Le 48ème anniversaire de l’indépendance de la RDC qui vient d’être célébré il y a quelques jours est à prendre, selon le député Richard Muyej, comme un tournant décisif pour révoquer à jamais les tares et blocages du passé afin d’accompagner résolument et sans partis pris l’élan de la salutaire reconstruction engagée par le président Joseph Kabila.

Une commémoration de l’accession de la RDC à sa souveraineté nationale à sortir de l’ordinaire à la faveur du démarrage de la reconstruction du pays avec le gigantesque programme de coopération avec la Chine, une préparation lucide de la décentralisation avec le découpage territorial envisagé, et une perception non truffée de malveillants préjugés sur les accommodements des dispositions administratives à prendre dans le cadre d’une saine gestion de différents espaces du territoire national pour leur développement harmonieux, voilà quelques points sur lesquels se penche aujourd’hui le député national élu de Lubumbashi, M. Richard Muyej Mangeze Mans.
Dans une interview accordé au quotidien kinois Le Potentiel et dont le texte est repris ci-après, le député Muyej déjà remarqué dans le passé pour ses clairvoyants commentaires politiques situe le décisif combat de l’heure pour les Congolais dans l’enjeu de la reconstruction initié par le Chef de l’Etat en considérant qu’il s’agit d’un tournant qu’il faut éviter de prendre avec les visières du passé, parce qu’il se joue le destin du peuple à sauver, sinon à laisser dépérir. Les subtiles affirmations et même les non-dits des réponses de l’honorable Muyej aux questions lui posées en disent long…
Jeu des questions et réponses
1. Quel sens avez-vous donné au 48ème anniversaire de l’indépendance du Congo ?
C’est un anniversaire spécial, pas comme les autres ; il a coïncidé avec le déclenchement des travaux liés au programme des cinq chantiers annoncés par le chef de l’Etat lors de la dernière campagne électorale. C’est une grande leçon morale pour des générations futures : le sens de l’honneur et de la parole donnée. La matérialisation des promesses faites est permise grâce au montage découlant des accords entre la Gécamines, entreprise publique de droit congolais et le Consortium des sociétés chinoises.
Après des anniversaires de réjouissance, des larmes et de méditation ; il faut maintenant nous décider d’accompagner le président dans cet élan d’efforts remarquables pour la reconstruction du pays et le bonheur de notre peuple.
2. Les contrats que la RDC a signés avec le groupe d’entreprises chinoises semblent profiter plus à la province du Katanga. Cela ne frise-t-il pas de l’injustice ?
C’est une accusation dangereuse, une insinuation ridicule et choquante. Faut-il rappeler que le support minier ayant rendu possible le financement chinois est constitué des gisements localisés dans la province du Katanga. Quoi de plus normal que de rassurer les populations de cette province, lesquelles sont appelées à soutenir, pendant des longues années, l’effort de remboursement de ce financement.
La mise en valeur des sites miniers concernés par ces accords entraînera nécessairement la construction des usines, des infrastructures devant abriter des bureaux, des quartiers résidentiels, des routes liées au programme d’exploitation et de bien d’autres ouvrages. S’il faut considérer cela comme faveur ou avantage particulier, c’est tout simplement simpliste.
3. Le découpage du pays appelle de grands moyens pour son application. Ne pensez-vous pas qu’il serait tôt de parler de la décentralisation ?
Le découpage est comme une des phases du processus de décentralisation. Les dispositions constitutionnelles concernant la décentralisation peuvent être appliquées. Pour le découpage, il est possible de négocier les échéances. Il n’y a pas que des moyens à réunir, il y a aussi des esprits qu’il faut préparer. Car, il est scandaleux de constater la confusion qui se crée dans certains milieux, au niveau de l’élite politique, du fait de l’entendement pervers des notions de décentralisation et de découpage territorial. Des attitudes dangereuses se manifestent et mettent en évidence avec acharnement et passion la tribu et le village pour définir le découpage territorial ; ce qui empoisonne le débat et justifie la tendance à soutenir le report de la mise en application de cette disposition constitutionnelle. Les différentes lois sur la décentralisation en RDC vont bientôt être promulguées ; il faut, pensons-nous, prendre le temps de former les animateurs des institutions, les cadres politiques et les leaders d’opinion pour que nous puissions avoir le même entendement des notions de décentralisation et de découpage territorial. Cela nous éviterait le dérapage et la fragilisation de la cohésion nationale.
4. On vous a vu assister dernièrement des chrétiens d’une paroisse catholique de Kinshasa. Pourquoi ne l’avoir pas fait dans votre fief électoral ?
Il y a des actions que j’initie et que je mène dans mon fief électoral de Lubumbashi, au Katanga. Je ne voudrai pas en faire de la publicité. Au camp Luka, j’ai matérialisé ma réaction de cœur en tant que chrétien cosmopolite et altruiste. Je ne pouvais pas rester insensible devant cette souffrance forte des frères et sœurs vivant dans ce quartier situé en pleine capitale, privés de la possibilité d’accéder à l’eau potable, se contentant de consommer de l’eau souillée des puits peu recommandables. J’ai agi en toute conscience et en toute responsabilité. La joie ressentie par mes frères et sœurs de la paroisse Saint Philippe du camp Luka fait ma fierté et ma satisfaction morale.
5. L’on parle d’une nouvelle épuration ethnique que le maire de Lubumbashi a installée pour avoir exigé le contrôle des étrangers et des originaires d’autres provinces. Qu’en est-il au juste ?
Vous utilisez des termes forts “ Nouvelle épuration ethnique ”. Il faut éviter de choquer… d’effrayer…
La procédure choisie, au niveau de la ville de Lubumbashi, pour contrôler les mouvements des populations, est peu commode. Elle s’éloigne de l’esprit et du contenu de la Constitution. Mais, il est vrai que les villes minières du Katanga sont confrontées aux problèmes des mouvements intensifs et réguliers des populations venant des milieux ruraux de la province et des provinces voisines (Kasaï Occidental, Kasaï Oriental et le Maniema). Nous pensons qu’il y a lieu de débattre de cette question à la Conférence des gouverneurs pour des stratégies efficaces à effets durables. Les gouverneurs des provinces concernées devraient se concerter régulièrement et s’accorder sur des méthodes et des procédures susceptibles de modérer ces mouvements. Le gouvernement de la RDC devrait aussi s’impliquer dans la recherche des solutions à cet épineux problème. Il est peu aisé de planifier des actions de développement si on ne maîtrise pas le paramètre démographique. Que faire et comment le faire ? Le préjudice ne concerne pas seulement la province qui reçoit mais il est aussi à craindre pour les provinces qui enregistrent des départs massifs et qui se dépeuplent. L’inquiétude devrait donc être partagée.
MMC/Le Potentiel
Last edited: 15/07/2008 14:11:29