflika, la Marocain Mohamed VI, l’Angolais Dos Santos… ignorant le président congolais jusqu’aux visites successives à Kinshasa de trois ministres : Bernard Kouchner (affaires étrangères), Borloo (Environnement) et Rama Yade (droits de l’homme). Parallèlement, la coopération française a financé la formation et l’équipement de la police congolaise, mais également, pour 10 millions d’euros, une exploitation écologique de la forêt dans la province de l’Équateur.
La visite de Kabila va-t-elle marquer l’intensification de cette coopération ? De ce qui en sortira, on saura si on est dans le protocolaire ou dans la relance d’une coopération sans réelle envergure ces dernières années.
Jean Buesso démineur, mine de rien.
Une visite dont la première journée s’est déroulée sans anicroche, sans incident malgré plusieurs alertes les jours précédents et hier à l’ambassade où le spectre des perturbations a hanté plus d’un. La semaine dernière déjà, une manifestation aux allures d’une expédition aurait été contenue grâce à l’ingéniosité du chargé d’affaires a.i Jean Buesso, mais le jour de l’arrivée de Joseph Kabila plusieurs stratagèmes auraient été mis en place pour troubler l’accueil à l’aéroport. Le dispositif de l’ordre mis en place par l’ambassade a été infiltré et jusqu’à 17 heures, il semblait évident que des troubles allaient avoir lieu. Mais le chargé d’affaires a.i n’a pas montré de signe d’affolement, ni d’assurance, ce qui aurait été perçu comme de la suffisance ou de la provocation. Ces velléités de violence ont été neutralisées par, à la fois, une mobilisation de jeunes congolais convaincus par Buesso d’un investissement positif vis-à-vis du pays, mais aussi par le déploiement des moyens conséquents et diversifiés, sans oublier l’implication en direction des Congolais de toutes les couches sociales.
Contrairement à d’autres villes d’Europe où les officiels congolais ont été chahutés, agressés, Paris se présente hospitalière à Kabila au point où une manifestation des opposants prévus cet après-midi se déroulera loin des sites qui accueilleront les officiels congolais.
Botowamungu Kalome/AEM/MMC
Last edited: 16/07/2008 10:55:36