Heure grave pour la Monuc dont les turpitudes de certains de ses véreux éléments mettent de plus en plus en cause l’opportunité de son mandat en RDC en rappelant le scandaleux cas de la disqualification en Angola d’une structure homologue, de quoi aviser les responsables de la mission onusienne.

Les secrets de polichinelle de la Mission d’observation de l’Onu au Congo (Monuc) portant sur les compromissions des opérations effectuées par ses éléments dans la partie Est de la RDC, tels qu’ils sont déballés ces derniers jours sur la place publique, s’avèrent si accablantes pour cette mission et ses dirigeants que l’agitation qui se constate dans le chef de ces derniers pour afficher de l’innocence devient ridicule.
Comment démentir des aveux d’un chef de mission sur ses accointances proclamées avec le principal chef de groupe armé déstabilisateur de l’Est de la RDC ? Dire que les déclarations du chef de mission concerné et parvenu, certes, à la fin de son mandat, n’engagent que l’intéressé ne peut plus convaincre, au regard du cumul des démentis du genre sur plusieurs scandales mis sur le compte des opérations du mandat de la Monuc.
Pour la petite histoire à rappeler, c’est en mi-avril, au cours de la cérémonie d’adieu que le colonel indien Chand Saroha, commandant d’unité au Nord Kivu – puisque c’est de lui qu’il s’agit - au terme d’une année de service en Rdc, avait affiché publiquement toute sa sympathie à l’égard de l’homme fort de Kitchanga, en l’occurrence le sinistre chef de guerre rwandophone Laurent Nkunda, ci-devant président du groupe armé mué en mouvement politico-militaire Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP).
Nkunda et ses alliés de la Monuc pareils à Savimbi et ses sbires de l’Unamvem
Comme il n’y a rien de nouveau sous le soleil, le patron du CNDP est à comparer sans crainte d’être contredit à l’ancien chef rebelle de l’Unita en Angola, M. Jonas Savimbi, dont la disparition parvint finalement à libérer le pays d’Eduardo dos Santos de la longue guerre civile pour lui permettre aujourd’hui des prouesses de développement qui le font courtiser par les grands de ce monde.
La similitude de ces deux cas angolais et congolais mérite d’être ressortie pour en étaler les sordides réalités. La structure homologue de la Monuc fut en Angola la fameuse Unavem, Mission de vérification des Nations Unies en Angola. Pareille à la Monuc, comme des oiseaux de même plumage et même ramage, l’Unavem jouait à la médiation pour la paix entre les belligérants en Angola : l’armée et le gouvernement, d’une part, et le mouvement rebelle Unita de Jonas Malheiro Savimbi, d’autre part.
Longtemps on avait cru l’Unavem jouer franc jeu pour ramener la paix en assurant le désarmement des troupes de l’Unita, jusqu’à l’explosion du scandale de sa complicité flagrante avec la partie rebelle, ce qui d’office la disqualifiait en tant que médiateur impartial. Ce fut de manière tragique d’ailleurs que le jeu sera démasqué. Voici comment.
Ce fut le chef de la mission onusienne lui-même en Angola en tant que Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Angola, le célèbre avocat malien Me Alioune Blondin Beye, qui sera découvert au cœur des manigances dénoncées. Alors que ce patron de l’Unavem se mouvait aisément entre les deux camps angolais en conflit, il faisait croire qu’il s’activait dans la recherche d’une solution politique conciliant les deux parties. Le pot aux roses fut découvert s’agissant des arrangements à convenir sur le cantonnement des troupes essentiellement de l’Unita dans le cadre de la concrétisation des accords de paix conclue.
Pendant que la partie gouvernementale ne comprenait pas que l’Unita que l’on disait engagée dans la démobilisation de ses troupes s’octroyait des attaques avec des forces non signalées (troupes d’élite et armes lourdes manifestes au regard de la portée des attaques), le patron de l’Unavem se déclarait toujours confiant dans les engagements pacifistes du mouvement rebelle.
La vérité clairement établie par la suite démontra qu’au contraire l’Unita continuait à s’armer avec perspectives de s’acquérir même un armement plus sophistiqué, tout en conservant intactes ses forces d’élite et en présentant au cantonnement de fausses forces du mouvement rebelle. Et le patron de l’Unavem qui effectuait continuellement des navettes auprès du chef rebelle Savimbi était parfaitement au courant de ce jeu. Il avait fallu que le président Dos Santos se plaigne auprès de son homologue zimbabwéen pour le rôle négatif joué par un haut officier du Zimbabwe, le Général Philippe Cibanda, pendant que celui-ci assumait le commandement du contingent onusien de l’Unavem.

Le Général Cibanda interpellé par son président Robert Mugabe révèlera alors que le jongleur n’avait été autre que son chef hiérarchique Alioune Blondin Beye, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en personne, dont le haut officier zimbabwéen et chef de commandement militaire de l’Unavem ne savait ce qu’il faisait des rapports militaires établis en toute objectivité et lui remis régulièrement sur toutes ces confuses situations.
Affolement et perdition de Blondin Beye !
Le président Mugabe transmit à son retour l’hideuse réalité à son homologue angolais qui enverra son ministre des Affaires étrangères à Lisbonne pour y déballer le patron de l’Unavem mis à nu et dans l’impossibilité de couvrir ses turpitudes. La flagrance de ses compromissions avec l’Unita dont le leader Savimbi apparut l’avoir corrompu assurément fit que Me Blondin Beye se perdra dans sa piteuse face de fieffé juge et partie dans la crise angolaise. Vainement il tentera d’approcher encore sa hiérarchie à New York et même les autorités angolaises qui lui fermèrent leurs portes.
Finalement Me Blondin Beye se tournera dans une sorte d’affolement auprès de certains chefs d’Etats africains qui pouvaient être ses derniers confidents et naturellement proches de Savimbi, en l’occurrence le Togolais Eyadema, l’Ivoirien Konan Bédié et le Burkinabé Blaise Compaoré. C’est dans la chevauchée fantastique de recherche d’ultime soutien auprès de ces confidents que le patron de l’Unavem trouva la mort dans un accident de son petit porteur tombé dans un marécage pendant qu’il le transportait de nuit entre Lomé et Abidjan alors que le ministre togolais des Affaires étrangères de l’époque l’avait dissuadé de voyager cette fatidique nuit-là . Des circonstances rappelant à bien d’égards le mystère de la mort au Katanga en 1961 de l’ancien Secrétaire général de l’Onu, le Suédois Dag Hammaersjchoëld.
Luanda décidait de renvoyait la mission onusienne puisqu’il était devenu patent que la collusion du patron de l’Unavem avec la rébellion de l’Unita avait été pour beaucoup dans l’embourbement de la guerre en retardant son terme. La situation est bien pareille à celle que vit la RDC avec la Monuc qui n’arrive pas à apporter la solution de la fin de la guerre à l’Est pour faire jouer les interminables prolongations de son mandat. Comme le démontrent ses responsables tel l’ancien commandant indien, il y a des éléments onusiens qui trouvent leur compte dans cet embourbement de la guerre en bénissant au grand jour leur complicité avec le principal déstabilisateur en cause.
Le slogan “ No Nkunda no job ” prêté aux hommes de la Monuc ne date pas d’aujourd’hui. La rengaine court depuis longtemps sur bien de lèvres. Il se raconte même que des casques bleus se pavanent souvent de se construire de belles maisons chez eux dans leurs pays grâce à ce qu’ils amassent en RDC et qu’ils ne peuvent obtenir sur leurs propres territoires. Les populations de l’Est et même les médias congolais qui ont essayé de révéler ces faits ont à chaque fois été démenties officiellement par la Monuc.
Scandaleuses intrigues jusque dans les conventions onusiennes !
Ce n’est pas tout. Plusieurs fois ont aussi été dénoncées d’autres combines et licences auxquelles s’adonnent à cœur joie les casques bleus de la Monuc. Les scandales de pédophilie et les trocs d’armes avec des matières précieuses tant auprès des forces négatives des FDLR que d’autres forces combattantes notamment en Ituri avaient souvent défrayé la chronique.

Rien n’y fait, la toute puissante machine de la Monuc – gros machin jadis évoqué par de Gaulle ? – domine sur le terrain, d’autant que la RDC peine à se doter d’une armée à même d’assumer son rôle de garante de sa sécurisation. C’est là la grande différence avec l’Angola qui disposait déjà en pleine rébellion de l’Unita d’une force gouvernementale aguerrie.
Il y a à craindre donc pour la RDC que les hommes de la Monuc persistent de s’adonner à cœur joie dans leurs combines au Congo. Beaucoup de laxismes sont perpétrés. Outre les faits de pédophilie et d’illicites trocs d’armes contre des matières précieuses, il y a la situation du scandaleux refus de la Monuc de se conformer à la législation du pays sur les assurances jusqu’à aller s’en remettre à une société de droit étranger dans un pays voisin.
Les experts en la matière y ont vu un sabotage par une structure onusienne des conventions de l’organisation mondiale elle-même, de quoi amener la RDC à dénoncer à juste titre son adhésion aux dites conventions, ce qui serait une première dans le chapitre des intrigues onusiennes.
Puisqu’au bout du compte il n’a jamais été ressenti d’effet de sanctions sur les éléments onusiens notoirement compromis dans leur mission en RDC, il y a à trouver normal que la Monuc offre un argument de taille à la défense notamment du leader du Mlc déferré à la CPI, lorsque cette défense en vient à croire que les turpitudes des éléments de la Monuc n’ayant jamais éclaboussé les responsables de cette mission, pourquoi l’inculpé JP Bemba devait-il être inculpé pour des débordements à imputer à son ancienne soldatesque ?
Comme pour dire, par exemple, que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC devait répondre des turpitudes de certains véreux casques bleus surpris de méconduite.
Qu’adviendrait-il alors notamment du cas du sujet de Sa Majesté la Reine d’Angleterre en la personne de M. Alan Doss qui trône actuellement à la tête de la Monuc s’il devait répondre des égarements des membres de ses troupes ? Eclabousser ainsi un gentleman britannique serait une première atteinte du genre à la tradition d’honneur sur laquelle repose le Royaume Uni ! De quoi pour M. Doss veiller à sauver ce qui peut encore l’être pour éviter à la Monuc de se vautrer sur les traces de l’Unavem !
Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 18/07/2008 13:57:10